Le siècle du numérique a révolutionné l’ensemble des activités humaines; la pandémie Covid19 qui est d’ailleurs le contexte de rédaction de ce travail, l’a encore plus accentué. Faire des courses en ligne, suivre un cours à distance, mais aussi visiter un musée étant chez soi… tout cela et bien d’autres choses encore sont possibles.
Si l’activité muséale se trouve totalement changé, et suscite des inquiétudes liées au risque de réduction de visite des vrais musées, de substitution du musée réel par celui virtuel, Léo Verdoncq dans son mémoire de Master, voit pourtant en cela une possibilité de faire connaître aux jeunes apprenants des objets culturels chargés d’histoire, suivant une recommandation du parcours d’éducation artistique et culturel (PEAC). Même si «le virtuel ne procure pas la sensation incomparable (…) d’une œuvre unique dans un lieu chargé d’histoire».
En dépit de ce constat, le chercheur dans le cadre de son étude se donne plusieurs objectifs parmi lesquels la confrontation des visites réelles et virtuelles dans une perspective complétive d’abord, ensuite, il cherche sa plus-value en termes de contribution aux apprentissages et au désir d’apprendre, et enfin, il questionne la capacité de la visite virtuelle à modifier le rapport de l’élève de cycle 3 à l’œuvre, au musée et à l’enseignement artistique et culturel. Plusieurs interrogations surviennent à cet effet :
- Une démocratisation des outils numériques (pour travailler, pour communiquer, pour apprendre, pour se divertir) est-elle encouragée par le confinement ?
- L’envie d’être en contact avec la culture, avec les arts, a-t-elle augmenté avec la crise sanitaire ?
- L’usage et/ou l’envie d’utiliser les outils de réalité virtuelle ont-ils augmenté ?
- La visite virtuelle reste-elle un outil marginalisé et jugé anecdotique ?
- Quelle est la portée éducative de la visite virtuelle ? Subit-elle un impensé didactique et pédagogique ?
- Quelle mise en œuvre par les enseignants ?
Afin de rendre compte de l’essentiel du mémoire, l’on procèdera par une présentation du cadre théorique, ensuite une communication de la méthodologie de cette recherche, et enfin les résultats auxquels le chercheur est parvenu.
I. Cadre théorique
Ici, Leo Verdoncq retrace d’abord l’origine de l’introduction des cours d’arts plastiques dans les programmes scolaires, ensuite dégage l’importance de la confrontation directe aux œuvres et celle d’une visite virtuelle, et enfin souligne les limites de cette dernière et son apport pédagogique.
Dans cette partie, le chercheur s’appesantit sur la confrontation directe des œuvres par les élèves. Il en ressort que les pratiques culturelles et artistiques résultent de la Refondation de l’École de la République. Laquelle implique une éducation à l’art et par l’art, en donnant la possibilité aux apprenants de « s’approprier les lieux, comprendre les codes qui les régissent, se comporter en spectateur, éduquer le regard, exprimer des émotions devant les œuvres regardées, etc. » (Deronne 2017), en vue de mieux appréhender le monde contemporain (le Haut Conseil de l'éducation artistique et culturelle - La charte pour l'éducation artistique et culturelle, juillet 2016).
Par la suite, le chercheur dévoile l’apport de la confrontation directe des œuvres d’art. Il reconnaît qu’elle a pour bénéfice l’ancrage au réel créant un effet de « dépaysement et nouveauté » (Jacobi D., Coppey, 1995) favorable à l’apprentissage d’une part, et d’autre part, à se cultiver grâce aux interactions sociales. Qu’en est-il donc d’une visite virtuelle ?
Si la numérisation des lieux culturels semble de prime à bord mettre en péril les musées réels, de par la démocratisation des objets d’art, le chercheur note pourtant que les visites réelles et virtuelles sont complémentaires (Marc Terrisse 2013), sachant que la dernière offre plus de permet l’attractivité du public jeune, mais surtout la stimulation du désir d’apprendre grâce à une interaction multisensorielle qu’offre la visite virtuelle, ayant pour effet de découvrir les œuvres d’art à nouveau. En dépit des multiples avantages de la visite virtuelle, il s’avère qu’elle présente des limites.
Comme limite, Leo Verdoncq, par le biais de Marc Terrisse, mentionne l’incapacité de la visite virtuelle de reproduire dans son intégralité l’expérience sensorielle et l’effet de « dépaysement et nouveauté ». Et aussi, elle crée difficilement l’interaction sociale qui n’est que pur enrichissement comme c’est le cas lors de la visite réelle. Toutefois, sa portée didactique a été soulevée.
Contre toute attente, malgré la considération anecdotique de la visite virtuelle par les enseignants, elle garantit l’interactivité, la participation, l’implication et l’appropriation des œuvres rencontrées et des lieux visités, à condition que l’enseignant se charge de la préparation des élèves pour garder l’effet de surprise que leur procurera la découverte d’une œuvre d’art.
Toute étude est réalisée sur la base d’une méthodologie : celle-ci n’y échappe pas.
II. Méthodologie
Les réponses au questionnement susmentionnée imposent la convocation des méthodes qualitatives et quantitatives à travers la distribution d’un questionnaire auprès des enseignants, stagiaires, et aux étudiants du Master MEEF.
Outre ces méthodes, on note une expérimentation auprès des apprenants du projet mêlant TICE et enseignements de l’histoire de l’art, afin d’observer l’effet pédagogique de la visite virtuelle sur l’apprenant. Après avoir collecté des données, le chercheur est parvenu à des résultats.
III. Résultats
Léo Verdoncq conclut que :
- Une démocratisation des outils numériques est encouragée par le confinement .
- L’envie d’être en contact avec la culture, avec les arts, a augmenté avec la crise sanitaire.
- L’usage et/ou l’envie d’utiliser les outils virtuels n’ont pas augmenté.
- La visite virtuelle reste un outil marginalisé et jugé anecdotique.
- La visite virtuelle a une portée éducative en ce sens qu’elle est motivante, aiguise la curiosité de l’apprenant qui reste tout de même guidé par l’enseignant.
En guise de conclusion l’on retient que la visite virtuelle éveille la curiosité des élèves, leur désir d’apprendre et leur donne une sensation d’autonomie, mais ne pourrait en aucun cas remplacer la visite réelle ; elles se complètent. Malgré les résultats obtenus, il est encore difficile de mesurer la modification des rapports de l’élève au musée.
Illustration : Klyaksun sur DepositPhotos
Référence
Verdoncq Léo,2021, « Entre arts, culture et numérique : quand la visite virtuelle contribue aux apprentissages et cultive le désir d’apprendre », Education, en ligne https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03635096
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