Articles

Publié le 10 mai 2022 Mis à jour le 10 mai 2022

S'expatrier en V.O.

Le défi de la langue dans l'expatriation

« Nul n’est prophète en son pays », aurait dit Jésus de Nazareth, vers l’an 30, selon des paroles rapportées par l’évangile de Saint Luc. L’expatriation a toujours été une solution à cette situation, volontaire ou obligée, improvisée ou mûrement réfléchie. Que ce soit par choix ou non, chaque expatriation suggère l’espoir d’un avenir meilleur avec de plus grandes opportunités professionnelles, sociales, familiales ou simplement pour vivre et survivre.

On dit souvent qu’un des plus grands défis de l’expatriation, c’est la langue. Mais qu’en est-il vraiment ? Comment se préparer avant et pendant ce grand bouleversement dans notre vie ? Est-ce vraiment si facile de s’expatrier dans un pays qui a la même langue que la vôtre ? Entre nostalgie de la langue des origines et quête de l’étranger, expatrions-nous, nous aussi, loin des sentiers battus à la recherche de l’expatrié du XXIe siècle.

Dans une galaxie lointaine, très lointaine…

Impossible de commencer nos pérégrinations sans un petit clin d’œil à la saga Star Wars, dont on célébrait le 4 mai la journée mondiale officielle. En effet, dans cet univers aussi coloré que fantastique, les protagonistes sont donc des expatriés en quête de reconnaissance, de gloire ou d’opportunités de tout genre ! Quoique morphologiquement différents, parlant des langues (?) complètement improbables, les héros semblent pourtant évoluer dans une éventuelle cohabitation pacifique, en dépit de leurs caractéristiques physiques ou linguistiques. Et que dire du fameux droïde de protocole C-3PO qui se décrit lui-même comme « maîtrisant plus de six millions de formes de communication ». Avec un guide pareil, aucun souci de langues ici ou ailleurs !

Un défi de taille

Mais revenons à nos moutons. Qui dit expatriation dit langue, car, bien souvent, les expatriés changent de langue en plus de pays. Outre les aspects culturel, social, alimentaire, vestimentaire, sociétal… inhérents au nouveau pays d’accueil, il convient de remettre en question ses convictions linguistiques. Connaître -et idéalement maîtriser- la nouvelle langue s’avère rapidement indispensable si on veut favoriser au mieux son intégration à la société d’accueil.

Pour ce faire, il n’y a pas de grand secret tacite. La clé du succès réside dans l’immersion, à savoir vivre comme un local ! Discuter avec des locaux, participer à des activités locales, entretenir des relations avec des locaux, suivre des cours, regarder la télévision, écouter la radio, lire les journaux, utiliser des applications… les moyens ne manquent pas ! Avant, pendant et après, il ne tient qu’à vous de devenir un pro de la langue cible. La rapidité et le succès de cet objectif ne dépendent surtout de vous et de votre implication.

Relocalisation

Plusieurs écoles de langues, en ligne ou en présentiel, proposent même des formations sur mesure qui permettent aux futurs et nouveaux arrivants de s’initier, d’approfondir ou encore de perfectionner leur niveau de langue. Ce type de programme s’intitule souvent « relocalisation » et propose, outre des cours « traditionnels » la possibilité de découvrir la langue en contexte, par le biais de textes locaux et de vocabulaire approprié. Je ne parlerai pas encore de la francisation, excellent système mis en place par le ministère de l’Immigration et de la Francisation du Québec, qui permet théoriquement à tout nouvel arrivant d’acquérir en 9 mois un niveau de français suffisant pour se débrouiller socialement et professionnellement dans la province canadienne, mais plutôt d’une autre expérience, celle de la Suisse. 

En effet, en 2022, ce petit pays est devenu la destination numéro 1 des expatriés, qui le choisissent pour sa qualité de vie, sa stabilité économique et politique, ses excellentes conditions de salaire, la qualité de son système éducatif ou encore l’équilibre entre vie privée et professionnelle. Côté chiffres, en 2016, la Suisse comptait plus de 2,4 millions d’expatriés pour une population totale de 8,3 millions. Plus d’un habitant sur trois est donc un étranger en terre helvète !

Pour revenir à la langue, ces cours de relocalisation leur permettent donc par exemple d’utiliser le système numérique communément utilisé dans les cantons francophones, système ô combien aimé et apprécié des apprenants quant à la facilité représentée par rapport au système français traditionnel. En effet, adieu les abominables soixante-dix, quatre-vingts et quatre-vingt-dix qui donnent tant de migraines aux apprenants francophiles ! Bienvenue aux septante, huitante et nonante !

Je parle, donc je suis 

À Rome, faisons comme les Romains ! Mais qu’en est-il si on débarque dans un pays dont on est déjà un locuteur natif ? 

Un Anglais qui déménage aux États-Unis ou en Australie, un Argentin qui s’en va vivre en Espagne ou au Mexique, un Brésilien qui émigre à Macao ou à Cap Vert ou encore…une Française qui s’expatrie au Québec, comme moi, depuis bientôt près de 17 ans ! Facile, pensez-vous ? On parle la même langue, pas de souci....

Oui, mais non, car si c’est vrai que c’est une chance de ne pas avoir besoin de lutter pendant plusieurs mois dans le simple fait d’essayer de communiquer, il n’en reste pas moins que les expectations des locaux sont également plus élevées.  Entre incompréhensions, surprises, façons de dire et de faire ou encore pire, contresens, on marche souvent sur des œufs.

Les locaux vous sachant du « même bord linguistique » ne chercheront pas forcément à expliquer le sens de leurs paroles et encore moins à le faire de façon délicate et contrôlée, au risque de créer des malentendus pathologico-linguistiques car ayant des sens absolument différents dans votre pays.

Des exemples ? « Avoir la main pleine de pouces, accrochez vos patins… » Pour les non-néophytes, voici la traduction « être maladroit » et « démissionner ».  Bien sûr, cela marche dans les deux sens. Combien de fois n’ai-je déclenché de fous rires de la part de locuteurs québécois lorsque ceux-ci m’entendaient dire « ça me casse les pieds », alors qu’il aurait été si clair de dire « ça me tanne » !

Expatriés un jour, expatrié toujours ? Tout dépend du sentiment d’appartenance à son nouveau pays d’accueil et des efforts qu’on voudra bien faire pour se forger un cocon de bien-être optimum…


Sources et illustrations

Apprendre une nouvelle langue, un des défis de l’expatriation, ACS Assurances
https://www.acs-ami.com/fr/blog/conseils-expatriation/apprendre-une-nouvelle-langue-expatriation/

Être expat dans un pays qui parle votre langue maternelle : attention danger ? Femme expat, https://www.femmexpat.com/expatriation/vie-dexpat/linterculturel/expat-dans-un-pays-qui-parle-langue-maternelle/

Pixabay, https://pixabay.com/images/id-3713480/ et https://pixabay.com/images/id-5219496/ 


Voir plus d'articles de cet auteur

Dossiers

  • Expats

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

  • Les cours
  • Les ressources d’apprentissage
  • Le dossier de la semaine
  • Les événements
  • Les technologies

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner à l'infolettre

Superprof : la plateforme pour trouver les meilleurs professeurs particuliers en France (mais aussi en Belgique et en Suisse)


Effectuez une demande d'extrait d'acte de naissance en ligne !


Ajouter à mes listes de lecture


Créer une liste de lecture

Recevez nos nouvelles par courriel

Chaque jour, restez informé sur l’apprentissage numérique sous toutes ses formes. Des idées et des ressources intéressantes. Profitez-en, c’est gratuit !