Articles

Google Art Project, la galerie numérique du monde

Lancé en février 2011, Google Art Project invite les internautes à visiter virtuellement des musées partout dans le monde.

Par Cécile Chandran , le 17 avril 2012 | Dernière mise à jour de l'article le 24 mars 2013

Plus d’un an après son lancement, le Google Art Project s'est confortablement installé dans le paysage culturel sur la Toile. Au départ, le site comportait 1 061 œuvres de dix-sept lieux dans le monde. Aujourd’hui, 151 musées ou lieux dédiés à l’art se sont lancés dans l’aventure et contribuent à l'alimentation d'un catalogue impressionnant de 32 000 œuvres. La numérisation en 3D de chacune d’entre elles permet à l’internaute de visionner en haute, voire très haute définition tableaux, sculptures ou installations. L’expérience comporte également une visite virtuelle des lieux d'exposition, puisque ce sont souvent des chefs d’œuvres architecturaux. En France, c’est par exemple le château de Versailles qui ravira les curieux du monde entier.

Mode d’emploi


Le site propose une navigation très simple. Trois rubriques principales permettent d’effectuer une recherche par artistes, œuvres d’art ou lieux. L’utilisateur peut également concevoir sa propre galerie en sélectionnant les oeuvres.

La qualité des images est absolument époustouflante et c'est le principal intérêt de ce service. La pâte de la peinture, le grain du papier, la densité du bois ou du tissage... vous sautent aux yeux. En plus du visionnage, le site propose de nombreux services additionnels, tels que des notes explicatives, des cartes, des guides audios... Une section éducation  (exclusivement en anglais pour le moment) a aussi été mise en place, afin d’accompagner les enseignants dans leurs cours. Google a par ailleurs annoncé qu’un section expérimentale serait conçue, en partenariat avec des artistes, dans le but de montrer leurs usages des nouvelles technologies lors du processus créatif. 



Visite virtuelle, visite réelle

Le directeur de ce projet, Amit Sood, explique qu’il souhaite que ce projet “permette une interaction innovante [du public] avec l’art et espère qu’il l’incitera à aller visiter réellement les lieux”. Car si le Google Art Project offre un exceptionnel aperçu de ce qu’on peut trouver dans des musées où il est peut-être difficile d’aller, il ne remplace évidemment pas la visite physique. Ce projet ne se veut pas concurrentiel de la visite sur place et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle chaque musée est libre d’intégrer les créations de son choix, outre les considérations de propriété. Par exemple, impossible pour l’instant d’admirer de près le célèbre Guernica de Picasso, actuellement exposé au musée de la Reina Sofia à Madrid (qu’il est de toute façon impossible d’admirer de près là-bas !). Le musée espagnol a autorisé Google à intégrer 59 œuvres sur le site. Rien ne remplace le voyage, mais le Google Art Project permet à ceux qui n’ont pas cette chance d’avoir un accès précieux à la culture.

 

Le Google Cultural Institute

Le 10 octobre 2012, Google lançait le Google Cultural Institut, un site interactif consacré à l’Histoire et à la Culture. Doté de nombreux contenus relatifs aux évènements marquants de l’histoire du XXe siècle. Plus de 6 millions de documents d’archives, classés selon 42 thèmes, sont disponibles gratuitement en ligne : documents, photographies, manuscrits ou films, provenant des 17 musées et institutions partenaires de ce projet. Chaque section est conçue comme une exposition numérique, à l’aide de diaporamas composés de photos et de légendes. À noter que la plupart des contenus ne sont pas traduits dans toutes les langues pourtant disponibles, mais sont la plupart du temps en anglais.


Google, la main-mise sur la culture ? 

Google continue donc son entreprise d'indexation des chefs d'oeuvres mondiaux. Si l'initiative Google Books a été vivement critiquée par les éditeurs et bibliothèques, très peu de voix discordantes (à l'exception notable de la présidente de Wikimedia France) ne viennent pour le moment perturber le concert de louanges autour d'Art project. Très certainement parce que, à la différence de certains livres numérisés et ajoutés à Google Books, les oeuvres reproduites dans Art project appartiennent déjà au domaine public. Mais les choses risquent de changer le jour où certains voudront utiliser les photos des oeuvres prises par Google : ces dernières sont protégées par le copyright, même quand les oeuvres elles-mêmes appartiennent au domaine public. Ceci ne constitue pas une close spécifique au projet de Google, mais parions que Google saura s'en servir. De plus, au sujet de Google Institute le site Rue89 rapporte que l’entreprise américaine n’a pas seulement une vision philanthropique en investissant dans la culture. Ce projet ne rapporte pas d’argent, comme le rappelle son directeur Steve Crossan puisqu’il fait partie du plan d’investissements de 2010 en France. L’article fait également échos d’une citation de M. Crossan au New-York Times, expliquant “une logique d’investissement là-dedans. […] Avoir du bon contenu sur le Web, dans des standards ouverts, est bon pour le Web et pour les utilisateurs. Investir dans ce qui est bon pour le Web et pour les utilisateurs portera ses fruits.” 


Plus d’informations :

Le site de Google Art Project
La chaîne Youtube de Google Art Project 
Le Canal éducatif à la demande sur Youtube
Le site de Google Cultural Institute

 

Crédit image : capture d'écran du site Google Art Project.

Avez-vous apprécié cette page?

Voir plus d'articles de cet auteur

Accédez à des services exclusifs gratuitement

Inscrivez-vous et recevez des infolettres sur :

De plus, indexez vos ressources préférées dans vos propres dossiers et retrouvez votre historique de consultation.

M’abonner
Je suis déja abonné