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Publié le 14 octobre 2025 Mis à jour le 14 octobre 2025

Quand les études deviennent une activité parallèle

Se sauver avec un diplôme

Généralement, nos premières activités personnelles se développent lorsque l’on se retrouve à l’école primaire. Elles ne dépendent pas de nous mais principalement des adultes qui sont responsables de nous. Elles concernent surtout des activités ludiques ou de loisirs. Dans certains contextes africains, ils ne sont pas ludiques mais économiques : l’objectif étant de se faire de l’argent afin soit de participer aux charges scolaires ou de pouvoir prendre soin de soi.

Ainsi, une fois sortie de la salle de classe, on s’oriente dans la boutique des parents pour vendre, on traîne avec soi un plateau de fruits sur la tête, on fait la plonge dans le petit restaurant des parents, on se retrouve dans les travaux champêtres, etc. Cette approche de débrouillardise des jeunes se développe dans l’adolescence et continue une fois adulte. Plus on grandit, plus on est autonome et on oriente mieux nos choix.

Au collège et au secondaire, on continue nos activités parallèles, l’école étant la principale activité. De l’école primaire jusqu’à l'université, ce sont généralement les autres activités qui sont considérées comme parallèles mais de plus en en plus, on observe que de nombeurs professionnels suivent, parallèlement à leur emploi, des études. Ainsi, pourquoi et comment les études deviennent une activité parallèle ? Comment s’y prendre pour pouvoir réussir ?

Quand les études deviennent parallèles

D’entrée de jeu, précisons ce que nous entendons par activités parallèles : toute activité que l’on mène sans qu’elle soit la principale. En termes de temps d’occupation, elle est moins chronophage par rapport à l'activité principale. Cette précision est nécessaire d’autant plus que, généralement, les étudiants sont les plus concernés. Selon l’INSEE, en France, «5 % des étudiants, soit 146 000 jeunes, occupaient  en 2020 un « job » étudiant en parallèle de leurs études : ils travaillent à temps partiel, leur emploi n'étant ni en apprentissage, ni en stage, ni un internat ou externat de profession médicale, tout en continuant à titre principal leurs études. ». 

Mais dans le cadre de cet article,  je ne m'intéressais pas tant aux étudiants mais aux professionnels; mieux je m'intéresse à ceux dont les études ne sont pas la principale activité.  Il s’agit, entre autres, de ces professionnels qui poursuivent un master, un doctorat ou une licence pour diverses raisons.

Motivation des professionnels

Entre 2012 et 2016 à l’Université de Dschang au Cameroun, plus précisément en filière psychologie, parmi 100 étudiants, on pouvait compter une vingtaine d'enseignants de l’école primaire. La motivation était de pouvoir bénéficier d’un reclassement en obtenant une licence qui a coup sûr leur permettait d’améliorer leurs salaires et par ricochet leurs conditions de vie.  Les trois que je connaissais venaient de Baham, une ville située à environ 1 heure de route de la ville de Dschang à moto, lorsque les bonnes conditions de circulation sont réunies.  Leurs objectifs étaient donc carriéristes.  Ils venaient certains jours ouvrables après à la fin des classes à l'école primaire mais étaient plus réguliers le samedi, jour de prédilection, car c’était un jour où ils n’étaient pas supposés être à l’école. 

Les enseignants ne sont pas les seuls à le faire. Je connais des « hommes en tenue » : policiers, gendarmes, soldats etc. inscrits en licence ou en master afin de gravir des échelons dans le cas des forces de l’ordre ou l’armée. Ce n’est certainement pas uniquement au Cameroun que cela se fait.  Dans d’autres pays, il existe des politiques mises sur pied pour faciliter cet état de chose.

En France et dans d’autres pays européens, il existe ce que l’on appelle “l’alternance”. Les étudiants passent la moitié de leur temps en entreprise et l’autre moitié à l’école. Mais dans cette analyse, nous nous préoccupons davantage de ces travailleurs qui n’ont pas ces facilités, c'est-à-dire des dérogations qui leur permettent de poursuivre les études.  Comment peuvent-ils procéder pour mieux gérer cette vie parallèle basée sur les études ?

Quelques conseils pour mieux mener une vie parallèle d’étudiants

Ayant obtenu plusieurs de mes diplômes en parallèle d’une activité principale, je vous propose quelques pistes à des personnes désireuses de poursuivre les études tout en travaillant.

