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Publié le 11 mars 2024 Mis à jour le 13 mars 2024

Sommes-nous ce que nous mangeons ?

Le sucre et le fructose

Boissons sucrées et jus d'orange

Non, nous ne sommes pas ce que nous mangeons, sinon nous deviendrions légume en mangeant des brocolis et des navets.  Cependant nous façonnons notre corps et notre longévité par nos choix ou possibilités alimentaires.

Prenons l’exemple du sucre. C’est un aliment dont beaucoup d’entre nous sont friands, mais là où une certaine quantité est acceptable et bénéfique, les excès peuvent devenir létaux. 

Je vais, contrairement à d’habitude, ne me référer qu’à la définition de Wikipédia pour ouvrir des pistes. Dans cet article, on y fait un tour d’horizon de tous les effets, surtout négatifs; mais pourquoi, alors que le problème est connu, continuons-nous à manger du sucre en quantité excessive ?

L’obésité

“En 2001, une étude confirme que la consommation de boissons sucrées est associée à l'obésité chez les enfants. En 2012, parmi les enfants des États-Unis, 23,9 millions (ou 31,8 %) sont en surpoids, et parmi eux, 12,7 millions sont obèses. Dans ce pays, en 2012 environ 190 milliards de dollars étaient annuellement dépensés en réponse à des problèmes liés à l'obésité, soit 21 % de tous les coûts de soins aux États-Unis.

En 2013 Lisa Te Morenga et son équipe réalisent une revue systématique des études faites sur la relation entre sucre et masse corporelle. Ils y montrent que chez un adulte n'ayant pas de régime alimentaire particulier, une diminution de la consommation de sucre s'associe à une perte de poids, et son augmentation d'une hausse de poids de même envergure. Chez l'enfant les résultats de tests diffèrent mais parce que les demandes de moindre consommation de boissons et d'aliments sucrés n'ont pas été suivies correctement. Les personnes ayant consommé le plus de boissons sucrées étaient en moyenne 1,55 fois plus fréquemment en surpoids ou obèse que ceux en ayant le moins consommé.

Il est toutefois difficile de conclure quant à l’effet spécifique des sucres par rapport aux autres sources d’énergie. La prise de poids observée dans les études pourrait provenir d’un excès de calories, auquel les sucres et les boissons sucrées peuvent contribuer”. 

Il faut du sucre pour vivre mais les excès de sucre nous font grossir. Dans certains pays comme aux USA, cette pathologie sociale touche en particulier les familles pauvres. Des filières alimentaires associées à notre portefeuille sont proposées aux familles les moins aisées. Il ne s'agit même pas de savoir si c’est bon ou pas pour la santé; le point douloureux est du côté du portefeuille. Le même problème peut être tracé dans les territoires d’outremer français. Il y a aussi un problème d’obésité avec les sucres lents. En fait, des familles ne peuvent se payer que du pain blanc comme base de leur alimentation et le pain blanc fait aussi grossir. 

Que peuvent faire les écoles face à ce problème ? Déjà, prendre conscience du problème. Il y a quelques jours, j’ai vu une vidéo où une maman française délocalisée avec ses enfants aux États Unis faisait les repas du midi de ses enfants avec de la nourriture saine, salades, fruits, yaourt et elle a reçu une lettre de l’école comme quoi ce serait bien d’aligner ses repas sur ceux des camarades de ses enfants pour éviter de se faire discriminer, soit de faire des hamburgers frites comme repas du midi. Ce cas est très intéressant, car il parle de normalité. Est-ce que la normalité que je suis est bonne pour la santé ou mauvaise pour la santé ? Qu’est-ce qui est le plus important ? La normalité ou la santé de ses enfants.

Entre pauvreté et normalité, si les cantines des écoles peuvent montrer l’exemple, ce serait un grand pas vers une re-normalisation des repas dans une optique de santé publique. Car, l’obésité est associée à beaucoup de pathologies que nous allons voir ci-dessous.

