Vers de nouvelles humanités : rencontre avec nos jumeaux numériques
Croiser les sources qui parlent de notre futur en train de se dessiner entre pure mécanique numérique et appel au sens profond de l'être.
Publié le 12 octobre 1999 Mis à jour le 12 octobre 1999
Prenons un produit aussi peu tangible que la culture, un produit culturel comme le cinéma. Vous viendrait-il à l’idée d’aller à Hollywood ou à Boulogne-Billancourt pour voir un film? Commanderiez-vous vos cassettes vidéo aux studios MGM ou Pathé? Attendriez-vous le passage de la caravane Lucas dans votre ville pour voir StarWars?
Pas tout à fait : vous allez dans une salle de cinéma, vous louez vos cassettes au club vidéo, vous regardez la télé publique, vous vous abonnez au câble, vous vous abonnez à des services de diffusion spécialisés, au satellite... Autant de réseaux de distribution qui achètent et revendent les droits de diffusion ou de distribution.
Ils assurent la promotion des produits et sont autant de canaux de diffusion.
D’un autre côté, prenons un produit courant comme la bière ou le vin. Où vous les procurez-vous et où les consommez-vous? Chez l’épicier, chez le marchand spécialisé, au restaurant, au bar, etc. Il y a là plusieurs réseaux de distribution parallèles pour le même produit.
Ils assurent la promotion des produits et sont autant de canaux de diffusion.
Je me répète?
Vous me voyez venir : la formation à distance nécessite le même type de canaux de distribution si nous voulons en assurer sa promotion.
- Actuellement la plupart des institutions, sinon toutes, sont auto-distribuées.
- Les écoles refusent le rôle de distributeur et voient la FAD ouverte comme une menace fondamentale à leurs activités traditionnelles.
- Les bibliothèques sont sous-financées et les librairies ploient sous le poids d’une concurence virtuelle.
- Enfin, les sites Internet comme Cursus quêtent encore les enregistrements de cours auprès des institutions et se butent à leurs procédures d’inscription administratives-papier.
Dans ce contexte, il est clair que personne ne fera la promotion de la formation à distance s’il ne peut en vendre suffisamment pour en vivre. Et si le processus d’inscription prend trois semaines, il est aussi clair que la manufacture est encore la seule place où s’adresser.
Et en tant que seul canal de distribution de la formation à distance, l’institution sera et demeurera aussi le seul qui puisse en supporter sa promotion.
Les solutions :
Le cinéma ne serait pas l’industrie qu’il est sans ses canaux de distribution. Même s’il est possible de brasser sa bière, rares sont ceux qui le font. Pourquoi est-il si difficile de suivre un cours à distance alors qu’il est si facile d’apprendre?