La zone hors réseau aux États-Unis
Un monde sans ondes ou réseau est-il possible? Cela semble perdu avec les avancées de la technologie moderne. Pourtant, il existe un endroit au cœur des États-Unis et où les ondes sont presque inexistantes.
Publié le 30 octobre 2024 Mis à jour le 28 avril 2025
Les réseaux sociaux accaparent notre présence (2 heures 30 par jour en moyenne), celle sous les casques de réalité virtuelle le demandera aussi bientôt si ce n’est déjà le cas, sans compter le temps passé derrière nos écrans à consulter nos courriels et autres activités numériques. Dans tous les cas on peut se connecter à des communautés actives, humaines le plus souvent, mais assaisonnées d’un peu ou de beaucoup d’intelligence artificielle, jusqu’à parfois remplacer les humains.
La grande différence par rapport à l’ère précédente, faite de présence devant la télé, devant un écran d’ordinateur ou derrière un livre, est justement celle du réseau social intégré. Plus besoin de sortir pour interagir, on y est déjà. Mieux encore, on est certain d’y trouver ceux que nous cherchons ou avec qui nous aurons le plus d’affinité, en principe. Mais à quel point ceci entraine t’il des effets sur notre présence dans les espaces publics et en interaction réelle ?
Si on se fie à l’indice de congestion routière de TomTom (1, 2), établi à partir des données GPS des véhicules, la congestion ne fait qu’empirer mondialement. Mais tant que la population augmente, avec le nombre de voitures (1,4 milliard de voitures et plus de 50 millions s’ajoutent par an (3,4)) et que l’on densifie les villes, il est normal que la congestion augmente. Le même raisonnement vaut pour la présence physique dans les lieux publics : elle pourrait augmenter, mais si elle augmente moins vite que la population, c’est alors que l’indice de présence publique individuelle diminue.
Si on prend les données sur la fréquentation des bars, restaurants et cinémas (5,6,7), on constate une baisse après la reprise post-pandémie. Baisse qui peut être imputée à l’inflation et au resserrement des budgets de loisirs. La fréquentation des parcs (8) a connu une explosion durant la pandémie mais est repartie à la baisse. Celle-ci dépend beaucoup moins de l’inflation. Est-ce que nous sortons moins fréquemment ? Apparemment ce serait le cas, les mondes virtuels offrent bien des attraits.
L’activité de la cour d’école s’est transformée, mais parait toujours très active. Un meilleur indice serait celui de la condition physique des jeunes et celui-ci décroit d’année en année. On ne peut attribuer ce fait qu’à la seule fréquentation des réseaux mais plutôt à un ensemble de facteurs limitant les occasions d’activité physique.
Les effets sur l’équilibre mental sont corrélés à l’intensité de fréquentation des réseaux et des mondes virtuels, mais là encore il est difficile de déterminer si c’est la fréquentation intense des réseaux ou si c’est le type de fréquentation qu’on y tient qui est le facteur déterminant. Des interactions unidimensionnelles prolongées et fortement algorithmées sont très différentes d’interactions humaines, variées et amicales. Ce qui est sur est que ce genre d’activité unidimensionnelle se retrouve essentiellement dans le monde numérique. (9,10,11)
De son coté, l'utilisation de l'I.A. entraine une réduction de participation et de l'effort intellectuel, de l'aveu même des étudiants ! (12)
Dans l’espace public on voit fréquemment, pour ne pas dire toute le temps, la présence des appareils mobiles. Nous nous en servons pour se guider, pour écouter de la musique ou un balado, pour communiquer, pour prendre des informations ou en donner, prendre des photos ou des notes, etc. Nous réalisions la plupart de ces activités de manière analogique auparavant, sauf pour ce qui est de communiquer : avant nous communiquions avec ceux qui nous entouraient; ceux qui parlaient tout seuls paraissaient pour le moins bizarres. Plus maintenant.
La qualité de notre présence est aspirée par les réseaux «sociaux». Nous demeurons physiquement présents mais pas mentalement, comme bien des enseignants peuvent l’observer dans leurs cours. Le tissu social est lentement effiloché et recomposé différemment dans internet par algorithmes interposés. Les orientations et les structures de ces réseaux sont nécessairement portées par des intérêts économiques et politiques bien différents de ceux des utilisateurs même si ceux-ci choisissent leurs préférences.
On en vient à la constatation d’une perte de contrôle social au profit des grands réseaux, perte à laquelle on peut répondre par la restriction de l’utilisation des appareils mobiles dans des environnements dédiés à des activités nécessitant notre présence, comme l’école ou dans les lieux publics actifs. Déjà qu’ils sont interdits au volant d’un véhicule et qu’ils ne sont pas recommandés pour les piétons en ville (13); que dire pour l’équilibre mental de toute la population ou de la performance scolaire des étudiants !
Illustration : Pixabay
Références