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Publié le 27 juin 2022 Mis à jour le 30 juin 2022

Le futur se joue à l'école

Anticiper, créer, projeter l'avenir et créer des bonnes têtes bien faites pour demain

Cyborg

Pour changer d’ambiance cet été, je vous propose de faire un peu de prospective. Récemment j’ai rendu un projet de concours sur le thème suivant :

“Il y a exactement cinquante ans, en 1972, le rapport Meadows parlait de la finitude des ressources et les limites de la croissance. Malgré quelques tentatives pour théoriser une "fin de l'histoire" (qui ne s'est jamais produite), nous ne pouvons que vérifier, impuissants, que le rythme continue de s'accélérer et notre dépendance aux matières premières et à l'énergie augmente, nous plongeant dans une succession de bouleversements (climatiques, sanitaires, politiques et humanitaire).

Dans ce contexte, on ne peut plus espérer créer et préserver des objets et des paysages immuables, parfaits, «finis». La finitude des ressources implique la non-finitude des processus : le temps est désormais la matière première du projet. Comment établir une culture ouverte de l'environnement bâti continu, collectif et capable d'adapter constamment ses formes et fonctions ?”.

Ce sujet proposé par la Biennale Suisse du Territoire 2022, m’a tout de suite interpellée. Je suis rédactrice pour Thot Cursus depuis plusieurs années, j’ai reçu des reconnaissances internationales en matière de management de l’éducation mais, surtout, je suis architecte de formation et je me définie comme urbaniste. Urbaniste des territoires, urbaniste sociale et urbaniste technologique. Être urbaniste, c’est quoi ? C’est avoir une méta vision sur les choses, sur les communautés. C’est comme un philosophe qui ferait de la planification appliquée. 

Le sujet m’a directement interpellé car il touche à notre monde physique limité. Il touche aux populations qui sont les usagers de ce monde physique, mais aussi au croisement technologique que le monde est en train de vivre qui vient compléter notre monde fini par des mondes digitaux infinis. Je parle du Web 3.0 et du metaverse.

Naviguer à vue

Pourquoi j’en parle ici dans cette tribune ? J'en parle pour attirer l'attention au fait que le monde éducatif a loupé le carrefour de l’innovation. Notre monde physique, terrestre est en difficulté et pourtant quelles écoles peuvent se targuer d’avoir formé des experts opérationnels dans le domaine ? Ou d’avoir sensibilisé ses étudiants au bon moment ? Depuis 20 ans, nous surfons sur une vague d’évolution technologique et, à part les geeks fondateurs, qui est formé pour faire tourner et orienter ce nouveau monde ? Les besoins n’atteignent pas les 20% de satisfaction et les écoles, universités et autres forment encore à des métiers obsolètes.

Des creux et des pics démographiques évidents s'annoncent et pourtant personne ne semble les anticiper. D’ici 10 ans, 80% des exploitations agricoles en France manqueront d’exploitants. Une école vient d’être créée en urgence en France mais il en faudrait plus de 100. Où sont-elles ?

Le monde semble avancer par crises. Est-ce normal ? Qui dit crises, dit misère, chocs traumatiques, inégalités sociales… Pourquoi toujours passer par la case régression avant de faire des bonds qui vont laisser tant de gens sur le carreau ? Moi, je ne trouve pas cela normal.

Des fois avec mes collègues, nous nous sentons bien seuls. Ma spécialité, c’est la réparation sociale, celle qui est nécessaire quand la confiance entre les citoyens a disparu. Quand cette confiance disparaît, apparaissent alors les pires atrocités. En République Démocratique du Congo, nous nous occupons de villes, de territoires qui ont des problèmes tellement complexes que tout le monde baisse les bras : le banditisme, les crimes de masse, le braconnage, les commerces illicites, l’exploitation des enfants…  L’origine de ces phénomènes est associée à l’apparition de crises majeures qui changent la norme sociale locale.

La normalité attendue

Qu’est-ce qu’une norme sociale ? C’est un consensus social volontaire ou imposé par la loi ou par la force. Regarder les gens se noyer dans la mer sans ne plus avoir de réaction émotionnelle, c’est une norme. S’habituer à entendre les balles siffler au-dessus de votre tête dans certaines zones du monde, c’est une norme, normalité pour les gens qui vivent dans un écosystème où l’on n’est pas certain de rentrer chez soi le soir venu. Tout ce qui est socialement accepté ou subi sans n'avoir aucune action ni influence sur le sujet est de l’ordre de la norme sociale.

