Le changement de cap de Facebook vers Meta en 2021 par Mark Zuckerberg a été accueilli avec beaucoup de scepticisme par les internautes et ses collaborateurs. Facebook avait justement besoin de cette cure de jouvence afin d’assurer sa survie dans un univers virtuel en perpétuel évolution. Espace virtuel ludique ou d’apprentissage, à chacun de faire du metaverse ce qu’il veut suivant ses attentes. Mais qu’est-ce c’est le metavers exactement ?
Dérivé du mot anglais « metavers », il est l’association de deux termes « meta » et « univers », dont l’addition renvoie à un univers au-delà de la réalité. C’est dire que le metavers est un espace de réalité virtuelle dans lequel tous les aspects de la vie réelle sont intégrés. Considéré comme une « évolution hypothétique de l’internet », se pencher sur cette question en faisant le lien avec l’éducation semble être une entreprise intéressante. D’autant plus que, le metavers offrirait une expérience virtuelle exceptionnelle à forte portée pédagogique. De ce fait, en quoi le metavers serait-il l’outil pédagogique de l’avenir ? Cette question permet de dégager certains aspects qui font du metavers un atout pour l’enseignement.
Passer de la théorie à la pratique
Dans les filières scientifiques principalement, l’existence et la vie en laboratoire est une phase importante de l’apprentissage qui vient renforcer les informations reçues en cours théoriques. Mais, dans un environnement où les équipements de laboratoire sont presque inexistants pour ne pas dire absents, l’acquisition des compétences dans un environnement pareil est impossible. Pour être plus clair, prenons l’exemple d’un étudiant en médecine qui voudrait extraire une tumeur d’un cobaye. Malheureusement, en l’absence d’équipements, l’on convient que ses connaissances ne vont rester qu’une simple théorie. Du coup, il aura du mal à prendre en charge des tâches très techniques. Il sera dès lors un médecin en théorie et non en pratique. On n’ose même pas imaginer ce qui pourrait advenir d’un patient qui serait sous la charge d’un tel médecin !
Et pourtant, le metavers donne l’opportunité à l’apprenant de s’exercer cette fois-ci non pas sur un simple cobaye, mais sur un être humain bien évidemment dans la réalité virtuelle. Cette expérience offre une chance aux apprenants d’avoir des cours pratiques se rapprochant de la réalité. Cet avantage que propose le metavers n’a par conséquent, aucun effet sur la réalité. Toutefois, l’étudiant peut constater sa progression au fil de l’exercice. On le perçoit, le metavers se convertit en un outil pédagogique incontournable dans certains domaines comme celui de la médecine, particulièrement pour certains pays d’Afrique subsaharienne dans lesquels le manque d'équipement de laboratoire est criant. En plus de palier à l’absence de plateau technique pour les étudiants, le metavers met fin aux barrières linguistiques.
La fin des barrières linguistiques
On a tous eu besoin d’apprendre quelque chose de nouveau dans notre vie soit pour pouvoir tenir un discours cohérent devant des spécialistes d'un domaine, soit pour ajouter une nouvelle corde à son arc et être polyvalent. Mais plusieurs obstacles ont rendu l’entreprise difficile, et on a fini par jeter l’éponge et « redescendre sur terre ». En effet, la quête du savoir est un chemin jonché d’embûches qui impose à l’apprenant une ouverture d’esprit, que malheureusement tout le monde ne possède pas. Cette ouverture d’esprit implique la polyglossie. Apprendre une nouvelle langue n’est pas toujours chose aisée même si cela dépend de la volonté et de l’objectif de l’apprenant. En tout état de cause, la langue, ou du moins sa non-maîtrise peut constituer un frein pour l’apprentissage, l’accès à la connaissance. En effet, si les langues les plus parlées dans le monde sont l’anglais, le mandarin, l’espagnol et le français, lesquelles sont traduites par les logiciels de traduction tels que Google translate ou Deepl, 20% du monde ne parle aucune de ces langues. Du coup, la communication, le transfert de savoirs sont rendus impossibles.
Fort heureusement, le metavers est conçu de telle sorte que la barrière linguistique ne saurait constituer un obstacle pour l’apprentissage. En fait, le projet Meta imaginé par Mark Zuckerberg rend « la traduction orale instantanée sans devoir passer par l’écrit qui éviterait l’effet de latence, contrairement aux services de traduction déjà existants demandant obligatoirement une retranscription écrite avant la traduction vers la langue cible ». On le remarque, avec cette marque d’originalité, le metavers a des atouts pour devenir l’outil d’apprentissage du futur. Un futur qui se veut de plus en plus interconnecté. Cette réalité permet d’annoncer l’aspect suivant qui est celui de la décentralisation des savoirs.
Décentralisation de la connaissance
La pandémie à Covid-19 a permis de remettre au grand jour l’indispensabilité de l’internet. Sa capacité à réduire la distance, la facilité d’accès à la connaissance tout en restant chez soi, tels sont les atouts qu’a offert l’internet pendant que sévissait cette pandémie. Entendu comme l’internet du futur, le metavers ne reste pas à l’écart de cette mouvance. Cet outil garantit la circulation des connaissances. Il va à l’encontre de la conception traditionnelle de la classe, qui est concentrée sur un seul enseignant qui a des prises de position sur un certain nombre de sujet donné. Lesquelles prises de position parfois ne cadrent pas avec ceux de l’apprenant.
Le metavers dans ce cadre, est alors une opportunité pour avoir plusieurs points de vue sur une question donnée. Car, ici, l’apprenant peut entrer en contact avec d’autres enseignants de zones géographiques diverses, en passant d’une salle de conférence à une autre, grâce à son avatar et son casque de réalité virtuelle.
Il finit ainsi, à se faire une idée globale sur la question en se formant lui-même. On assiste de ce fait, à une décentralisation et à une délocalisation de la connaissance. Ceci représente une opportunité d’apprentissage pour des personnes en quête de savoir, peu importe leur localisation géographique. Cet apprentissage par le vécu favorise par la même occasion la mémorisation, la compréhension et l’ancrage des connaissances dans la réalité virtuelle. On se rend compte, le metavers peut représenter un atout pédagogique pratique, de décentralisation de la connaissance et de dissolution des barrières linguistiques. Toutefois, il est nécessaire de renforcer les pares-feux de sécurité pour éviter les cas d’usurpation d’identité, de harcèlement.
Références
- Fabre Emilie, 2023, « Qu’est-ce que le Metaverse ? Comment ça marche ? », en ligne https://urlz.fr/l9po
- Mocogni Clara, 2022, « Meta: Vers la fin des barrières linguistiques à travers le monde grâce à l’IA », en ligne
http://decodagecom.be/meta-vers-la-fin-des-barrieres-linguistiques/
- Terrier Marie, 2022, « Le métaverse devait sauver Facebook, mais Mark Zuckerberg peine à convaincre », en ligne
https://www.huffingtonpost.fr/international/article/le-metaverse-devait-sauver-facebook-mais-marc-zuckerberg-peine-a-convaincre_209442.html
- Tortorici Stéphanie, « Le metaverse est-il l'avenir de l'éducation ? », en ligne
https://www.magicmaman.com/metaverse-education-avenir-professeur,3705977.asp
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