Par Virginie Guignard Legros  | belleme@sevjnet.ch

La gouvernance urbaine des villes apprenantes

Créé le dimanche 7 mai 2017  |  Mise à jour le lundi 15 mai 2017

La gouvernance urbaine des villes apprenantes

Les modalités de gouvernance des structures administratives des villes et leurs mises en application définissent l’ADN primaire de toutes les structurations des cellules vivantes d’apprenance urbaine.

C’est la notion de modèle présenté ici.



Si l’administration gouvernant la ville est apprenante elle-même, alors elle transmettra l’apprenance au delà de la sphère administrative.

Si cette même administration est bienveillante avec elle-même, alors elle transmettra la bienveillance dans ses actions facilitatrices. La clef d’une politique durable en matière d’apprenance repose sur la cohérence de management de ses élus et de son administration. La vision, les rôles et l’exemple comme modèle sont parmis les outils les plus puissants de l’intelligence collective (IC). C'est une des clefs de la ville apprenante réussie.

Un groupe est une structure vivante, une ville est une structure vivante. Les deux ont besoin de réponses à ces questions essentielles qui sont, Qui ?, Vers où ? et Comment ? L’apprenance est une transmission du savoir être, du savoir et du savoir faire qui sont une transposition de ces mêmes questions.

Une des clefs d’une ville apprenante de qualité est d’avoir une administration elle-même apprenante.

“Vision - Être la ressource privilégiée pour le développement durable des compétences des employé-e-s dans le but d’améliorer  la qualité des prestations de l’administration municipale.

Missions - Proposer une offre de formation axée sur la pratique et tournée vers l’avenir pour développer les compétences collectives et individuelles.

Garantir l’accès à la formation pour toutes et tous afin de valoriser les potentiels, encourager la mobilité et augmenter la représentation équitable des deux sexes aux postes de cadres.”*

Sources : DRH, formations 2017 Ville de Genève p13


Si on y arrive, vous devriez aussi y arriver...

La notion de ville apprenante se crée au quotidien dans un flux disruptif. Ceci implique une adhésion aux changements, aux mutations, aux innovations. Comment une administration urbaine avec des procédures classiques peut devenir une structure innovante, voir agile ? C’est un des défis de ces prochaines années qui repose sur les épaules des ressources humaines. 

Comment arriver à transmettre ou à imposer un système, des idées, des services à la population si l’administration qui les insuffle est déconnectée ou n’adhère pas à ce qu’elle propose ? Si elle ne veut pas bouger alors que le monde bouge ? Voilà, une question fondamentale sur laquelle repose l’avenir des villes apprenantes et l’avenir de notre société de façon générale.

Il n’y a malheureusement pas de recette miracle. Il faut beaucoup d’accompagnement, de formation au management de transition et la redéfinition claire des valeurs, du sens, des objectifs du personnel, ainsi que des outils adaptés à ces mutations. C’est une nécessité face à un besoin collectif urbain.

On n’arrête pas un besoin, soit on le comble, soit on est défaillant face à cette demande. En cas de défaillance la ville peut faire appel à des ressources extérieures, telles des écoles, associations ou entreprises mandatées qui vont venir pallier son problème de ressources humaines, mais ce n’est une solution viable qu’à moyen terme. Car ces mandataires naturellement des partenaires d’apprenance sont dans cette situation hors du cadre de leurs missions premières.

Vouloir avoir une ville apprenante, c’est avoir une ville qui a besoin d’apprendre, une administration qui apprend et une gouvernance qui a une vision claire de l’apprenance. Vouloir une ville qui bouge, c’est avoir une ville qui veut évoluer, une administration innovante et une gouvernance qui accompagne le changement. La transmission des savoirs est un challenge pour tous, vecteur d’avenir.

Aujourd’hui, le statut des villes change. Elles prennent leur place en tant que villes autonomes dans le contexte mondial de décentralisation, dont la technologie blockchain, qui organise une gouvernance et une gestion décentralisées. est l’exemple le plus incontournable.

Au sujet du Blockchain : “La technologie est la représentation concrète d’une culture, en ce que nous la construisons selon cette dernière”. Sources : De l’éthique de la décentralisation Alexandre Stachtchenko - blockchainfrance.net 

A l’heure où New-York, San Francisco, Genève (Canton) et d’autres font presque sécession en devenant des villes refuges face à des menaces sociétales ou à des décisions qu'elles trouvent injustes pour ses citoyens.

Aux Etats Unis d’Amérique : “Emboitant le pas aux manifestations citoyennes, plus de 200 villes du pays ont carrément décidé de s’auto-déclarer « ville sanctuaire » !”  Source : ace à Trump, San Francisco se proclame "ville sanctuaire" ! - Axel Leclercq - : http://positivr.fr 

A Genève : “L’opération Papyrus, de son nom de code, a jusqu’ici travaillé dans le secret. Depuis 2015, elle a permis à 590 sans-papiers, dont 147 familles, de sortir de l’ombre à Genève”. Source : Genève se lance dans la régularisation des clandestins - Laure Lugon - www.letemps.ch

Dans ce même mouvement d'autodétermination urbain, chacunes dans leur contexte national décident aussi de prendre en main l’apprenance de leurs cités.

Le savoir est la meilleur défense contre l’obscurantisme. Si chaque ville par ses actions allume une lumière de savoir dans la nuit alors qui sait, notre époque sera peut-être baptisée, le siècle des villes lumières. A suivre.

Illustration : GDJ - Pixabay

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