Le Diabète

“Une vaste étude épidémiologique européenne basée sur plus de 340 000 participants (issus de la cohorte EPIC), publiée en 2013 dans la revue Diabetologia a conclu qu'une canette de soda par jour suffit à accroître d’environ 20 % le risque de diabète de type 2 (non insulinodépendant), alors que les nectars et jus s'ils sont composés de 100 % de fruits, semblent n’avoir aucun effet. L'aggravation du risque ne concerne pas que les personnes obèses, il reste de 18 % après prise en compte de l’indice de masse corporelle (IMC).
D’après le rapport d’expertise 2016 de l’ANSES, les études ne montrent pas de diminution de la sensibilité à l’insuline ou d’apparition d’une intolérance au glucose liée à la consommation de sucres. « Seul un apport élevé en fructose, de l’ordre de 80 g/j entraîne une diminution de la sensibilité du foie à l’insuline (risque de diabète), sans augmentation de la glycémie à jeun [taux de glucose dans le sang] (déterminant le diabète) ».
Le fructose a un temps été proposé comme le sucrant idéal pour les personnes atteintes de diabète sucré car ne stimulant pas de sécrétion d'insuline. Depuis il a été prouvé que sa consommation induit indirectement une hausse des cas d'obésité et de diabète sucré de type 2. Sa consommation excessive joue également un rôle dans la résistance grandissante à l'insuline et dans les épidémies d'obésité, d'hypertension artérielle, de dyslipidémie (concentration anormalement élevée de lipides dans le sang) et de diabète de type 2”.

Le Diabète est un des fléaux de notre siècle. Des prédispositions génétiques existent, la mauvaise alimentation citée précédemment et surtout la présence de sucre dans presque toutes nos boissons conditionnées y sont liées. Que faut-il en penser ? Une canette par jour de boisson sucrée augmente le risque d’avoir un diabète de type 2 de 20%. C’est déjà énorme. Mais, combien de personnes, d’enfants boivent 4, 5 canettes par jour ? Il y en a énormément.

J’ai mon fils qui est super mince qui en boit. Il ne boit pas des boissons sucrées, il boit des marques de boissons sucrées. Pourquoi ? Parce que c’est ce que les copains boivent. C’est un must social. Et, le danger est que ce must social s’associe avec le temps à une addiction à ces mêmes boissons. Est-ce que les fabricants sont au courant ? Oui, ils le savent et comptent sur l’addiction pour fidéliser leurs consommateurs. 

C’est le même genre de problème qu'avec la cigarette ou l’alcool. On sait que c’est mauvais pour la santé, que cela va induire des pathologies sérieuses avec des frais d'hôpitaux et de médicaments importants et en même temps derrière, il y a des milliers d’emplois à la clef, des industries entières.

Alors au lieu de limiter ce qui devrait être considéré comme un poison pour la santé, l’ensemble des acteurs décisionnels laissent faire. Que peut faire l’école ? L’école peut faire de la prévention et de la sensibilisation. Ce n’est pas efficace à 100%, loin de là.

Si le coût de la bouteille d’eau minérale est plus élevé que celui de ces fameuses canettes, le combat sera perdu d’avance. Si, boire des canettes est accessible aux jeunes des familles pauvres et que cela les fait sentir égaux des autres avec plus de moyens, le problème est localisé profondément dans les frustrations sociales. Mais si l’école peut prévenir ne serait-ce que 20% de tous ces enfants à risque, c’est déjà une première étape. Pour cela il faut informer, éduquer et montrer l’exemple et donc pas de boissons sucrées dans les cantines scolaires. 

La Glycémie

“Bien qu'une croyance populaire évoque une plus grande implication de la consommation de féculents que de celle de saccharose (diholoside composé de fructose et de glucose) dans le hausse du taux de glucose dans le sang, les études montrent que la préparation (cru ou cuit) influe beaucoup sur la réaction du corps quant au taux de glucose.

Les problèmes de glycémie sont arrivés il y a bien longtemps. Alors que l’humanité était composée de chasseurs cueilleurs habitués à être des nomades sur de vastes territoires. Une population programmée génétiquement pour manger des fruits, des champignons et de la viande. Avec la sédentarisation, cette population a commencé à ne plus bouger, à se sédentariser et à cultiver des céréales. D’omnivores avec une base de viande, les populations sont passées d'omnivores avec une base de céréales. 

