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Publié le 07 novembre 2023 Mis à jour le 09 novembre 2023

Et si le plus gros risque était de refuser d'en prendre ?

Agir avec audace et sagesse.

zone de confort

Prendre des risques mesurés permet de grandir, de gagner en confiance en soi et d'avancer dans la vie. Il est primordial de dépasser ses peurs pour saisir les opportunités qui se présentent et devenir la meilleure version de nous-mêmes. Le jeu en vaut largement la chandelle !

Qu’est-ce que se cache derrière l’expression «Prendre des risques ?»

Prendre des risques peut être scindé en différents types de risques, du risque vital au risque perçu, tel que le «syndrome de l'imposteur».

Les types de risques

Pour évaluer les types de risques que chacune ou chacun de nous sommes prêt à prendre, il faut mettre en perspective chaque situation et vécu.

On peut mettre en parallèle entre différents types de risques et la pyramide des besoins de Maslow :

  • Risques vitaux, par nécessité (nourriture, abri) : lorsque l'accès aux besoins physiologiques fondamentaux est menacé, des risques deviennent inévitables pour y subvenir.
  • Risques pour la sécurité, par obligation : dans des contextes d'insécurité, des risques doivent être pris pour assurer sa protection et celle de ses proches.
  • Risques personnels et créatifs, par vocation : certains sont prêts à sacrifier stabilité et sécurité par passion pour un idéal ou une cause qui les dépasse. Ces risques sont en rapport avec le besoin d'accomplissement au sommet de la pyramide de Maslow.

Prendre des risques implique de risquer parfois sa vie, heureusement pas souvent dans nos sociétés.
Généralement, on voit plutôt le risque comme sortir de sa zone de confort, affronter l'inconnu et l'incertitude. Or, cela peut susciter des peurs intérieures : peur de l'échec, du regard des autres, de l'instabilité, etc.

Faut-il avoir du courage pour prendre des risques ?

Il existe un lien complexe entre courage et prise de risque, qui dépend fortement du contexte. Mais dans tous les cas, le courage et la lucidité sont des atouts précieux face à l’incertitude.

Dans certaines situations, des risques s'imposent par nécessité ou contrainte extérieure. Le courage consiste alors à accepter la réalité des risques encourus, et à les affronter avec lucidité plutôt que de les subir passivement. Dans ces cas, le courage permet de prendre les risques inévitables de la meilleure façon possible, en gardant son sang-froid et sa détermination. Même des risques subis peuvent être assumés avec bravoure.

Dans notre société, le risque est différent. Il demande un certain courage mais qui ne met pas la vie de l'individu en danger. Dans ce cas, prendre des risques implique généralement de sortir de sa zone de confort, d'affronter l'inconnu et l'incertitude.

Transcender ces peurs, aller de l'avant malgré les obstacles et les dangers potentiels, nécessite indéniablement une forme de courage. Le courage donne la force d'agir avec détermination en dépit des doutes et des angoisses.

Pourquoi la société actuelle est-elle devenue rétive aux risques ?

Le fait de vivre dans une sécurité comme jamais atteinte auparavant et  d'avoir la plupart de ses besoins satisfaits ont créé une espèce de volonté d'avoir une société sans risque. Dès qu'un risque réel ou non est identifié, il fait l'objet d'articles anxiogènes, repris ensuite par de nombreux dirigeants qui répondent à la volonté d'endiguer ce risque.

Toute une série de facteurs expliquent cette évolution :

  • Un sentiment accru d'insécurité, amplifié par la médiatisation des dangers. Cela engendre une société plus craintive.
  • Une recherche de confort et de stabilité matérielle, qui rend plus averse aux remises en question. Le conformisme rassure.
  • Une pression sociale et parentale forte pour la réussite et la conformité, qui décourage la prise d'autonomie risquée.
  • Une culture dominante de l'aversion au risque et du contrôle, y compris dans les institutions comme l'école. Elle déteint sur les mentalités.
  • Le poids des régulations et des normes juridiques, qui encadrent strictement les initiatives entrepreneuriales ou sociales.
  • Un manque de perspective historique : les générations récentes n'ont pas vécu de grands bouleversements nécessitant audace et adaptation.

Le plus grand risque pour nos sociétés est sans doute dans cette appréhension du risque.

Risquer ou stagner ?

Même si le risque vital a presque disparu, une société dont tous les membres auraient une aversion extrême pour la prise de risque serait une société figée, incapable de progresser.

Tout progrès nécessite d'explorer de nouvelles possibilités. Cela implique inévitablement des risques:

  1. risque d'échouer,
  2. de perdre du temps ou des ressources,
  3. de déplaire à certains.

Sans acceptation d'une part de risque et d'incertitude, aucune innovation significative n'est possible.
Une société paralysée par la peur du risque se priverait des idées visionnaires, de l'esprit d'entreprise et de la créativité requise pour se développer et s'adapter aux défis. Elle s'enliserait dans la routine et la répétition des schémas existants.