Mais, ce n’est pas parce qu’une norme existe dans une société qu’elle est acceptable pour autant et qu’il faut l’accepter. C’est pour cela que parmi toutes ces normalités locales, le concept de normalité de la Paix et de l’harmonie est à poser, dans Wikipédia et ailleurs comme dans les salles de classes. Car, cette normalité qui est ma normalité, ne l’est plus dans beaucoup d’endroits du monde. Et, c’est un savoir qui est aussi un sujet d’enseignement. 

D’autant que nous sommes en train de créer plein de nouveaux mondes à l’instant où j’écris cet article. Certains de ces nouveaux mondes sont basés sur le sexe, la violence, les jeux d’argent et vont accueillir des millions d’usagers. Où sera la place des enfants là-dedans si nous ne faisons pas attention ? Bien sûr c’est la première vague; après vont suivre le monde de l’entreprise, puis, peut-être ceux de la famille et de la paix. Mais, ce n’est pas encore la tendance du jour, surtout si personne n’en fait la demande et que la valeur économique est faible. Même la recherche fondamentale est financée en majorité par les entreprises et n’est pas tant orientée vers le bien de l’humanité que vers le profit.

Proposition

Je réfléchis à ces sujets depuis pas mal d’années et voici la proposition conceptuelle que j’ai envoyée pour ce concours. Les inscriptions sont closes. Je peux en discuter avec vous.

J’ai imaginé il y a 5 ans un ensemble de technologies de gouvernance de grandes communautés, en même temps que je faisais de l’innovation en apprenance et intelligence collective avec Denis Cristol et d’autres collègues chez Thot Cursus et au même moment j’ai beaucoup collaboré à des projets ukrainiens de réalité virtuelle, de philosophie d’Intelligence collective et artificielle pour des mondes fonctionnant sur de nouveaux modèles… Et de là est né le projet ANTAVERSE (“Grâce aux mondes de la Réalité Virtuelle”).

Les technologies soit devancent, soit suivent des mutations sociales profondes; la décentralisation est l'une d'elles. Aujourd’hui l’école fonctionne toujours sur le modèle hiérarchique. Anticiper l’étape suivante devient urgent, sinon les étudiants devront passer par la case désapprentissage pour apprendre autre chose.

Cette décentralisation induit 2 phénomènes : l’autonomisation et l'auto détermination des communautés de taille humaine. Aujourd’hui la taille humaine pour une communauté, c’est la ville. Depuis quelques années, certaines villes dans le monde ou certains petits états font sécession face à des décisions gouvernementales. C’est loin d’être anecdotique. Nous sommes face à une mutation majeure des gouvernances communautaires. C’est pourquoi, je propose des projets PARKs.

“Le projet ANTAVERSE, un projet de PARKs numérique, est un METAVERSE frugal pour la gouvernance des grandes communautés. RÉGÉNÉRATION MATRIX group (RMX) développe des projets PARKs avec de grandes communautés bénéficiaires.

Un PARK correspond à une communauté regroupée sur un territoire ou plusieurs territoires qui développent des intérêts communs en termes de lois, de gouvernance, d'outils, de gestion de sa sécurité, de sécurité urbaine, humanitaire, climatique, politique, de protection de la nature et de gestion de ses ressources naturelles.

RMX développe également des outils de gestion de communauté numérique.

Notre proposition est de créer une porte physique affichant le monde semi-numérique, ou semi-réel d'ANTAVERSE dans le magnifique parc de la Villa Saroli à Lugano”.

Pourquoi frugal ? La frugalité est le contraire de la gourmandise. Demain, le monde digital va s’approprier une grande partie des ressources mondiales pour exister. Pensons à la pérennité. Mais, si la pérennité n’est pas enseignée dans les écoles, alors, qui va le faire et surtout au bon moment  ? L’école a une grande responsabilité dans la mise en place du monde de demain.

C’est le lieu où se jouera le futur de l’humanité.

Source image Pixabay : Ronymichaud


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