Si, cette transition s’est faite sur plusieurs siècles, n'oublions pas que les transitions de nos ADN se font à l’échelle des millénaires. Imaginer domestiquer un loup et ne lui donner à manger que des céréales ? À un moment donné son métabolisme va être en danger car il ne va pas manger ce qui est nécessaire à sa vie. Beaucoup d'entre nous ont fait l’expérience avec nos chiens et nos chats de se retrouver avec un animal malade pour lequel il faut changer l’alimentation car son corps réagit mal à la nourriture habituelle.

En fait, il se passe la même chose dans certains endroits du monde où l’assurance maladie n’est pas un standard pour tous. Alors à défaut de pouvoir payer son assurance maladie, il est important de faire de la prévention. Manger des pâtes à tous les repas n’est pas bon pour la santé, cela fait monter la glycémie et cela crée des inflammations des intestins qui peuvent aller jusqu’à l’apparition de réactions allergiques comme avec le gluten. Je ne donne pas une espérance de vie très longue à certains enfants dans certains quartiers pauvres de certaines villes du monde s'ils sont allergiques au gluten. 

Au lieu de laisser les gens manger n’importe quoi, de définir le dosage des aliments un par un pour avoir une nutrition positive et soutenant une bonne santé. Aujourd’hui, nous laissons se multiplier la malbouffe et nous en soignons les effets à coup de milliards qui viennent surcharger les services hospitaliers. Pourquoi ne pas inverser le système ?

Autre sujet connexe important, les produits alimentaires travaillés et conditionnés. Il n’y a pas de lois pour réguler leurs bienfaits ou pas sur le corps humain. L’industrie alimentaire a lancé à plusieurs reprises des produits néfastes, comme l'aspartame, comme de nouvelles molécules alimentaires qui ont perturbé gravement le métabolisme de certaines personnes qui aujourd’hui ne peuvent plus digérer certains aliments classiques à cause de certaines de ces nourritures innovantes.

Il faut savoir qu’un médicament est testé pendant des années avant de pouvoir être mis sur le marché. Un aliment lui n’a besoin d’aucune autorisation à part les autorisations sanitaires classiques.

Pour ce sujet complexe, je fais un appel aux centres de recherches et à leurs financeurs indépendants des industries alimentaires pour investiguer certains sujets de société autour des produits alimentaires et de leurs conditionnement dans une optique d’améliorer la santé humaine.

Le cœur et la circulation sanguine

“En 2007, une équipe de recherche de l'université de Floride (Gainesville, États-Unis), du Baylor College of Medicine (Houston, États-Unis), de l'université pour femmes Ewha (Séoul, Corée du Sud), de la Foundation for Applied Molecular Evolution (Gainesville, États-Unis) et de l'Instituto Nacional de Cardiologia (es) (Mexico, Mexique) montre que la consommation de sucre, et de fructose en particulier, jouerait un rôle important dans l'épidémie de maladies cardio-rénales. Il semble que ce soit en partie dû au fait que le fructose augmente le taux d'acide urique (hyperuricémie, qui jouerait un rôle clé dans l'apparition de ces maladies)”.

Le fructose est le sucre naturel issu normalement des fruits. Remplacer le sucre par le fructose ne solutionne pas les problèmes, au contraire il en crée d’autres tels que les maladies cardio-rénales. 

Où trouve-t-on du fructose ? Le fructose que nous consommons au quotidien se trouve dans les jus de fruits qui font partie des boissons sucrées car nos standards en matière de jus de fruits imposent un taux de sucre gigantesque dans chaque bouteille. Ingérer un jus de fruit industriel va générer des pics de glycémie qui vont activer toutes les cellules de notre corps, de notre cœur… au maximum et vont induire une surexploitation de notre corps sur de courtes périodes. 

C’est un peu comme pour une voiture, si vous conduisez en bon ou bonne mère de famille, vous allez pouvoir garder votre voiture longtemps. Si vous faites régulièrement des pics de vitesse, vous allez abîmer votre moteur et cela peut aussi induire les accidents collatéraux. C’est assez semblable.

