Par Federica Minichiello  | f.minichiello@cursus.edu

Self Data. Comment se réapproprier nos propres données

Créé le jeudi 10 septembre 2015  |  Mise à jour le mercredi 18 mai 2016

Self Data. Comment se réapproprier nos propres données

« Si j'ai une information sur vous, vous l’avez aussi. Et vous en faites… ce qui a du sens pour vous ! ».
Le cahier « Self Data » de la Fondation Internet Nouvelle Génération (FING), revient sur "MesInfos", un programme de réappropriation des données par chaque individu.

L’ambition est d’imaginer ce qui se passerait si chaque organisation partageait, avec ses clients/utilisateurs, les données collectées qui les concernent.

Quelles seraient les utilisations possibles, dans un monde de données où beaucoup reste à construire ?

L'expérimentation « MesInfos »

La FING s’est appuyée sur une expérimentation menée entre 2013 et 2014. Six entreprises françaises ont transmis à 300 consommateurs leurs données personnelles : des informations issues de « transactions » (tickets de caisse, relevés de comptes) mais aussi des traits d'identité, des contrats etc. Chaque testeur a eu accès à une plateforme personnelle réunissant ses données et a pu tester des applications pensées par des développeurs indépendants.

Parmi les utilisations imaginées, il y a par exemple  « MesInfos nutritionnelles », un service de conseil nutritionnel à partir des données de tickets de caisse, ou « Be green », qui propose comment améliorer ses émissions personnelles de CO2, en croisant les données individuelles de consommation avec la base carbone de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie). On pense aussi à des services comme « l'identité augmentée » : une identification auprès d’un intermédiaire de confiance, pour éviter de transmettre trop de données à une entreprise, en tant que consommateur.

Le « Self Data », défini comme la reprise de contrôle sur ses propres données, présenterait de nombreux avantages, illustrés par cette infographie :

Infographie Self Data FING©

 

Dans la lancée de son approche expérimentale, la FING conduit actuellement l’expérience dans les secteurs de la santé (MesInfos Santé) et de l’énergie (MesInfos Energie), à l’instar des Blue et Green Buttons aux Etats-Unis....

Et en éducation ?

Les données éducatives

Des enseignements tirés de cette expérience on retient surtout les questionnements, du côté des utilisateurs, autour de la protection des données personnelles. Un sujet qui relève encore de l’abstrait pour beaucoup d’entre nous et qui n'épargne pas le secteur éducatif, notamment pour ce qui relève des outils d’apprentissage personnalisé.  

Le Data Quality Campaign, une organisation à but non lucratif (financée en partie par la Gates Foundation) propose de nombreuses ressources pour comprendre les données en éducation : leurs sources de provenance, les utilisateurs possibles, des questions-réponses sur leur réutilisation et des retours d'expérience par des établissements scolaires.

Les données en éducation sont en effet multiples. Jean-Marie Gillot,  dans son billet « Les données personnelles en éducation », revient sur un bon nombre d'exemples : des informations sur les parcours scolaires, les résultats aux évaluations, des données démographiques, des indications de fréquentation, les activités extrascolaires… et toute trace qu’on laisse derrière nous: le temps passé à lire et à visionner des ressources en ligne, les données issues de services de partage de documents ou de calendriers. J. Gillot insiste notamment sur le caractère personnel des données d’un élève ... qu’on  peine parfois à reconnaître, comme pour les productions réalisées au cours d'une scolarité !

Les Etats-Unis commencent à s’intéresser au secteur éducatif avec MyStudentData : la commande MyData permet à chaque étudiant de télécharger, dans un format lisible par une machine, des données de sa scolarité, disséminées au niveau fédéral et local. Les élèves peuvent retrouver leurs informations et également accéder à des services sur mesure, comme l’orientation (quels cours choisir, dans quelles écoles postuler), ou des conseils pour financer leurs études.

Et si toutes ces données étaient réunies dans un seul espace, mis à disposition de chaque élève, que serait-il possible d’imaginer ? Des portfolios de réalisations, la récupération des données pour une inscription administrative ou un transfert de dossier en cas de changement d’école…

A quand une expérimentation en éducation ?

 Illustrations : FING©

Références

1. FING. SelfData. Cahier d’exploration MesInfos, 2é edition (mai 2015) http://doc.openfing.org/MesInfos/SelfData_MesInfos_Mai%202015_VF_HD.pdf

2. J. Gillot. Données personnelles en éducation (avril 2015) https://tipes.wordpress.com/2015/04/30/donnees-personnelles-en-education/

3. Data Quality Campaign.
What is Student Data ?
 (juillet 2015) https://www.youtube.com/watch?v=3g4ifVVf-RI&feature=youtu.be  [vidéo, 3:00]
 Who Uses Student Data ? (juin 2014) https://www.youtube.com/watch?v=v1uj0JkCpgM&feature=youtu.be [vidéo, 2:30]

4. NY Times. Tools for Tailored Learning May Expose Students’ Personal Details (août 2015) http://www.nytimes.com/2015/08/31/technology/tools-for-tailored-learning-may-expose-students-personal-details.html?_r=0 

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Commentaires

2 commentaires

Icône - Visage inconnu
  • Jean-Marie Gilliot
  • 15 septembre 2015 à 11 h 11

une expérimentation, oui

Bonjour, merci pour cette belle relance, l'expérimentation reste à réaliser, mais c'est dans l'air, comme je l'écris ici :https://tipes.wordpress.com/2015/09/15/une-experimentation-du-self-educative-data-on-y-va/

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Icône - Visage inconnu
  • Paul
  • 16 septembre 2015 à 11 h 11

Affective computing

Moi je verrais un détecteur d'émotion avec affichage sur chaque individu. un détecteur de battements de cœur à distance , ou des micro-contactions du visage. Ceci en situation professionnelle évidement. Par exemple lors de tests d'embauche, des deux côtés. ça pimenterai un peu et permettre des entretiens plus francs. On pourrait aussi étendre ça à la politique. ce serait marrant sur BFM le matin.

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