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Publié le 27 septembre 2023 Mis à jour le 27 septembre 2023

L’éducation des migrants

Une comparaison entre la prise en charge de l’école de la République et celle des structures non officielles

Les flux migratoires ne constituent pas un phénomène nouveau. Les premiers hommes l’ont connu, même si son intensité s'accroit avec les avancées technologiques qui interconnectent la planète. Ces flux engendrent de nombreux changements  car les migrants se déplacent avec un bagage socioculturel qui résiste à cette traversée. L’un des secteurs appelé à se réinventer est notamment celui de l’éducation. Cette réinvention repose sur une individualisation de l’approche éducative prenant en compte l’identité et la singularité de la population cible.

Afin d’apporter sa contribution au sujet de l’éducation des migrants, Mickaël Idrac rédige un mémoire de master dont le sujet est le suivant : «L’éducation des migrants : une comparaison entre la prise en charge de l’école de la République et celle des structures non officielles». 

Sa question de recherche examine comment l'éducation des migrants peut être assuré dans le cadre des déplacements de population du XXIème siècle. En vue de répondre à cette préoccupation, le chercheur repartit son terrain de collecte de données en trois lieux :

  • le Centre académique pour la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs des Pyrénées Orientales (CASNAV),
  • l’Ecole Laïque du Chemin des Dunes (ELCD) et
  • l’Aide à la Scolarisation des Enfants Tsiganes en Seine-Saint-Denis (ASET 93).

Il fournit alors aux représentants de ces acteurs des questionnaires afin d’avoir une vue d’ensemble sur les actions des institutions privées, publiques et les associations, concernant l’éducation des migrants. 

On restitue l’analyse en deux axes à savoir :

  • la présentation de l’état des lieux général de la migration en France,
  • et des acteurs leurs initiatives pour l’éducation d’urgence.

Tel est le canevas que l’on propose de suivre.

État des lieux général sur la question des migrants

Dans ce premier axe d’analyse, le chercheur identifie les formes de migration. Il distingue entre autres la migration économique, celle liée à la mondialisation et à la décolonisation.

Toutes ces formes de migration ont été connues par la France déjà au XIXe siècle. C’est la raison pour laquelle la population issue de la migration y est hétérogène. L’on note parmi tant d’autres les portugais, les ressortissants de l’Afrique subsaharienne, du Maghreb…Malgré la forte présence des migrants, la France ne constitue pas toujours le lieu où de résidence définitive. Conscient de cette réalité, le chercheur établit le statut migratoire de la France comme étant un pays d’émigration, de transit et d’immigration.

Parlant de l’éducation des migrants dans les camps, le chercheur démontre que l’approche constructiviste utilisée pour leur transmettre des fondamentaux, c’est-à-dire l’écriture, la lecture et les mathématiques, s’est avéré inefficace car le capital culturel des migrants n’est pas pris en compte lors des enseignements, vu que les standards éducatifs des pays du Sud sont souvent directifs et non constructivistes. En plus de cela, la langue officielle du pays d’accueil constitue un énorme frein. Au vu de ce constat, comment les structures scolaires formelles, non-formelles et même associatives, parviennent-elles à s’adapter à cette nouvelle configuration socioculturelle ?

Les acteurs éducatifs et leurs initiatives pour l’accès des migrants à l’école de la République

Le modèle éducatif français destiné aux migrants débouche sur deux issues soit une prise en charge des migrants par les réseaux associatifs ou alors un déni de scolarisation. 

Pour ce qui est de la première option, l’action du CASNAV est notoire. En effet, à coût moindre et flexible, cette structure non seulement confie l’enfant aux enseignants spécialisés qui se chargent de lui apprendre le français mais aussi elle le met en relation avec les enseignants de l’UPEAA (Unité pour les élèves allophone arrivants), afin d’assurer une prise en compte de la culture de départ de l’élève.  Il s’agit juste d’une étape transitoire qui est sensée préparer l’élève à poursuivre sa scolarisation dans sa commune de domiciliation. 

Pour ce qui est de la deuxième option, cela incombe à la mairie, qui exige des migrants la fourniture des documents qu’ils ne sauraient avoir en leur possession : une preuve de domiciliation ou un carnet de vaccination à jour. 

Les actions du CASNAV de Seine-saint-Denis ne sont pas les seules. L’on peut tout de même mentionner l’initiative de l’ASET qui se charge d’orienter les enfants vers l’école de la République. Laquelle initiative a été mise sur pied par les frères La Salle afin de garantir la scolarisation des enfants en voyage. Il est question là d’une école mobile.

En dehors de ces réseaux formels, on peut dégager ceux relevant du secteur informel c’est-à-dire des initiatives élaborées avec le concours des migrants, et des professeurs bénévoles de l’école nationale au sein des bidonvilles et du camp de Calais. C’est dans cette perspective que naît le Darfour School, l’école catholique du chemin des dunes…

Des initiatives adaptées

La particularité de ces initiatives toutes autant qu’elles soient, est qu’elles prennent en compte le capital culturel du migrant- il s’agit concrètement de donner la possibilité aux élèves de parler de leurs pays, en exécutant par exemple des chansons traditionnelles-. Ceci dans l’optique de favoriser l’intégration des migrants à l’école de la République.

Aussi, afin de garantir le succès de leur intervention, ces associations très souvent coopèrent et privilégient une éducation utilitariste en mettant l’accent sur l’enseignement des mathématiques et des langues (la français et l’anglais) comme de simples moyens de communication pour ce qui est de l’ELCD, dans l’objectif de participer à leur émancipation.

Somme toute, on retient du travail de Mickaël Idrac que l’éducation des migrants en France est fortement prise en charge par des réseaux associatifs formels et informels, qui se chargent de fournir une éducation utilitariste en prenant en compte le capital culturel des enfants, afin d’assurer leur intégration à l’école de la République.

Référence

Idrac Mickaël, 2016, L’éducation des migrants : une comparaison entre la prise en charge de l’école de la République et celle des structures non officielles, Education, en ligne
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01688478


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