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Publié le 01 avril 2025 Mis à jour le 04 avril 2025

Les dettes éternelles : comment naviguer dans l'ère de l'endettement

Des dettes records, année après année...

Déficits pays UE

En 2025, la dette mondiale atteint un niveau record de 300 trillions de dollars, comme le montre ce graphique de Bravos Research.


Cette croissance exponentielle découle du laxisme budgétaire des États et des politiques monétaires des banques centrales, qui ont encouragé un endettement massif depuis le 11 septembre 2001. On voit que l'augmentation des dettes est un processus initié après 1971, lorsque Nixon a suspendu la convertibilité du dollar en or qui contraignait les gouvernements à une certaine rigueur. S'en sont suivis les accords de la Jamaïque en 1973 officialisant les taux flottants.

Les budgets publics, en croissance constante pour financer le service de la dette, pèsent sur le secteur privé, créant des défis pour les jeunes générations. Comment l’éducation peut-elle préparer les étudiants à comprendre et influencer ce paysage financier complexe ?

L’endettement des États : un cycle soutenu par les politiques monétaires

Les dettes publiques s’accroissent sans cesse. C'est un fardeau que les États gèrent en « roulant » leurs dettes : ils émettent de nouvelles obligations sur les marchés financiers pour rembourser les dettes arrivant à échéance, un mécanisme facilité par les politiques monétaires expansives. Les banques centrales, comme la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE), ont maintenu des taux d’intérêt bas ou nuls après la crise financière de 2008, puis prolongé ces politiques avec des interventions comme « Whatever it takes » de Mario Draghi en 2012, souvent en dépassant les limites budgétaires européennes, telles que celles du Traité de Maastricht (limitation de la dette à 60 % du PIB).

Cette baisse constante des taux jusqu’en 2021 a stimulé une bulle immobilière massive, avec des prix des logements augmentant de manière disproportionnée dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, et la France – par exemple, les prix médians des logements aux États-Unis ont bondi de 40 % entre 2012 et 2022, selon la Federal Reserve. Ce phénomène a également gonflé la valeur des actifs financiers, tels que les actions et obligations, profitant surtout aux tranches plus âgées disposant déjà de ces actifs, comme les retraités propriétaires de logements ou d’investissements boursiers.

Cette politique monétaire a encouragé un endettement public massif, mais la résurgence de l’inflation, liée à des chocs comme la pandémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine, a forcé une hausse des taux (ex. Fed à 5,25 % en 2023, BCE à 4 %), rendant le service de la dette (paiement des intérêts) plus coûteux. Par exemple, des pays comme la France (113,8 % du PIB) et la Belgique (105,6 %) ont des dettes importantes et doivent désormais payer des intérêts bien plus élevés, accentuant la pression budgétaire.

Les budgets publics, en croissance pour absorber ces coûts, concurrencent le secteur privé en drainant les capitaux disponibles, limitant les investissements dans les entreprises et l’innovation.Les déficits de la France et de la Belgique culminent à respectivement 5,5% et 4,2%. Source

Ajoutons que cela crée une défiance envers les monnaies fiduciaires, illustrée par la hausse des cours de l’or – passant de 1 800 $ l’once en 2020 à plus de 3.100 $ en 2025 reflète les inquiétudes sur la soutenabilité de cet endettement, ajoutant une couche de complexité au paysage économique.

Les défis pour les jeunes : un paysage financier complexe

Les jeunes générations affrontent des dettes estudiantines, des hypothèques inaccessibles et une économie où les budgets publics croissants limitent les opportunités du secteur privé. La bulle immobilière, alimentée par les taux bas jusqu’en 2021, a rendu l’accès à la propriété de plus en plus difficile pour les jeunes, tandis que les tranches plus âgées, propriétaires de logements ou d’actifs financiers, ont vu leur patrimoine s’apprécier considérablement. 

En Belgique, les prix des logements ont augmenté de 42 % depuis 2015 rendant l’achat d’un bien immobilier hors de portée pour beaucoup de jeunes, qui doivent désormais emprunter à des taux plus élevés après 2021.

Dans ce contexte, les États rivalisent pour attirer les capitaux étrangers – fonds souverains, institutions, investisseurs – afin de refinancer leurs dettes croissantes. Cette concurrence peut mener certains pays, perçus comme risqués (ex. nations en développement ou européens fragiles comme la Grèce en 2010), à émettre des obligations qui ne trouveront pas preneur, risquant une exclusion des marchés financiers et une crise de solvabilité.