Que peut faire l’école ? La chose simple à faire et de faire ce que l’on fait avec les bébés : couper le jus d’orange à l’eau. Mais cela n’a pas le même goût. alors il faut habituer les élèves au goût différent. Autre solution, créer ses propres jus de fruits comme activité pédagogique ou se fournir auprès de producteurs locaux qui n’ajoutent pas de sucre ou qui ne font pas de concentrés de jus de fruits. Interdire les jus de fruits, c’est se priver aussi de vitamines. L’important est de trouver la bonne balance. Le jus de fruit comme exception ou comme récompense devrait être mis en avant plus que d’en faire une norme alimentaire, en tout cas pour sa version conditionnée en boisson sucrée.

Les cancers

Une vaste étude de cohorte « NutriNet-Santé » conclut que les boissons sucrées sont un facteur de cancer, et notamment de cancer du sein. Toutes les boissons sucrées ont cet effet, y compris les jus composés de fruits à 100 %. « Une augmentation de 100 ml par jour en moyenne de la consommation de boissons sucrées, ce qui correspond à un petit verre ou près d'un tiers de canette standard [330 ml en Europe et 355 ml en Amérique du Nord], est associée à une augmentation de 18 % du risque de cancer. »

Un tiers de canette et c’est le grand parcours du combattant contre le cancer pour 20% des consommateurs. C’est gigantesque. C’est un problème de santé publique majeur. 

Cela fait longtemps que les journalistes d’investigation ont fait cette fameuse constatation que les groupes alimentaires sont interreliés avec les groupes pharmaceutiques. Cela veut dire que les effets secondaires de la mauvaise nourriture, des boissons sucrées et autres profite quelque part à l’autre versant qui est l’industrie pharmaceutique. 

De la même façon, ici on est face à des lobbies économiques. Si on interdit les lignes de fabrication des boissons sucrées, des milliers de personnes vont se retrouver au chômage et de l’autre côté ce sera un manque à gagner pour l’industrie pharmaceutique. Car la santé publique si elle s’améliore, en fait elle fera du tort au développement de l’industrie pharmaceutique qui génèrent aussi des milliards de profits pour des actionnaires et investisseurs. 

Ce genre de mutation ne peut se faire qu’en douceur. Il faut 50 ans pour interdire une industrie. Ça a été le cas pour l’amiante, entre les premières observations, l’interdiction et les indemnisations. On est en train d’amorcer ce processus pour le tabac. Mais, il y a plein d'industries qui savent qu’elles devront s’arrêter dans les prochaines décennies si elles n'évoluent pas.

Mais cette façon de faire, c’est un monde qui marche à l’envers. La solution la plus éthique et d’utilité publique serait de regarder ce qui est bon et d’exclure ce qui est mauvais.

La chose la plus efficace est d’informer les familles au travers des élèves et de former de futurs dirigeants sensibilisés au bien public plus qu’à faire des bénéfices gigantesques sur le dos de la santé publique.

Inflammations et stress oxydant

"Quelques études montrent un lien entre une consommation régulière de sucre et l'augmentation de certains marqueurs du stress oxydant et de marqueurs inflammatoires, y compris chez les enfants selon plusieurs études".

C’est un sujet en devenir. On a des pistes, des modèles de maladies comme les maladies cœliaques, mais elles sont pour beaucoup portées par des communautés autour du bien-être que par des communautés scientifiques. Pourquoi ? Parce que les recherches sont financées par les industries. Parce que les films documentaires sont financés par les sponsors médiatiques dont les géants de l’alimentation.

Résultat, il y a très peu d’études réalisées sur le lait et ses effets inflammatoires par exemple, ou l’aluminium et pourquoi un point commun entre tous les malades d’Alzheimer est d’avoir un fort taux d’aluminium dans le cerveau.

La goutte (arthrite)

“L'hyperuricémie est précurseur de la goutte qui est la forme d'arthrite inflammatoire la plus fréquente chez les hommes adultes blancs américains et dont la prévalence et l'incidence ont doublé aux États-Unis ces dernières décennies au même rythme que celui de l'augmentation de consommation de boissons gazeuses sucrées (+ 61 % chez les adultes de 1977 à 1997). La goutte peut être déclenchée par l'ingestion de purine et d'alcool faiblement présents dans certaines boissons gazeuses sucrées, mais aussi par certains sucres dont le fructose (seul hydrate de carbone connu pour augmenter les niveaux d'acide urique).

