Le participe passé avec avoir : vers la fin d’un dogme grammatical ?
Une règle qui n'a aucun sens selon des linguistes, grammairiens et enseignants de français
Accorder le participe passé avec le verbe avoir se réalise quand celui-ci est avant le verbe. Cela fait partie des règles que nous avons apprises à l’école. Comme vous voyez, j’ai accordé « apprises » avec le verbe avoir puisque mon sujet était avant.
Sauf que, selon une masse importante de linguistes contemporains, j’aurais pu aussi bien écrire « Cela fait partie des règles que nous avons appris à l’école ». Pourquoi ? Parce que l’accord ne se justifierait ni historiquement, ni grammaticalement et encore moins dans les usages oraux. Cela s’explique parce que la plupart des verbes français finissent par « er » et, par conséquent, il n’est pas audible.
En latin, le participe occupe deux rôles (verbe et adjectif) et au Moyen Âge, l’accord est flottant, il va selon les humeurs. C’est au 16e siècle que le poète Clément Marot écrit une strophe intimant à accorder avec le sujet avant. Au 18e siècle, Claude Favre de Vaugelas l’érige en règle suprême et les grammaires vont emboîter le pas.
Toutefois, il reste que même des grammairiens comme Maurice Grévisse affirment qu’elle est peu motivée, complexe et étrangère à l’usage. Ainsi, de nos jours, même des professeurs de français militent afin que l’invariabilité du participe passé avec le verbe avoir devienne la norme.
Durée : 3min26
Image IA (Copilot) : "un tableau avec deux phrases en français : "les desserts que j'ai mangés" et "les desserts que j'ai mangé" avec un X à la craie sur la première phrase"
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