Publié le 07 septembre 2021Mis à jour le 07 septembre 2021
Le phénomène du "gongbang" a dépassé les frontières de la Corée
Étudier en regardant d'autres le faire
YouTube diffuse plus de contenus qu'il serait possible de voir en une vie. Ajoutez-y les autres services de vidéo sur demande et il y a de quoi s'étourdir. Alors, qu'est-ce qui intéresse particulièrement les étudiants, friands de ces services?
Entre séries télévisées poussées, documentaires pointus, sketches comiques ou clips de petits animaux mignons faisant oublier la dureté du monde, en 2021, la mode est aux personnes se filmant en train d'étudier. Avec un nom qui peut prêter à rire, le phénomène "gongbang" gagne de l'ampleur partout dans le monde.
Briser la solitude
Le phénomène est né en Corée du Sud d'où son nom qui n'a rien de latin. Il s'agit d'un néologisme formé par les termes "gongbu" et "bangsong" signifiants "émission d'étude". Au départ, ces vidéos étaient destinés aux parents des étudiants afin de montrer que leur progéniture passait bien du temps à étudier. Il faut comprendre que dans la culture coréenne les études ont une place de choix. Une grande compétition a lieu pour s'inscrire dans une filière idéale. Pourtant ces diffusions ont fini par dépasser les frontières de ce pays d'Asie. Désormais, il existe des clips du genre dans toutes les langues, y compris le français. Qu'est-ce qui a provoqué cet engouement pour des vidéos qui, contrairement à d'autres, n'engagent aucune interaction? La covid-19 y a joué pour beaucoup.
En effet, une masse critique d'étudiants, 1,3 milliard d'entre eux, ont été obligés à devoir étudier chacun de leur côté. Les cours se donnaient plus souvent à distance et les bibliothèques scolaires étaient fermées ou restreintes. Du coup, ce type de vidéo a donné l'occasion de briser un peu l'isolement de chacun. Ainsi, en étant des milliers à écouter une vidéo du genre, ils ont l'impression de se retrouver dans un milieu d'études plus traditionnel. Si certains critiquent cette approche digne du voyeurisme, ils n'ont clairement pas interrogé ceux qui en profitaient. De nombreux étudiants témoignent, au contraire, du bienfait de ces vidéos qui leur permet de persévérer dans leur année d'études contrairement à d'autres.
Grégoire Dossier, un des plus importants "gonbangeur" français, aura même créé une "université virtuelle" sur l'application de communication Discord. Pour lui, le phénomène du gongbang se rapproche de l'ambiance des bibliothèques universitaires. Il rappellera, en entrevue à l'Obs, qu'observer ces congénères étudier entre les murs de la "B.U." le motivait à faire de même.
La vraie façon de réviser?
Cette dernière affirmation est intéressante. Et si le phénomène coréen représentait ce dont ont besoin les étudiants pour se mettre le nez dans leurs notes? Nous avons toujours eu l'impression qu'il fallait un silence monastique pour réviser. Or, une étude du Harvard Business Review en 2017 avait démontré que le silence absolu n'aidait pas à rester concentré. En effet, dans ce contexte, chaque bruit ou note discordante devient source de distraction. Or, un petit fond sonore aide.
D'ailleurs, il existe une pléthore de vidéos sur YouTube de "lofi", de la musique douce de fond pour étudier, travailler et autres. Au 18e siècle, le philosophe Jean-Pierre de Crousaz avait témoigné de l'importance du groupe dans les études. En voyant d'autres se concentrer sur leurs notes, cela les incite à les imiter. Une "pression" saine de la communauté qui peut se reproduire en partie avec le gongbang.
D'autant plus que beaucoup emploient la technique Pomodoro, c'est-à-dire qu'ils travaillent 25 minutes (ou 50), prennent une pause de 5 minutes (10) et recommencent. Cela permet à ceux qui les observent de savoir quand sont les moments de répit. Ainsi, ils acquièrent une méthode efficace de travail qui leur sera utile tout au long de leur vie.
Évidemment, ceux ayant fini leurs études n'auront que peu d'intérêt pour ces capsules qui n'utilisent pas de montage et ne prennent que le son naturel. Pour des étudiants, par contre, cela peut devenir un moteur de motivation et un environnement où il s'avère plus facile de plonger le nez dans les livres.
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