L’effondrement n’est pas une chute brutale, mais une transformation
Notre obsession pour la chute des empires omet de nombreux facteurs
Nous sommes souvent obsédés par les civilisations anciennes et surtout leur effondrement. Nous voyons des ruines d’antiques palais, temples et autres et nous nous mettons à fantasmer ce qui a pu mener ces si beaux endroits à leur déchéance. Parce que si la majorité des civilisations connues ont eu leur apogée, elles ont toutes fini par choir et disparaître.
Toutefois, nous avons souvent une vision brutale et très morale sur la fin des peuples alors que la réalité est bien plus complexe. Par exemple, l’historien Gibbons au 18e siècle avait théorisé que l’Empire romain s'était effondré à cause d’une soudaine apathie et décadence avec pas mal de corruption. Or, ce qui est dénoncé par lui existait déjà dans les premiers siècles de la civilisation florissante.
La réalité : des changements ont eu lieu, des milieux en périphérie ont commencé à offrir plus d’argent à des seigneurs « barbares », etc. Même chose pour les Mayas qui ont connu, oui, des conflits, mais aussi d’autres problématiques environnementales ainsi que la colonisation européenne qui ont joué sur la fin de leur règne en Amérique centrale.
Peut-être, plutôt que de se pencher sur la potentielle chute de nos sociétés, serait-il plus judicieux d’assumer que des choses ont changé et que nous ne pouvons plus faire comme au, 18e, 19e ou 20e siècle. Les empires ont souvent disparu dans leur incapacité à s’adapter au monde les entourant ou en se mettant à dos leurs voisins.
Si on optait pour l’inverse, nous verrions encore une fois la résilience humaine. Car, malgré les «effondrements», des peuples ont persévéré. Ainsi, il existe encore 7 millions de Mayas au Mexique et dans les pays avoisinants. Ils n’ont plus la gloire d’antan, mais ils continuent à marcher sur leurs terres. Voilà une belle leçon à retenir.
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