Continuité et discontinuité dans nos rapports au monde
La mondiation est cette capacité humaine de créer son monde. Comment cela a une incidence sur nos façons d'apprendre?
Publié le 20 septembre 2010 Mis à jour le 20 septembre 2010
La préservation de l’environnement, et donc de la diversité biologique, est un souci relativement récent au Maroc. Cependant, les pouvoirs publics ont pris la mesure du défi et mettent les bouchées doubles pour arrêter une stratégie globale, c'est-à-dire une approche qui traite à la fois de l’écosystème, du climat avec un plan dédié, et de la biodiversité.
Ainsi, sur le plan international, le Maroc est-il signataire de la Convention sur la diversité biologique, mécanisme international créé au début des années 90 pour in fine « assurer la pérennité de la vie sur Terre ». Il a dans ce cadre organisé de nombreuses manifestations et publié plusieurs études recensant et décrivant la diversité biologique nationale.
Au plan environnemental, et comme de nombreux pays, le Maroc n’échappe hélas ni à la "malédiction" des sachets en plastique qui polluent espaces urbains et ruraux, ni aux prédateurs qui pillent les ressources naturelles, forestières notamment. Mais au-delà de ces fléaux contre lesquels le gouvernement tente de sévir, ce sont peut-être les petits gestes de pollution ordinaire - déversements sauvages de déchets domestiques, nuisances sonores, empiétement sur les espaces verts – qui sont difficiles à accepter et à… combattre. Changer les mentalités est affaire d’éducation. L’implication des générations montantes dans la préservation du patrimoine naturel et de la biodiversité est essentielle. Il existe au moins deux facteurs de réussite :
- un engagement clair des pouvoirs publics en faveur de la protection de l’environnement, étape incontournable pour la préservation de la diversité biologique ;
- des projets et des outils pédagogiques cohérents impliquant donc les citoyens.
Sur le
premier point, l’adoption récemment d’une très attractive
Sur le second, la participation des associations est fortement sollicitée. Et de fait, les ONG prennent souvent le relais sur le terrain avec des programmes où le critère de participation des populations locales, clé de succès et de pérennité pour tout projet de développement durable, est déterminant pour l’octroi des financements.
Cependant, tous ces efforts ne pourraient aboutir sans un minimum d’information et de coordination entre les nombreux acteurs intervenants. Et l’impact de ces efforts ne saurait perdurer sans sensibilisation et formation des jeunes et sans valorisation des bonnes pratiques. Comme nous allons le voir, le recours aux nouvelles technologies de l'information est de plus en plus indispensable dans ce jeu de patience, où il faut pourtant aller très vite.
L’apport des
nouvelles technologies opère à plusieurs niveaux. Celui, global, de l’État avec
la mise en place d’un
Au niveau des organismes internationaux, très présents dans le soutien associatif, l’utilisation des nouvelles technologies permet essentiellement de diffuser l’information – les études menées et les statistiques – et de relayer les réalisations et les avancées sur le terrain.
Mais au-delà de la communication, les nouvelles technologies contribuent à sensibiliser et à former au respect de l’environnement. Dans ce cadre, Enda Maghreb, une association qui se distingue particulièrement par la qualité de son approche pédagogique, a élaboré une très pertinente Stratégie nationale d’éducation et de sensibilisation à l’environnement et au développement durable. Bénéficiant du statut consultatif auprès du Conseil Économique et Social des Nations Unies (ECOSOC), l’association pilote de nombreux projets et compte plusieurs publications.
D’autres organismes de moindre envergure n’en font pas moins un travail exemplaire et décisif sur le terrain. Et investissent bien entendu massivement le net pour former les citoyens, en particulier les jeunes.
Sensibiliser
et former à la préservation de la diversité biologique ne doit laisser place à
aucune improvisation. L’écologie a mis beaucoup de temps à se débarrasser de
l’image d’amateurisme qu’elle trainait depuis plusieurs décennies. Aujourd’hui,
la formation tente de restituer la complexité du sujet et emprunte à de
nombreuses sciences. Elle bénéficie de l’apport des nouvelles technologies de
l'information, notamment pour opérer de précieuses simulations. Des outils
comme les Systèmes d’information géographique (SIG) deviennent incontournables pour
enseigner les métiers de climatologue ou de météorologue (voir l'article
"
Les exemples d’outils logiciels facilitant la maitrise des compétences de base pour se former et former à la biodiversité sont nombreux. On peut citer sur la seule banque de l’Institut national de la recherche pédagogique français (INRP) ce tutoriel sur l’utilisation d’un portail territorial, cet outil de modélisation du cycle de l’eau ou encore des ressources sur des thématiques aussi pointues que le « code barre » du vivant.
Un autre
exemple de formation in situ nous est donné par un lieu intéressant pour découvrir la richesse biologique de la planète : les
[1] Le portail de la charte nationale est clairement orienté vers les jeunes. Il en adopte les habitudes et fourmille de jeux et d’idées de projets. Hélas, ces bonnes intentions sont desservies par un fonctionnement aléatoire, pour ne pas dire calamiteux, du site : accès impossible aux bases de données, plantages fréquents, informations obsolètes…
Photo : Christing-O-, Flickr, licence CC.