Se lancer sur le chemin du risque
Notre esprit et notre corps cherchent constamment à nous garder en vie. Pourtant, certains se lancent dans des aventures très risquées. Comment cela se justifie-t-il ?
Publié le 07 mars 2011 Mis à jour le 07 janvier 2026
« Que celui qui prétend que la soupe est brûlante y plonge ses doigts ! »
Ce proverbe marocain signifie qu’on ne mesure la difficulté d’une action qu’après y avoir été confrontée. Certainement une vérité quand il s’agit de pédagogie mais une vérité parfois oubliée sous nos cieux. Programmes surchargés, approches obsolètes et concepts datés, les enseignants puisent leurs méthodes dans des ouvrages qui semblent très éloignés des préoccupations branchées de nos étudiants.
Alors comment inciter les pédagogues à explorer les voies alternatives pour mieux enseigner ? Et, à leur suite, encourager les scénaristes de la formation à distance à emprunter des chemins de traverse, ces parcours sinueux et accidentés mais qui permettent parfois d’aboutir plus sûrement que les autoroutes, fussent-elles numériques ? Voici quelques pistes parmi d’autres.
L’apprentissage se limite parfois à apprendre à… éviter l’erreur. Un peu comme s’il ne devait être que ce long fleuve tranquille, qu’il n’est heureusement pas ! Les erreurs, on le sait à présent, constituent une étape essentielle au cours de l’apprentissage. Elles permettent de progresser lorsque l’éducateur parvient à les transformer en autant de challenges à mener, de défis à relever.
Mais les erreurs ne sont pas seulement d’excellents stimulants, elles nous renseignent sur l’apprentissage que nous menons.
Comment alors repérer ces moments au cours desquels l’assimilation d’un concept se fait moins facile ? Bref, comment mettre le doigt là où cela fait mal ? Un des moyens pour repérer ces accrocs est de faire appel aux inspecteurs de l’enseignement, c'est-à-dire ceux-là même qui accompagnent les enseignants dans leur quête perpétuelle, et souvent peu aisée, du mieux transmettre.
Mais, force est de reconnaitre
que la
La question peut être posée en
termes d’alternatives, autrement dit comment enseigner autrement pour parvenir
à de meilleurs apprentissages. Au Maroc, face à une école en crise, le débat
sur les méthodes d’enseignement est plus que jamais à l’ordre du jour. Le défi
n’est pas simple car il s’agit tout à la fois de parer au plus pressé et de
jeter les fondements d’un système bien pensé et durable, à même d’accompagner
une société marocaine en mutation rapide. Un
Une autre voie, des plus
originales mais aussi bien plus risquée, est de… garder les enfants à la maison
au prétexte que l’école leur inculque trop de mauvais réflexes. Cette position,
qui peut paraitre extrême à certains, difficile à mettre en œuvre de surcroit,
révèle cependant parfois ce que «
Ceci étant, quelque soit le lieu ou l’approche adopté, l’essentiel est de définir avec le plus de précision et de lucidité le but de l’enseignement en ce XXIe siècle. Le philosophe et épistémologue Michel Serres l’a magistralement rappelé à l’Institut de France le 1er mars lors d’une séance inter-académique consacrée aux « Nouveaux défis de l’éducation. » Voici son intervention qui débute par cette simple évidence, un peu trop souvent ignorée :
« Avant d’enseigner quoi que ce soit à qui que ce soit, au moins faut-il le connaître. Qui se présente, aujourd’hui, à l’école, au collège, au lycée, à l’université ? »