Publié le 13 septembre 2022Mis à jour le 13 septembre 2022
Le modèle neutre suédois
Le meilleur exemple de pédagogie non-genrée
Nous avons appris à analyser notre environnement de façon binaire, particulièrement en discernant les garçons et les filles. Le pourcentage de personnes intersexes est oublié mais la plupart des gens ne connaissent pas cette réalité. Ainsi, l'idée de la non binarité commence à entrer dans la discussion publique mais elle vient avec beaucoup d'incompréhension et de heurts. Cela semble impossible de voir le monde sans cette séparation des genres. Pourtant, un pays l'a déjà fait : la Suède.
Le pays ouvert à la non binarité
Depuis 1960, la langue suédoise a intégré le pronom neutre "hen" en plus du masculin (han) et du féminin (hon). Il faut toutefois attendre 1998 afin que le gouvernement suédois s'ouvre davantage à la non binarité dans l'éducation des enfants et l'acceptation du "hen".
Ainsi, de nos jours, des familles suédoises altersexuelles ou ne désirant simplement pas obliger leurs enfants à adopter un genre peuvent vivre plutôt librement. Ce reportage de Vice (avec sous-titres anglais et espagnol) montre d'ailleurs comment cela se passe au quotidien.
Des maternelles et écoles développent un environnement sécuritaire et tous se sentent libres d'être ce qu'ils veulent. Cette approche n'enlève pas tellement la distinction, toutefois elle retire les stéréotypes. Garçons et filles peuvent jouer à ce qu'ils souhaitent plutôt que d'être contraints par des idées reçues. De plus, les instances publiques permettent aux adultes d'indiquer sur les papiers officiels leur appellation, entre autres. Ce type de politique a commencé à être adoptée en Australie et un peu au Canada. La Norvège, quant à elle, compte intégrer un pronom neutre dans les dictionnaires dès l'automne 2022.
Une acceptation qui reste à faire
Toutefois, il ne faudrait pas croire que la Suède soit entièrement le paradis de la non binarité. Le reportage de Vice montre bien que la population en général peut avoir encore quelques jugements à l'égard des personnes et familles altersexuelles. L'usage de "hen" n'est pas nécessairement généralisé dans la vie quotidienne. Même les enseignants suédois n'ont pas tous intégré ce respect des élèves non binaires. D'ailleurs, durant l'hiver 2022, l'ombudsman des écoles a mis à l'amende un établissement dont une professeure a refusé d'utiliser le pronom neutre pendant toute une année scolaire. Il reste donc du chemin à faire dans l'acceptation de ces personnes.
Il suffit de voir la levée de boucliers par rapport à l'intégration du pronom "iel" dans le Petit Robert pour comprendre le travail de compréhension à faire. Nous pourrions affirmer qu'il existe dans plusieurs langues, dont l'allemand, des pronoms neutres. Pourquoi pas le français? Ce à quoi certains spécialistes demeurent insensibles en soutenant que le français n'a pas la même grammaire. Pourtant, il existe déjà des pronoms neutres avec "cela" et "ça", entre autres. Le "on" aussi, bien qu'il soit plus associé à la première personne du pluriel «nous».
La question de la neutralité ne cessera pas de si tôt de faire jaser. Toutefois, il semble que petit à petit la société s'y intéresse afin de se défaire en partie de la binarité. Des fabricants de jouets vont adopter le terme "kids" ou "enfants" plutôt que de spécifier un genre pour une maisonnette ou une petite voiture. Des marques de vêtements aussi proposent des vêtements unisexes depuis un certain temps.
Pour l'essayiste Lila Braunschweig, la question de la neutralité n'est pas d'obliger les gens à choisir une nouvelle identité. Il s'agit plutôt d'un mouvement afin de ne plus se sentir contraint de se comporter en fonction du genre désigné à la naissance. Des idées d'ailleurs qui ne sont pas si récentes puisque Roland Barthes parlait déjà, dans les années 1970, du neutre.
L'égalité des sexes, tout le monde est pour, bien sûr. En théorie. Si les choses ont progressé depuis les premières grèves contre le travail des femmes, au début du XXeme siècle, l'égalité réelle entre les sexes reste encore une utopie inachevée.
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De la maternelle au travail, il est toujours intéressant de voir l'ampleur du problème de la ségrégation des sexes. Les métiers mixtes sont rares, bien que la population soit composée de près d'autant de femmes que d'hommes. Et bien souvent, l'école joue un grand rôle dans cette problématique.
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