Une aversion généralisée du risque conduirait inévitablement une société à la stagnation, voire la régression.

Innover = Prendre des risques ?

Innover nécessite de prendre certains risques, mais avec quelques nuances. Toute innovation significative implique d'explorer de nouvelles approches dont on ne peut prédire avec certitude les résultats. Il y a donc un risque d'échec, de critique ou de rejet par ceux qui préfèrent la stabilité.

L'innovation exige de sortir de sa zone de confort et d'accepter une part d'incertitude. Mais le risque doit être calculé et les hypothèses solidement étayées par la raison. La prise de risque n'est donc pas une fin en soi, mais un possible moyen au service d'une innovation réfléchie. Le risque accompagne souvent l'innovation, mais ne la définit pas à lui seul.

Comment différencier la prise de risque de l'aventurisme ?

La nuance principale réside dans le dosage entre audace et prudence, vision et pragmatisme. Le courage éclairé prend des risques pour une cause plus grande que soi. L'aventurisme est plus une quête individuelle de sensations.

Voici quelques éléments pour distinguer la prise de risque réfléchie de l'aventurisme imprudent:

  • La prise de risque responsable s'appuie sur une analyse rationnelle des dangers et opportunités. L'aventurisme répond surtout à une pulsion irréfléchie.
  • Le risque calculé se fonde sur des objectifs, des ressources et des compétences définies. L'aventurisme est souvent plus improvisé et approximatif.
  • La prise de risque constructive implique d'écouter aussi les avis prudents. L'aventurisme tend à ignorer toute objection.
  • Prendre des risques de manière éthique signifie en mesurer les conséquences sur autrui. L'aventurisme est plus égocentré.
  • Assumer des risques requiert de la détermination mais aussi de la flexibilité pour s'adapter. L'aventurisme est souvent synonyme d'entêtement.
  • La prise de risque juste dosée permet le progrès.
    L'excès d'aventurisme conduit à la démesure et l'échec.

La destruction créatrice

Schumpeter considérait que le progrès économique repose sur un processus dynamique où de nouvelles innovations viennent supplanter et "détruire" les modèles et entreprises existants. C'est ce qu'il a appelé la "destruction créatrice ».

Pour permettre ce processus dynamique d'innovation, les entrepreneurs doivent prendre des risques en investissant dans de nouvelles idées ou technologies dont le succès n'est pas garanti. S'ils n'osaient pas, il n'y aurait pas de "destruction créatrice".

La zone de confort et pourquoi et comment en sortir

La "zone de confort" désigne un état psychologique dans lequel une personne opère dans des conditions familières et prévisibles. Cela induit un sentiment de sécurité et de maîtrise de la situation.
On peut voir la zone de confort comme une façon d'éviter les risques et l'inconnu. Rester dans cette zone rassurante permet de minimiser l'anxiété. Mais cela conduit à la stagnation et empêche la croissance personnelle ou sociale.

L'école, un acteur déterminant

Durant leur scolarité des phrases telles que :

  • Tu es nul, tu n'y arriveras jamais
  • Tu ne comprends rien
  • Bon à rien !
  • Etc.

ne peuvent qu'inhiber des jeunes qui peuvent en rester marqués. L'école devrait avoir pour mission de donner confiance aux apprenants et éviter les commentaires invalidants définitifs.

La pédagogie des expériences positives

Le manque de confiance en soi peut engendrer des craintes inutiles. Dès le plus jeune âge, il faut instaurer la confiance en soi dans les apprentissages afin d'encourager la prise d'initiative et de donner le goût d'apprendre par le plaisir de la réussite. C'est une pédagogie humaniste.

L'idée de la pédagogie des expériences positives est de favoriser les apprentissages à travers des expériences valorisantes.

Concrètement, cela implique pour l'enseignant de :

  • Souligner les points forts et les progrès de chaque élève. Encourager et féliciter, même pour de petites victoires.
  • Donner des feedbacks positifs sur ce qui est réussi avant de pointer les erreurs. Critiquer en aidant à progresser.
  • Valoriser l'effort et la démarche de l'élève même si le résultat n'est pas parfait.
  • Créer des activités permettant de vivre des réussites, pas seulement des évaluations sommatives.
  • Personnaliser les apprentissages en tenant compte des centres d'intérêt et forces de chacun.
  • Cultiver un climat de classe bienveillant où les élèves osent sans crainte d'être rabaissés.

Synthèse

Les sociétés qui encouragent la prise de risque, de manière mesurée et consciente, permettent l'innovation et le développement personnel et collectif. La "zone de confort", bien que rassurante, est un piège qui conduit à la stagnation; en sortir est souvent perçu comme une aventure libératrice. L'éducation joue un rôle crucial en construisant la confiance en soi et en préparant les individus à agir avec audace et sagesse.

Illustration : HayDmitry - DepositPhotos


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