Publié le 08 décembre 2025Mis à jour le 10 décembre 2025
Avons-nous perdu le sens de l'amour?
Croyonns-nous encore en ce sentiment en cette époque?
La question amoureuse est sociologiquement très intéressante, comme le montre la sociologue Eva Illouz. Surtout aujourd’hui, où le modèle est en pleine transformation.
À une époque, l’amour n’était pas un élément essentiel du mariage. Puis, il est devenu un idéal à atteindre, une sorte d’image d’Épinal qui a bercé les comédies romantiques et les Disney, entre autres. Actuellement, la quête d’amour est compliquée par deux sentiments opposés, selon la sociologue.
D’un côté, nous avons une société qui mise beaucoup sur la rationalité, sur l’indépendance, l’amour de soi au profit de celui des autres et
de l’autre, tomber amoureux est devenir vulnérable, développer une légère dépendance à un autre, etc.
D’ailleurs, la sociologue a du mal avec l’idée que nous devrions nous aimer totalement nous-mêmes. La reconnaissance, un besoin important de l’humain, vient d'autrui.
De plus, le modèle actuel des sites de rencontre et des Tinder de ce monde a rendu la chose plus marchande. On a tous une liste en tête de choses que l’on souhaite et on choisit ceux qui semblent correspondre à nos attentes. Or, l’attirance pour la sociologue vient de choses qui ne se caractérisent pas tellement. C’est un ton de voix, un sourire, un clin d’œil, un rire, etc. Par conséquent, on se retrouve tous comme des pots sur une étagère de magasin à espérer être élu. Cette liberté a mené à un certain désenchantement, tel que le disait Max Weber, de la vision amoureuse.
Est-ce que, pour autant, on doit revenir à moins de liberté ou même à interdire les approches nouvelles qu’ont apporté les mouvements queers et féministes ? Absolument pas, selon elle. Il faut surtout réinventer le modèle afin qu’il soit moins froid, moins marchand et qu’il laisse la place à la vulnérabilité à une époque où celle-ci est mal vue.
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