Le développement de l'Afrique et, d'une certaine manière, de ses grandes villes nécessite des investissements conséquents dans plusieurs domaines. La notion de «ville intelligente» a le vent en poupe en ce moment. Si l'objectif majeur est le développement technologique et infrastructurel, l'aspect éducatif est aussi à mettre en lumière. Quelle est la part de l'éducation dans ces initiatives actuelles en Afrique ?
L'enjeu de l'éducation en Afrique
Les entreprises transformatrices de l'Afrique apportent une nouvelle respiration à un continent en plein essor démographique. Pour y arriver, il est important de continuer d'investir sur l'éducation. Il s'agit pour les décideurs africains de mettre en place une école adaptée aux besoins réels de ce siècle. On entend par là, sortir d'une école de transferts pur et simple de connaissances vers une préparation plus stratégique pour affronter les défis majeurs du 21ᵉ siècle tels que
- l'intelligence artificielle et
- la robotisation progressive des pratiques,
- les changements climatiques,
- l'identité culturelle face à la mondialisation galopante entre autres.
Dans cette veine, on parle de former des apprenants créatifs, authentiques, capables d'innover.
C'est seulement à ce titre que l'on peut espérer transformer une Afrique qui semble avoir plus que jamais besoin d'un second souffle, atteindre son plein potentiel pour créer un climat favorable aux générations futures. Les initiatives et villes futuristes s'inscrivent dans cette dynamique de changement.
L'éducation dans les projets et initiatives de ville intelligente
De part et d'autres de l'Afrique, on note une recrudescence des projets en faveur de la transformation du continent. Dans cette perspective, les aspects les plus ciblés sont les suivants : l'innovation numérique, l'efficacité énergétique et la participation communautaire. Certains pays en Afrique sortent du lot avec des projets aussi créatifs que visionnaires. En les présentant, notre intérêt est orienté vers l'apport éducatif.
- La Konza technopolis au Kenya.
Surnommée la silicon savannah , c'est une initiative de ville intelligente lancée en 2019. L'objectif majeur est la transformation technologique du Kenya "en un pays à revenu intermédiaire nouvellement industrialisé offrant une haute qualité de vie à tous ses citoyens d'ici à 2030." Elle vise aussi à résoudre les problèmes d'urbanisation et à soulager Nairobi, la capitale en proie à l'encombrement et aux bouchons.
Pour ce qui est de l'éducation, un accent est mis sur l'enseignement supérieur. Le projet vise à inaugurer un campus moderne de 1500 étudiants offrant toutes les garanties d'une formation optimale pour des citoyens armés à affronter les défis du 21ᵉ siècle. À long terme, mettre sur le marché des innovateurs capables de transformer le paysage économique du pays pour atteindre des standards de développement jamais observés par le passé.
- le Diamniadio au Sénégal.
Situé à 30 kilomètres de Dakar, ce projet urbain est lancé en 2014 sous l'instigation du président de l'époque, Macky Sall. L'objectif était clair : "créer une nouvelle ville intégrée… regroupant ainsi des quartiers administratifs, des zones d'habitation mixtes, des universités et centres de recherche, une cité du savoir…"
Dans cette lancée, l'université Amadou Mahtar-Mbow a été lancée en 2019. Aujourd'hui, c'est une référence dans le domaine de l'enseignement supérieur au Sénégal. Par ailleurs, il existe l'Institut supérieur d'enseignement professionnel (ISEP) de Diamniadio, inauguré en 2021 avec une capacité d'accueil de 5000 apprenants. Il se focalise sur les formations techniques dans les secteurs de l'automobile et des TIC (technologie de l'information et de la communication). L'un des objectifs après formation est de mettre à disposition des entreprises, des techniciens directement opérationnels.
- La Smart education au Rwanda:
Parmi les pays qui ont réellement amorcé la course au développement infrastructurel en Afrique, on peut citer le Rwanda. À côté des désirs de création des villes intelligentes qui ont le vent en poupe actuellement, les projets de transformation numérique de l'éducation sont au centre des préoccupations nationales, d'où l'achèvement de la première phase de smart education le 06 octobre 2025, pilotée par Huawei. Elle a notamment permis de "connecter 1500 écoles à internet à haut débit, de déployer deux centres de données de pointe…".
