Par Alexandre Roberge  | a.roberge@cursus.edu

Étudiants non-traditionnels ou universités caduques ?

Créé le dimanche 23 avril 2017  |  Mise à jour le lundi 1 mai 2017

Étudiants non-traditionnels ou universités caduques ?

La propension de l’être humain à catégoriser rend son univers plus facile à comprendre. Conséquemment, les institutions qu’ils créent ont cette même faculté. Par exemple, dernièrement est né le terme d’étudiants non-traditionnels (post-traditional students en anglais) par les universités.

Ces individus sont des apprenants de tous âges, qui peuvent aussi être étudiants libres, viennent dans les salles de classe ou s’inscrivent à des formations d’études supérieures en ligne à temps partiel et parfois à temps plein. Ils peuvent être à la fois des professionnels qui cherchent à acquérir plus de connaissances dans leur domaine, des personnes en changement de carrière, souhaitant terminer une formation et obtenir une certification ou simplement des curieux qui veulent augmenter leur bagage de savoirs.

Ainsi, ils sont différenciés de ceux « traditionnels » qui seraient les 18 ans et plus qui, sortant des études secondaires, arriveraient au stade universitaire. Or, cette marge de non-traditionnels serait grandissante, voire déjà majoritaire sur les campus et beaucoup d'administrateurs se demandent ce qu’ils désirent en se formant. Heureusement pour eux, certains les ont interrogés.

La qualité et le temps

Alors que pensent ces étudiants et surtout qu'est-ce qui les préoccupe le plus ? Si on se fie à ce sondage effectué auprès de plus de 4 000 étudiants en ligne américains dits non-traditionnels, deux facteurs ressortent clairement Premièrement, la qualité de l’éducation donnée. Parce que même si les mentalités ont évolué et qu’un diplôme obtenu d’une formation en ligne n’a plus le même opprobre qu’il y a quelques années, il reste que les étudiants veulent savoir si l’établissement leur offrira des connaissances et des cursus reconnus. Ensuite vient la gestion du temps. Plus ils sont âgés et plus ils sont inquiets de suivre des cours, même en ligne. Cela s’explique par le fait que cela fait souvent longtemps qu’ils n’ont pas été à l’école, qu’ils ont des occupations professionnelles et familiales, etc.

La notion de temps reste tout de même très importante pour tous les étudiants. Parce que leurs buts sont clairs avant même d’avoir commencé la formation. Conséquemment, ils se posent beaucoup de questions comme la durée de la formation et de chaque module et leur impact sur leur emploi du temps, le moment où commence le cours, le support offert et ses limites, le type de travail requis, les résultats et le suivi post-formation, etc. Les établissements doivent répondre dès le départ à ces interrogations afin que les apprenants puissent choisir et avoir l’impression de ne pas s’être trompés.

Étudiants non-traditionnels ou simplement étudiants contemporains ?

La question est posée par des présidents et doyens d’universités : cette appellation d’étudiants non-traditionnels ne serait-elle pas inexacte? Parce que l’idée qu’il y ait une frange de jeunes adultes de 18 ans et plus qui se lancent à temps plein dans leur formation est de moins en moins exacte. Ils sont de plus en plus nombreux à étudier à temps partiel et travailler pour payer lesdites études. Même ceux qui sortent des institutions secondaires demandent de la flexibilité par des études offertes en ligne ou aux horaires moins typiques.

Et si l’université n’était pas à l’ère des étudiants contemporains tout simplement ? Des apprenants qui cherchent à se former tout en ne négligeant pas leur vie personnelle et professionnelle. Une telle réalité a toutefois un impact majeur sur les établissements universitaires qui doivent alors changer les approches. Par exemple, quand ces étudiants décident de commencer un programme, ils ne peuvent pas attendre septembre ou janvier avant de s’y mettre. Il pourrait y avoir des façons d’offrir à tout moment de la formation et de l’accompagnement par des tuteurs et des professeurs.

Ainsi, ce ne serait plus l’étudiant qui doit se mouler au milieu universitaire, mais celui-ci qui doit répondre aux attentes des différents profils étudiants qui se présentent à eux. Il y a une demande importante de formation, mais le modèle traditionnel correspond de moins en moins à la réalité des adultes de tous âges. Il devient donc essentiel que les universités réfléchissent à comment changer leurs approches afin de satisfaire un bassin encore plus grand d’étudiants potentiels qu’ils aient 21 ans ou 77 ans. Ceux maîtrisant l’anglais et voulant se faire une idée de la situation, du moins américaine, pourraient lire les différents articles publiés et regroupés par le site The EvoLLLution qui s’intéresse à cette question. Une quarantaine de textes qui donne à réfléchir sur la réalité de ces étudiants non traditionnels.

Illustration : National Renewable Energy Lab via Foter.com / CC BY-NC-ND

Références

Levato, Anthony. "Who Are Today’s Post-Traditional College Students?" EDDY Blog. Dernière mise à jour : 13 mars 2017. http://blog.educationdynamics.com/todays-post-traditional-college-students/.

"Maximizing Value for Non-Traditional Students." The EvoLLLution. Consulté le 20 avril 2017. https://evolllution.com/special-feature-maximizing-non-traditional-students/.

Novak, Richard. "Understanding and Meeting Needs Central to Creating Value for Online Students." The EvoLLLution. Dernière mise à jour : 18 mars 2015. http://evolllution.com/opinions/understanding-meeting-central-creating-students/.

Robyn, Elisa, et Linda Lujan. "Call Them What They Are: The New Contemporary Student." The EvoLLLution. Dernière mise à jour : 3 février 2017. https://evolllution.com/attracting-students/todays_learner/call-them-what-they-are-the-new-contemporary-student/.

"What's On Their Minds: Incoming Adult and Online Students." InsideTrack. Dernière mise à jour : 25 janvier 2017. https://www.insidetrack.com/resources/whats-minds-incoming-adult-online-students/.

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