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Publié le 05 février 2026 Mis à jour le 05 février 2026
Nous n’avons pas idée des trésors qui restent dormant sous la surface de la terre, du sable, etc. Bien des restes de civilisations anciennes sont encore présents et n’attendent que d’être découverts par des archéologues persévérants. Ainsi, des équipes continuent de fouiller, entre autres, le territoire égyptien afin de trouver des vestiges de l’ancienne civilisation antique qui a marqué le monde avec ses pyramides et son sphinx pour ne nommer que ceux-ci.
Parmi les nombreux éléments recherchés par les archéologues, une partie d’une statue de l’ancien pharaon d’Égypte Ramsès II le représentant assis était très convoitée. Un premier morceau avait été découvert par une équipe allemande vers 1930. 96 ans plus tard, la seconde part de cette statue a été dénichée par un groupe mélangeant archéologues égyptiens et américains.
Elle a été trouvée à El Ashmunein, le site moderne où se situait Hermopolis Magna, à 150 kilomètres au sud du Caire. Hermopolis Magna faisait partie de la Haute-Égypte qui correspondent au sud actuel du pays. Il s’agissait du nom donné par les Grecs à cette cité. Son nom originel égyptien était Khumunu (« La Cité des Huit »). En ce lieu, la divinité vénérée était Thot, le dieu de la sagesse et du savoir infini. Khumunu était aussi la capitale du nome du Lièvre, un des quarante-deux nomes (régions administratives) de l’Égypte antique.
La partie retrouvée est une pièce de presque quatre mètres de haut, taillée dans du calcaire, représentant vraisemblablement Ramsès II. Les experts ont confirmé le tout grâce à la coiffe caractéristique du célèbre souverain et des marques, en partie préservées, du cobra royal incarnant la 19e dynastie. De plus, les équipes ont noté des traces de pigments bleus et jaunes sur la surface de la pierre. Ils sont en train de réaliser des tests additionnels afin d’en savoir plus sur la nature de la coloration à cette époque.
La bonne nouvelle est que, malgré le milieu plutôt humide et changeant dans les dernières années, particulièrement avec la construction dans la région d’un barrage hydroélectrique, la pièce antique a été très bien conservée.
Certes, il ne s’agit pas de la seule représentation du grand pharaon, mais chacune rappelle la grandeur symbolique de ce troisième pharaon de la 19e dynastie. Les Égyptiens de l’époque le surnommaient d’ailleurs « Userma'atre'setepenre », c’est-à-dire le gardien de l’harmonie et de l’équité, fort en droit et élu de Ra (le Dieu du Soleil tout puissant dans la mythologie égyptienne).
Il a régné sur l’Égypte de 1292 à 1186 avant notre ère, mourant à 96 ans, un âge remarquable pour la période. Beaucoup lui ont attribué une victoire majeure sur les Hittites, mais les historiens modernes tempèrent cette victoire plus proche d’une bataille nulle qu’autre chose. C’est tout de même cette guerre qui a mené au premier traité de paix connu de l’humanité vers 1258 avant notre ère. Il est souvent rattaché au pharaon cité dans le livre biblique l’Exode, mais il n’existe aucune preuve historique ou archéologique qui puisse associer les deux.
Ce roi aura eu 200 concubines, 96 fils et 60 filles qu'il aura dépassé en longévité pour la plupart. D’ailleurs, à sa mort, bien des Égyptiens craignaient que cela soit un signe de la fin de l’empire égyptien. Beaucoup des représentations montrent Ramsès II et il est fréquent de le voir sur des bas-reliefs le représentant lors de la bataille de Qadesh sur un char usant d’un arc long. Il a figuré dans de très nombreuses régions d’Égypte, dont le Luxor et le Karnak, entre autres.
Évidemment, la plus grande représentation de sa grandeur est Abu Simbel : des temples creusés dans la roche au nord du lac Nasser. Cet édifice a été créé pour souligner sa victoire et que le peuple puisse lui vouer un culte aux dieux, à lui et à sa première femme Néfertari, principale grande épouse du monarque. C’est par ailleurs ce temple dédié à sa compagne qui a été le premier découvert par les archéologues au début du 19e siècle.
Cette dernière trouvaille en 2024 montre bien la présence majeure de ce pharaon mythique. D’autant plus qu’elle complète ce qui a été trouvé en 1930. Le Conseil suprême des antiquités égyptiennes a d’ailleurs soumis une requête officielle afin de réunir les deux morceaux dans le but de former une des rares grandes représentations assises du souverain hors de Thèbes et d’Abu Simbel.
Illustration : Shutterstock - 1184857975
Références :
After 96 Years, the Missing Part of a Legendary Egyptian Statue Has Finally Been Found - https://indiandefencereview.com/missing-ramesses-statue-found-egypt-96-years-later/
Hermopolis Magna - https://www.britannica.com/place/Hermopolis-Magna
After 96 Years, Archaeologists Finally Found the Missing Part of a Legendary Statue - https://www.popularmechanics.com/science/archaeology/a69897517/archaeologists-found-ramesses-ii-statue-part/
Luxor et orpiment égyptien [Thèse] - https://cursus.edu/fr/23221/luxor-et-orpiment-egyptien-these
Ramesses II - https://www.worldhistory.org/Ramesses_II/
Temples d'Abou Simbel - https://fr.wikipedia.org/wiki/Temples_d%27Abou_Simbel
L'Égypte éternelle : une odyssée des sens et de l'âme - https://cursus.edu/fr/33549/legypte-eternelle-une-odyssee-des-sens-et-de-lame
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