Il y a plus d'un siècle, en 1893, Osler recommandait déjà un régime pauvre en fructose comme moyen de prévention de la goutte. Plus récemment (2007), une étude basée sur un panel de 14 761 adultes nord-américains a confirmé que le risque d'hyperuricémie augmente avec la consommation de boissons gazeuses sucrées, mais pas avec les boissons gazeuses non-sucrées ou sucrées par un édulcorant. (...)

De plus, le fructose augmente le taux d'insuline, la résistance à l'insuline et l'adiposité. Le risque encore accru chez l'Homme pourrait être expliqué par le rôle de certaines hormones féminines (œstrogènes) protectrices contre l'hyperinsulinémie en cas de régime riche en fructose. Le jus d'orange, source commune de fructose naturel peut aussi faire monter les taux sériques d'acide urique selon cette étude”.

La goutte est une des maladies les plus douloureuses. Elle est génétique dans beaucoup de cas et peut-être amplifiée par l’ingestion de certains aliments. Ici, encore le fructose et aussi l’alcool évoqué précédemment. Les hommes et les femmes ne sont pas égaux. Il vaut mieux être une femme car les hormones féminines protège contre l’apparition de la goutte.

Le jus d’orange, vendu comme source de vitamines. En fait, comme pour les boissons sucrées, consommé en excès, il est une source non négligeable de plusieurs pathologies dont la goutte.

Pendant la grossesse

“Une étude réalisée aux États-Unis et publiée en 2018 a mis en évidence une corrélation défavorable entre une consommation excessive de boissons sucrées pendant la grossesse ou la jeune enfance et les aptitudes cognitives de l'enfant (selon le test KBIT-II). La consommation maternelle et infantile de sodas édulcorés présente la même tendance. Inversement, la consommation maternelle ou infantile de fruits est corrélée avec de meilleures aptitudes cognitives du nourrisson et du jeune enfant”.

Par contre, il faut différencier jus de fruits et boissons sucrées. Les capacités cognitives du fœtus se développeront favorablement ou pas selon que la maman boit des jus de fruits ou des boissons sucrées. Ainsi, si l’on reprend quelques points des points précédents, il ne fait pas bon être pauvre dans notre société.

L'accès à de la nourriture de moindre qualité amène des problèmes d’obésité, des problèmes de diabète, des problèmes cardiaques, des problèmes sanguins, des cancers, de l'inflammation, du vieillissement prématuré, de la goutte et des faiblesses cognitives.

Quels autres genres de problèmes peuvent affecter le cerveau ?

“Plasticité neuronale

Une étude parue en 2002 dans la revue Neuroscience conclut qu'un régime riche en matières grasses et en sucre raffiné diminue la plasticité neuronale et les capacités d'apprentissage. Toutefois, selon une autre étude parue en 2008 dans la revue Nature Reviews Neuroscience, les lipides, notamment insaturés et oméga-3, ont un effet bénéfique sur la fonction cognitive et la plasticité neuronale”.

La plasticité neuronale est liée à notre capacité à apprendre et à régénérer le cerveau. Avec le grand âge, cette plasticité diminue tout au long de la vie. Mais si cet état est naturel, les problèmes de plasticité neuronale à 4 ans, 10 ans ou 15 ans ne sont pas normaux du tout, surtout pendant les périodes scolaires.

Peut-être les restaurants scolaires, en plus de réduire les apports en sucre peuvent aider les cerveaux défaillants de leurs élèves en cuisinant avec des lipides insaturés et des oméga-3. Il serait intéressant de lancer des recherches sur tous les aliments qui peuvent booster la plasticité neuronales et en faire des livres de recettes.

“Glucose et performance mentale

Le cerveau, réseau dense et actif de neurones, a constamment besoin de glucose (dont le sucre est une des sources), mais n'est pas capable de le stocker. Son apport doit être continu grâce au système de régulation de la glycémie de l'organisme. Les études qui associent sucre et performance mentale sont principalement réalisées sur le glucose.

