L'IA et son effet sur le comportement de ses utilisateurs
LIA modifie nos comportements plus qu’on ne l’imagine.
Publié le 31 mars 2019 Mis à jour le 31 mars 2019
Un responsable du département de Recherche d’une organisation de la Société civile en Afrique de l’Ouest, après plusieurs années de bons et loyaux services, décide de quitter l’entreprise. Il s’agit d’une grosse perte pour l’entreprise qui, après son départ, s’en remet difficilement. Dans une autre entreprise commerciale, un chef de marketing a développé une approche innovante qui a permis d’accroitre les ventes ; mais il ne la partage pas avec ses collègues.
Il s’agit là de deux exemples pratiques de la nécessité de gérer activement des connaissances individuelles ou collectives susceptibles de quitter l’entreprise pour laquelle les employés travaillent. Mais avant d’aller plus loin, il est important de clarifier certains concepts[1].
D’emblée, la connaissance se réfère à l’ensemble des informations et des savoir-faire qu’un individu utilise pour résoudre des problèmes. Autrement dit, c’est une information utile parce que contextualisée. La gestion des connaissances est donc l'ensemble des initiatives, des méthodes et des techniques permettant de percevoir, d'identifier, d'analyser, d'organiser, de mémoriser et de partager des connaissances entre les membres des organisations, en particulier les savoirs créés par l'organisation elle-même ou acquis de l'extérieur en vue d'atteindre l'objectif fixé.
Selon Ikujiro Nonaka[2], la connaissance explicite peut
« être exprimée sous forme de mots et de nombres et aisément communiquée et partagée sous la forme de donnée brutes, de formules scientifiques, procédures codifiées et principes universels. »
Cette connaissance représente les savoirs de l’entreprise, bien qu’elle soit facilement exprimable, transmissible. Il existe 4 modes de conversion des connaissances permettant de passer de l’état tacite à l’état explicite et inversement.
Source: Ehret Fanny[3] : Gestion des connaissances
Dans une ère numérique sujette à la surcharge d’information, la gestion des connaissances joue un rôle clé dans la collecte, la curation et la diffusion d’informations à partir d’un éventail de sources pertinentes. Une bonne gestion des connaissances permet au personnel d’une organisation de rester concentré sur leurs activités principales sans avoir à passer en revue un nombre incalculable d’informations.
Le gestionnaire des connaissances veille ainsi à ce que le lien pertinent vers la connaissance nécessaire soit partagé avec la bonne personne au bon moment. Il aide les gens à partager et à mettre l’information en action à travers des moyens. (8)
[1] Michel, Jean. Enjeux et concepts clés de la gestion des connaissances - Le rôle des documentalistes dans la construction et la consolidation des savoirs collectifs [en ligne]. Nancy, 15 juin 2004 : http://michel.jean.free.fr/publi/JM347.html
[2] Nonaka, Ikujiro, TAKEUCHI, Hirotaka. La connaissance créatrice : La dynamique de l’entreprise apprenante. Bruxelles : De Boeck, 1997.
[3] Ehret Fanny, Mettre en place une démarche de gestion des connaissances en entreprise, 2011. http://www.poledocumentation.fr/wp-content/uploads/2011/11/Gestion_des_connaissances_PoleDoc_F-Ehret.docx
[4] Ballay, Jean-François. Capitaliser et transmettre les savoir-faire de l’entreprise. Paris: Eyrolles, 1997.
[5] Dans La Société post-industrielle (1969), Touraine analyse l'entrée dans un type de société, dominé par la mobilisation de la connaissance et de l'information transformant à la fois la culture et la structure des rapports sociaux, la nature des classes dirigeantes et celle des mouvements contestataires. URL : Encyclopædia Universalis, « ALAIN TOURAINE », Encyclopædia Universalis, consulté le 2 décembre 2018, http://www.universalis.fr/encyclopedie/alain-touraine/.
[6] Prax, Jean-Yves. Le manuel du knowledge management : une approche de 2e génération. Paris: Dunod, 2003.
[7] Christian Elongué, « L’archiviste face aux défis de l’archivage au Cameroun », Thot Cursus, consulté le 5 décembre 2018, https://cursus.edu/12175/larchiviste-face-aux-defis-de-larchivage-au-cameroun
[8] Beyou, C. (2003). Manager les connaissances. Paris: Editions Liaison.