Par Philippe Menkoué  | p.menkoue@cursus.edu

OPERA : recherche pour améliorer la qualité de l’éducation en Afrique

Créé le dimanche 31 janvier 2016  |  Mise à jour le lundi 8 février 2016

OPERA : recherche pour améliorer la qualité de l’éducation en Afrique

Jomtien 1990, Dakar 2000, Incheon 2015 et j’en passe, les conférences mondiales sur l’éducation, même si elles semblent toutes se ressembler, tentent chacune et selon l’époque, d’apporter des solutions aux nombreux défis auxquels est confrontée l’éducation, notamment dans les pays en développement.

Des financements qui se font de plus en plus rares, des infrastructures de base quasi-inexistantes dans certaines régions et surtout, des enseignants dont les performances laissent très souvent à désirer.  Et pourtant, l’enseignant est l’un des maillons forts du système éducatif et la qualité de sa formation un enjeu essentiel pour l’atteinte de l’objectif d’une éducation de qualité pour tous.

C’est peut-être l’une des raisons qui aura motivé la mise sur pied, du programme d’Observation des Pratiques Enseignantes dans leur Rapport avec les Apprentissages des élèves (OPERA), en Afrique subsaharienne, dont le rapport final, rendu public en décembre 2015, a de quoi surprendre.

Décrire, expliquer et comprendre les pratiques enseignantes dans le primaire en Afrique subsaharienne francophone

C’est l’un des buts du programme OPERA, qui a consisté à recueillir des données et analyser les méthodes et approches pédagogiques des enseignants du primaire dans un contexte scolaire d’Afrique subsaharienne, celui du Burkina Faso en l’occurrence.

Mené en partenariat avec le Ministère burkinabè de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, sous la coordination de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), sur financement de l’Agence Française de Développement (AFD) (dans le cadre de son appui à l’Initiative francophone pour la formation à distance des maitres - IFADEM) et par le Partenariat mondial pour l’éducation (PME), sa finalité était

« d’apporter des données nouvelles riches d’analyses à poursuivre, mais aussi d’améliorer les outils de la formation des enseignants et de leur accompagnement professionnel par les cadres en charge de leur supervision pédagogique ».

Basé sur un échantillon de 90 enseignants (45 en CP2 et 45 autres en CM2) observés dans trois des disciplines phares (français, calcul et éveil), dans les 45 écoles ayant abrité le programme au courant de l’année scolaire 2013-2014, ce rapport permet de dresser un tableau de la situation de l’éducation dans les pays d’Afrique subsaharienne francophone, de manière générale, en répondant aux cinq questions suivantes :

  • Que se passe-t-il au niveau du processus enseignement-apprentissage dans les classes (en français, en mathématiques et dans les disciplines d’éveil, au CP2 et au CM2) en Afrique subsaharienne en général et au Burkina Faso en particulier ?

  • Quelles caractéristiques communes permettent d’identifier les enseignants observés ?
     
  • Quel est le profil pédagogique dominant du maître en fonction des activités mises en œuvre dans les domaines constitutifs des pratiques observées, du poids de chaque domaine relationnel, pédagogique-organisationnel, didactique-épistémique constitutif de la pratique, et ce, dans chacune des disciplines dans lesquelles il est observé  ?
     
  • Comment apprennent les élèves, quelles sont les activités, les procédures d’apprentissage développées par le maître, comment sont-elles réalisées et qu’est-ce qu’ils apprennent pendant les séances observées ? Y a-t-il une différence entre des pratiques centrées sur la mise en activité des élèves et des pratiques qui en font des répétiteurs passifs ?

  • Quelles actions de formation et de remédiation (formation initiale, formation en cours d’emploi, formation corrective, renforcement de capacités/compétences) peuvent être tirées des résultats de l’étude à partir de l’analyse des pratiques enseignantes effectives observées et du diagnostic fait sur le lien enseignement-apprentissage ?
     

Des résultats qui ont de quoi surprendre

L’on apprend ainsi par exemple que 88,5 % des enseignants observés en situation de classe, ont un niveau scolaire égal au Brevet d’Études de fin du Premier Cycle (BEPC). De même, « le recrutement des élèves-maîtres à former en qualité d’instituteurs adjoints certifiés par exemple, se fait parmi les titulaires du BEPC, non pas sur la base de connaissances théoriques ou pratiques, mais sur la base de tests de niveau et/ou de tests psychotechniques qui ne révèlent pas le niveau réel des futurs enseignants », comme on peut le lire en page 30 dudit rapport.

Ce qui peut laisser perplexe, quant à la qualité de leur travail. Mais, il existe cependant, des mécanismes tels que des stages de recyclage, des animations et conférences pédagogiques (pour ne citer que ceux-là), destinés à assurer la formation continue de ces instituteurs, même si ces derniers, restent confrontés à nombre de problèmes (logistiques et financiers, notamment) dans leur mise en œuvre.

L’approche pédagogique la plus utilisée est celle de la pédagogie par objectifs et l’enseignant détient encore le monopole de la parole dans sa salle de classe.

Un document qui servira certainement de matériau de base pour la réalisation d’outils de formation de qualité, à destination des enseignants du primaire dans les pays d’Afrique subsaharienne.

Sommaire

Préface                    
Introduction - Les défis majeurs de l’éducation en Afrique au sud du Sahara : Justification et but d’OPERA       
Sigles et abréviations
La question enseignante dans le contexte international et burkinabè         Choix théoriques et méthodologiques

Les enseignants : profils professionnels
Les pratiques d’enseignement observées
Les études de cas

Synthèse
Conclusion
Bibliographie et références
Glossaire
Annexes  

Référence

OPERA - Observation des Pratiques Enseignantes dans leur Rapport avec les Apprentissages des élèves, Rapport décembre 2015. Lien : http://opera.ifadem.org/sites/default/files/pdf/OPERA-rapport-final.pdf

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