Par Evelyne Jardin  | e.jardin@cursus.edu

Refonte d'un cours, oui mais comment?

Créé le lundi 27 juin 2016  |  Mise à jour le lundi 11 juillet 2016

Refonte d'un cours, oui mais comment? 3 questions posées aux étudiant-es après leur période de stage

Le silence s'est installé dans les salles de classe désertées. Les chaises se sont immobilisées. Les vidéo-projecteurs sont éteints. Les bulletins sont remplis. Oui, c'est la fin de l'année, pour bon nombre d'enseignant-es.

Pour certains, l'heure est au bilan et déjà, aux idées d'ajustement des cours. Mais comment faire évoluer ses contenus et ses pratiques pédagogiques? En partant de mon expérience de vacataire à l'université et de quelques témoignages, voici quelques pistes.

Evelyne (vacataire à l'université), Frédéric (formateur indépendant) et Marine (professeure agrégée) livrent leurs expériences et leurs doutes à partir de 3 questions.


Thot : Demandez-vous l'avis de vos élèves/étudiant-es à la fin de votre cours? Si oui, sous quelle forme? Une réponse libre? Un questionnaire? Les réponses sont-elles anonymes ou pas?

Evelyne a envoyé des questions par email à tous ses étudiant-es après la remise des notes et leur période de stage pour évaluer la complétude de ses contenus (cf. illustration). Les réponses recueillies ne sont, bien sûr, pas anonymes.

Marine adapte son évaluation en fonction de ses cours et elle n'est pas fan des questionnaires.

« A l'usage, le questionnaire -même repensé chaque année - aboutit à des réponses peu exploitables parce qu'insuffisamment précises. La partie "réponse libre" reste assez invariablement blanche. Du coup, j'ai opté pour un système qui me permet de leur faire préciser leurs réponses. J'explique toujours avant de commencer qu'il n'y aura aucune incidence sur nos relations (ni leurs notes) et qu'ils m'aident à améliorer le cours pour leurs successeurs.

En cours de Culture internationale, nous avons un échange en face-à-face, en partant des retours que j'ai eus au cours du semestre. En général, j'obtiens des réponses assez directes et beaucoup osent s'exprimer y compris pour faire remonter des problèmes. Après, bien sûr, tout le monde ne prend pas la parole.

En cours de langue, j'opte pour une autre approche qui permet l'échange et les questions complémentaires en laissant davantage d'anonymat : les étudiants travaillent en groupes de 4-5 pour répondre aux questions de bilan de et suggestions d'amélioration. Là encore, je peux me faire préciser les réponses apportées, et si j'identifie facilement qui a dit quoi dans le groupe (j'avoue...), le ressenti est probablement meilleur pour les étudiants, dont l'opinion est protégée par le groupe ».

Frédéric s'appuie sur les discussions informelles avec ses stagiaires pendant les repas pour modifier l'organisation.

« En fin de période de formation, j'organise une "récolte des meilleurs moments" ou une "ronde de clôture" pour capter les émotions et ressentis, savoir avec quoi repartent les participant-es ».

Thot : Comment mettez-vous à jour vos connaissances? En lisant la presse, des nouveaux bouquins, en cherchant sur la Toile, en suivant des MOOC....

Marine fait de la veille active ou passive sur Internet (Twitter), pioche dans des bouquins et des revues spécialisées.

Frédéric a la chance de pouvoir s'appuyer sur un centre de ressources assez actif.

« Les stagiaires, les collègues apportent aussi des connaissances intéressantes. Les revues en ligne spécialisées et les abonnements papier sont utiles. En revanche, c'est un travail qui a lieu sur des périodes privilégiées, comme la période d'été, par exemple.»

Evelyne fait de la veille sur son sujet pendant toute l'année et bouquine les nouveautés pendant l'été. C'est une fan des MOOC. Elle en suit 2 par an, minimum.

 

Thot : Comment faites-vous évoluer vos pratiques pédagogiques? En intégrant des outils numériques, en lisant des articles scientifiques, en étant accompagné par des ingénieurs pédagogiques, en échangeant avec des collègues, en échangeant avec d'autres enseignants sur des réseaux sociaux...

Marine est adepte de la démarche essai-erreur.

« En expérimentant et en m'adaptant (ça marche / ça ne marche pas / ça aurait mieux marché si...), en échangeant avec des collègues et aussi en intégrant dans mes pratiques des choses qui n'ont pas directement à voir avec l'enseignement (méthodes agiles, techniques de créativité, outils...) ».

Evelyne regrette de ne pouvoir être accompagnée par des ingénieurs pédagogiques. Vacataire, elle ne fait que passer dans ses lieux d'intervention. Pour pallier ce relatif isolement, elle affectionne les échanges sur Twitter et les rencontres dans des colloques.

Formateur indépendant, Frédéric se nourrit aussi d'échanges sur les réseaux sociaux dont Twitter ; d'articles publiés sur Thot ; de rencontres lors de déplacements « et d'une stimulation qui vient de ce que parfois on s’ennuie soi-même, et qu'on a envie de tenter des choses ! »

 

Thot : quelles sont vos ressources incontournables sur le sujet?

Marine avoue "Je ne me suis jamais posé la question de l'existence de tutoriels sur le sujet, et je n'ai rien lu non plus dessus!"

Frédéric conseille de « rebalayer ses scénarii de formation avec des ouvrages comme Mille et une propositions pédagogiques de Muller et Peretti, les jeux de Thiagi ou le Gamestorming, ou encore des livres sur les outils pour travailler en mode "séminaire" ».

Evelyne espère que cet article deviendra une super ressource et vous invite à partager vos expériences sur ce document en ligne :

Partage d'expérience sur la refonte d'un cours
Comment faites-vous?
https://mensuel.framapad.org/p/articlethot

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Commentaires

1 commentaire

Icône - Visage inconnu
  • Joelle Demougeot-Lebel
  • 28 juin 2016 à 06 h 06

Correction sur le titre de l\'ouvrage de Daele et Sylvestre

Bonjour juste une correction au sujet du titre de l'ouvrage de Daele et Sylvestre cité en lecture conseillée :" Comment développer le conseil (et non l'enseignement) pédagogique dans l'enseignement supérieur" Joelle Demougeot-Lebel

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