  • Bien identifier son besoin  

L’étude comme activité parallèle peut avoir plusieurs motivations. Nous avons cité le cas des enseignants et des hommes en tenue qui souhaitent changer de grade et voir leurs salaires augmenter.  La motivation n’est pas uniquement pécuniaire. Il y en également qui souhaitent changer de domaine d’activité mais ne peuvent pas abandonner le travail qu’ils font car c’est le seul qui non seulement leur permet de régler les factures, mais également de financer ces études. La motivation est donc un changement de domaine d’activité.

Une autre motivation peut être juste l’obtention d’un diplôme. En 2018, lors d’un entretien avec l’ambassadeur d’Espagne en Égypte, Gil Ramon Caceres m’a confié vouloir faire un master en littérature et me demandait des conseils pour un programme en littérature africaine. Il souhaitait juste avoir un diplôme dans un domaine qui le passionne. 

C’est le cas par exemple de plusieurs personnes qui souhaitent avoir le titre de docteur et donc poursuivent une thèse en parallèle à leur emploi. Il faut donc bien identifier la raison, c’est celle qui vous motive à tenir pendant deux ans, trois ans ou plus pour une licence, un master ou un doctorat.

  • Accepter le sacrifice

Un être humain n’a qu’un cerveau, deux bras et dix doigts. En d’autres termes, il est difficile pour lui de réaliser plusieurs choses à la fois.  Si vous avez 8 heures à passer au travail par jour, la seule manière de pouvoir poursuivre des études est d’y consacrer ses week-ends, ses congés, ses soirées voire ses nuits. C’est donc un sacrifice qu’il faut au préalable accepter avant de s’engager.

  • Opter pour un programme en ligne

J’ai connu une personne qui, en étant professeure de philosophie à l’école primaire, a bravé avec brio son master en éducation au sein de la plus grande université d’éducation en distance de l’Espagne, la UNED (Universidad de educación a distancia). Cette université comptait environ 260 000 étudiants en 2025. Elle propose des programmes adaptés pour les étudiants travailleurs. Elle n’est pas la seule, plusieurs universités européennes proposent des programmes de ce genre.

  • Bien scruter les programmes avant de s’engager

Il existe des programmes qui demandent une forte implication physique des apprenants. Ou tout au moins qui accordent une place de choix au terrain. C’est le cas des études anthropologiques par exemple. Ainsi, si vous vous engagez dans une thèse en anthropologie ou en sociologie, il faut dégager du temps pour faire du terrain. Il s’agit de bien choisir le temps en harmonie avec le métier initial car il est déplorable d’accorder du temps à un projet que l’on abonne en cours de route.

  •  Créer de bonnes relations avec les camarades. 

Les programmes en ligne se déroulent sous forme de MOOC et ne permettent pas le contact avec d’autres apprenants.  Ce n’est pas le cas des formations en présentiel ou en semi-présentiel. Du coup, il est assez difficile d’être présent tout au long de l’année.  Si dans certains pays la communication est numérisée entre les enseignants et les apprenants, ce n’est pas le cas dans plusieurs universités du monde. Si nous reprenons le cas des enseignants qui se rendaient à Dschang, ils avaient établi de bonnes relations avec des connaissances qui les accueillent dans leurs logements à leur arrivée, des camarades qui les tenaient informer de l’évolution des cours et des évaluations et qui leur prêtaient des cours ou en faisaient des copies pour les leur donner.  Cela pouvait être totalement désintéressé, toutefois, il leur arrivait de donner des sommes symboliques au camarades qui leur rendaient ces services. D’ailleurs, le délégué de cette filière me confiait, «j’ai au moins cinq enseignants qui me donnent de l’argent régulièrement pour que je les aide».

S'organiser pour réussir

Au demeurant, les études peuvent devenir une activité parallèle. Il ne s’agit pas de formation courte mais de programmes classiques : licence, master, doctorat.

Les motivations qui conduisent les professionnels à s’y pencher sont nombreuses : changement de domaine d’activité, améliorer son traitement salarial, obtenir un diplôme dans un domaine passionnant, maintenir une inscription qui permet de renouveler son séjour pour le cas des migrants etc. Quelle qu’en soit la motivation ou les raisons, il faut savoir s’organiser.

Illustration : Pexels - Pixabay

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