Les marchés financiers, les créanciers et les spéculateurs exploitent cette instabilité, tandis que la numérisation (crypto-monnaies, DeFi) et la hausse des cours de l’or compliquent davantage le paysage. La défiance envers les monnaies fiduciaires, matérialisée par l’or atteignant des sommets historiques, souligne les incertitudes économiques, rendant la navigation encore plus ardue pour les jeunes sans une éducation adaptée.

Le rôle des institutions éducatives : préparer à un monde endetté

Les écoles et universités doivent équiper les étudiants pour ce paysage financier complexe. Cela passe par une littératie financière approfondie : comprendre le roulement des dettes, les impacts des taux bas puis haussiers, les bulles immobilières et la valorisation des actifs dues aux politiques monétaires, ainsi que les risques de dettes sans preneurs (Lusardi & Mitchell, Financial Literacy).

L’éducation doit aussi expliquer comment les politiques monétaires depuis 1971, en maintenant des taux bas jusqu’en 2021, ont favorisé une bulle immobilière et un gonflement des actifs, avantageant les tranches plus âgées, tout en analysant les effets des budgets publics croissants sur le secteur privé et la défiance envers les monnaies fiduciaires, illustrée par les cours de l’or en hausse (passant de 1 800 $ l’once en 2020 à plus de 2 500 $ en 2025).

Des simulations pratiques – comme des ateliers sur la gestion budgétaire, des études de cas sur la bulle immobilière, la concurrence pour les capitaux, ou les effets de la défiance monétaire – et des projets pour promouvoir des réformes économiques peuvent préparer les étudiants. L’éducation doit leur offrir des outils pour naviguer et contribuer à un système financier durable, en équilibrant l’interventionnisme étatique et les dynamiques privées, tout en tenant compte de la défiance monétaire croissante signalée par l’or.

4. Influencer l’avenir : l’éducation comme moteur de stabilité

L’éducation économique peut stabiliser ce système en formant des citoyens capables de comprendre:

  • la politique budgétaire,
  • la politique monétaire,
  • la gestion des dettes publiques, leurs roulements et les impacts des politiques monétaires.

Un défi majeur persiste : l'éducation économique. Par exemple, en Belgique, les élèves de l’enseignement général de transition ne reçoivent pas de cours d’économie, sauf s’ils choisissent cette option. Cette lacune rend les jeunes vulnérables car ils manquent d’outils pour analyser les réalités économiques complexes, les rendant des cibles faciles pour les partis extrémistes. Ces partis, en promettant des mesures irréalistes comme des retraites précoces, des allocations généreuses ou des services entièrement financés par l’État, ignorent les contraintes budgétaires et monétaires, telles que la croissance des dettes publiques et la hausse des taux d’intérêt.

Pour assurer la stabilité du système économique, une éducation économique renforcée est essentielle, mais elle doit s’accompagner d’une action étatique : l’État doit réduire ses dépenses, en particulier ses coûts de fonctionnement – comme les dépenses administratives, l’accroissement du périmètre du secteur public,ou les investissements non productifs qui sont en réalité des dépenses, afin de limiter les déficits et donc la croissance des dettes publiques.

Une éducation économique approfondie, incluant des cours sur les budgets, les politiques monétaires, les bulles immobilières et la monnaie peut préparer les jeunes à évaluer les politiques menées, les programmes des partis politiques et voter en citoyens responsables.

Conclusion

Les dettes des États et des individus augmentent, alimentées par l’interventionnisme étatique et les politiques de taux bas depuis 1971, puis compliquées par leur hausse récente, les bulles immobilières et la valorisation des actifs favorisant les tranches plus âgées.

Les budgets publics croissants pèsent sur le secteur privé, tandis que la défiance envers les monnaies fiduciaires, illustrée par les cours de l’or en hausse (de 1 800 $ à 3 1500 $ l’once entre 2020 et 2025), ajoute une couche de complexité.

L’éducation peut équiper les étudiants à comprendre, naviguer et influencer ce système, en instruisant aux politiques monétaires et budgétaires équilibrées. Comment les écoles peuvent-elles devenir des leviers pour une économie durable, face aux risques d’un endettement impayable, d’une bulle immobilière persistante, et d’une instabilité monétaire ?


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