Ce moment historique a aussi donné lieu au lancement de DigiTruck. Selon Jennifer Onyeagoro, " c'est une salle de classe mobile alimentée à l'énergie solaire conçue pour rapprocher l'apprentissage numérique des communautés". Avec ce projet, le problème de fracture numérique (un problème dans toute l'Afrique) est progressivement résorbé vu que des millions d'élèves à travers le Rwanda, même ceux des régions reculées, auront accès aux ressources éducatives de haute qualité et de façon égale.
Des défis du parcours
Créer, avoir des idées futuristes et même les implémenter est une bonne chose. Toutefois, faire bénéficier toute la population est un véritable défi. En réalité, pour avoir une Afrique plus forte encore, il est primordial de travailler à garantir une éducation équitable moyennant une répartition équitable des infrastructures éducatives. De fait, aussi salutaire que soit l'initiative de transformer les pratiques éducatives, faire profiter seulement une partie de la population d'un pays ne va pas résoudre les problèmes de fond, au contraire ça pourra devenir un autre instrument de renforcement des inégalités.
Dans cette veine, l'une des principales conclusions du rapport de suivi de la stratégie continentale de l'éducation pour l'Afrique et de l'objectif de développement durable publié par l'UNESCO, l'UNICEF et l'Union africaine nous révèle que :
"Bien que 75 Millions d'enfants africains supplémentaires soient inscrits à l'école aujourd'hui par rapport à 2015, le nombre d'enfants non scolarisés a augmenté de 13,2 millions pour atteindre plus de 100 millions au cours de la même période." Autrement dit, le plus gros reste à faire pour rendre l'éducation accessible à tous.
Un autre défi, et non des moindres, est l'inscription de ces projets dans la durée. L'un des problèmes qu'on rencontre encore en Afrique réside au niveau du suivi efficient des projets engagés. Quand bien même l'on se lance dans la refonte éducative, il est tout aussi urgent de s'investir avec la même énergie dans le suivi et l'anticipation des défis futurs afin d'impacter efficacement à long terme. C'est tout le bien qu'on souhaite aux villes intelligentes et aux initiatives destinées à la transformation de l'éducation en Afrique.
Illustration : image générée par Meta
Sources
High school students S.T.E.M study tour at Konza Technopolis
https://youtu.be/HEHYhCDIDOo?feature=shared
Ce qu'il faut savoir sur l'état de l'éducation en Afrique
https://www.unesco.org/fr/articles/ce-quil-faut-savoir-sur-letat-de-leducation-en-afrique
Konza Technology City : la "Silicon Savannah" à la lumière des enjeux actuels du Kenya
https://amecas.wordpress.com/2018/04/06/konza-technology-city-la-silicon-savannah-a-la-lumiere-des-enjeux-actuels-au-kenya/
Le Rwanda célèbre la conclusion du projet d'éducation intelligente et le lancement du DigiTruck.
https://www.prnewswire.com/news-releases/le-rwanda-celebre-la-conclusion-du-projet-deducation-intelligente-et-le-lancement-du-digitruck-302576004.html
Le Rwanda marque l'achèvement de la phase I d'un projet d'éducation intelligente et lance l'initiative DigiTruck
https://techafricanews.com/2025/10/06/rwanda-marks-completion-of-phase-i-of-smart-education-project-and-launches-digitruck-initiative/
Les villes intelligentes, une réponse stratégique à l'urbanisation africaine
https://www.wearetech.africa/fr/fils/actualites/tech/les-villes-intelligentes-une-reponse-strategique-a-l-urbanisation-africaine
Diamniadio : la ville nouvelle du Sénégal
https://essentiel-int.com/diamniadio-la-ville-nouvelle-du-senegal/
Vie estudiantine à l'UAM - Vie estudiantine à l’UAM – UAM
https://url-shortener.me/9TBW
ISEP AMADOU TRAXARE DE DIAMNIADIO - https://isepdiamniadio.com/
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