D'une société de l'ascension à celle du déclassement
Était-ce mieux avant?
Ceux qui ont tendance à dire que c'était mieux avant sont souvent perçus comme des réactionnaires. Or, est-ce véritablement le cas? Les sociétés étaient-elles mieux avant? Oliver Nachtwey, sociologue et économiste allemand, remarque selon lui que notre époque en est une de modernité régressive. Que veut-il dire par là?
Son analyse, s'intéressant surtout à l'Allemagne mais pouvant s'appliquer à bien des pays européens occidentaux, montre que dans les décennies d'après-guerre, les États ont réalisé beaucoup de travail afin d'améliorer le filet social. Ainsi, dans la reconstruction, les ouvriers avaient un pouvoir important et étaient en mesure de déclencher des grèves ayant de réels effets si les conditions ne changeaient pas. De plus, une personne perdant son emploi était certaine d'avoir un soutien financier pendant quelques années. Certes, cela ne concernait pas les femmes ni les travailleurs immigrés mais cela était un début.
Puis est arrivé un mouvement de changement vers la fin des années 60, la crise du pétrole de 1973 et l'impression pour certains d'une bureaucratie trop lourde. L'idée du néolibéralisme a alors été vue comme une façon de se libérer surtout à droite mais dans une certaine partie de la gauche aussi. Sauf que ce pacte a mené, ironiquement, à une perte d'acquis sociaux, à une précarité plus grande et à une perte de choix politiques. D'où son appellation de "modernité régressive". Non pas qu'il ait été une mauvaise chose, selon lui, que les femmes se présentent davantage dans les milieux professionnels ou qu'il y ait plus de diplômés. Or, les politiques étant moins dans l'idée d'économie sociale, tous se sont retrouvés avec des emplois moins intéressants et une sécurité sociale réduite à peau de chagrin.
Ainsi, aujourd'hui, tous ont peur de perdre leur travail en sachant qu'il n'y aura pas de filet. De plus, les partis politiques se sont tous plutôt mis vers une certaine attitude de libéralisation de mœurs (mariage pour tous, égalité homme-femmes, etc.) tout en continuant d'encourager un capitalisme qui laisse peu de choix. Ce qui, au désarroi du sociologue, mène à cette mouvance d'extrême droite nationaliste vue comme un point de vue différent alors qu'il se veut encore plus régressif dans ses approches.
La danse est depuis longtemps un vecteur d'expérimentations et de création artistique. Le projet Edisca, porté par Dora Andrade, danseuse étoile brésilienne, a pour ambition de donner à cette discipline une dimension éducative et sociale et de faciliter l'intégration des enfants les plus démunis.
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