Il a été démontré que l'administration de glucose peut améliorer le fonctionnement cognitif, en particulier la mémoire à court terme et l'attention. Cependant une telle administration conduit à un pic de glucose disponible ce qui a des effets délétères sur les capacités cognitives à long terme. À l'inverse, il faut éviter les pics et creux de glucose disponibles, ce qui peut être atteint avec un régime pauvre en acides gras saturés et à faible indice glycémique”.

Avoir une alimentation équilibrée, faite avec les bons nutriments, et manger régulièrement sont les règles de base pour éviter les hyperglycémies ou les hypoglycémies. C’est la base, mais, il y a un travail à faire au sein des familles et au niveau des budgets familiaux ou de la fourniture des bons aliments auprès des familles pauvres.

Il y a quelques semaines, Genève a voté : Oui, pour le droit de l’alimentation pour tous. C’est le début de nouvelles façons de faire et de penser la gestion des populations. Plutôt que de traiter les effets, l’idée est de traiter la source des problèmes. L'idée est intéressante à suivre.

“Comportement addictif

Une étude publiée en novembre 2001 montre que l'excès de consommation de sucre chez des rats induit des comportements addictifs similaires à ceux de la consommation de drogue. D'autres études montrent des parallèles et recoupements entre la consommation de sucre chez des animaux et la consommation de drogues, à la fois d'un point de vue cérébral et comportemental. On retrouve notamment des effets comme l'envie, la tolérance, le sevrage, la dépendance. Une étude menée en 2007 sur des rats montre que le sucre a un potentiel addictif plus élevé que la cocaïne. Certains chercheurs mettent en garde contre l'extrapolation de ces conclusions à l'humain”.

Il faut rester prudent sur ces sujets mais chacun autour de nous a pu constater des crises plus ou moins violentes d’enfants à qui les boissons sucrées étaient refusées. Quand il n’y a plus de jus d’orange dans votre frigo, vous ressentez un manque. C’est une expérience que beaucoup d’entre nous avons vécu. Il faut creuser le sujet. Comme il faut creuser l’hypothèse qu’il y a des gens qui ont des terrains plus favorables que d’autres au développement des addictions. 

Les études sont toujours longues, mais si les résultats se confirment, alors il faudra prendre des décisions importantes et radicales au sujet de ces nutriments.

“Stress

Une partie des études montrent également l'implication des boissons et préparations très sucrées dans les cas de stress oxydant et inflammatoire”.

En fait, cela veut dire que l’ingestion de boissons sucrées fait vieillir prématurément toutes les cellules de notre corps et donc va limiter notre longévité.

Santé bucco-dentaire

“Une écrasante majorité de scientifiques associe la consommation de sucre avec l'apparition de caries dentaires.
Trois études au niveau national ont pu comparer l'apparition de caries chez une population recevant moins de 5 % de l'apport calorique quotidien en sucre et une population qui en reçoit entre 5 et 10 %. Elles ont pu être menées dans le cadre de la fin de la Seconde Guerre mondiale, où la consommation de sucre est passée de 15 kg par personne et par an avant la guerre à 0,2 kg en 1946. Elles ont permis d'observer une baisse des caries dentaires”.

Le sucre et la carie dentaire ont une longue histoire d’amour toxique. D’ailleurs dans beaucoup d'écoles des contrôles bucco dentaires sont réalisés d’office comme faisant partie de la santé publique. Les chiffres globaux confirment cette corrélation même si nous ne sommes pas égaux devant les caries. Dans une même fratrie avec la même alimentation, un enfant peut avoir toutes ses dents cariées alors que son frère et sa sœur n’auront pas de caries.


Si le sucre adoucit certains aliments au palais, son industrialisation au 19ème siècle en a fait un aliment commun et peu cher qui, consommé en excès, fait tourner les services médicaux à plein régime.

Consommer du sucre de façon modérée fait partie de notre hygiène de vie qui doit trouver des alliés par les cantines, les écoles, les enseignements, le remaniement des modèles sociaux, mais aussi l’accès à meilleurs coûts aux aliments sains qui pourraient se substituer à cette sur consommation mondiale de sucre.

Source Wikipedia - Effets du sucre sur la santé
https://fr.wikipedia.org/wiki/Effets_du_sucre_sur_la_sant%C3%A9

Source Image - Pixabay - intheworld87


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