Côte d’Ivoire : évaluation des usages de l’Internet***
Le développement Tic a eu son point de départ en Côte d’Ivoire en 1995 avec l’avènement de la téléphonie mobile suivie par Internet.
Publié le 24 octobre 2023 Mis à jour le 24 octobre 2023
En France et dans bien d'autres pays, il existe des zones d'éducation dites « prioritaires », les ZEP. Dans ces zones, des dispositifs particuliers sont mis en place pour réduire les écarts observés au niveau national. C’est ainsi que plusieurs enseignants de l’Académie de Créteil, par exemple, bénéficient de primes particulières pour les encourager à travailler dans ces zones. Également, il existe des solutions d'accompagnement comme l’« étude » ou le « pacte » qui sont des missions complémentaires des enseignants dans ces zones.
L’étude est prise en charge par la mairie et le « pacte » par le gouvernement. Pendant ces heures supplémentaires, les enfants en difficulté sont pris en charge par des enseignants. Ce dispositif est censé améliorer les résultats des apprenants; mais est ce vraiment le cas?
La création des zones d'éducation prioritaires en France date de 1981. Cette décision est la conséquence d’un échec scolaire avéré dans des environnements précis comme le résume ce texte sur le site Eduscol :
« Des travaux de sociologie ont ainsi révélé l’importance de l’origine sociale des élèves, en insistant notamment sur le rôle joué par « l’environnement familial et social », et plus particulièrement par le niveau d’instruction des parents sur la réussite scolaire. Ces recherches montrent également comment inégalités sociales et disparités spatiales se conjuguent et se renforcent. De fait, elles conduisent à la concentration d’élèves ayant de grandes difficultés scolaires au sein de certaines zones.»
Le concept de zone d'éducation prioritaire s’est ensuite exporté et atteint des pays comme le Cameroun. En 2005, le gouvernement camerounais adopte ce terme pour désigner des zones ayant besoin d'accompagnements particuliers : les provinces de l’Extrême- Nord, du Nord, de l’Adamaoua, du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, les poches de sous-scolarisation des grandes agglomérations et des zones frontalières. Mais en 2013, Herrick MOUAFO DJONTU fait remarquer après une étude du terrain que ce concept est resté plus un slogan et n’a vraiment pas été appliqué au Cameroun. Ce qui n’est pas le cas de la France.
De 1981 à 2022, on est passé de zone du concept d’éducation prioritaire (ZEP) à celui de réseaux d’éducation prioritaire et réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP et REP+), en passant par les «réseaux ambition réussite» et «réseaux de réussite scolaire» (RAR et RRS ) et, les écoles, collèges, lycées pour l'ambition, l'innovation et la réussite (ÉCLAIR). Toutes ces solutions ont certainement eu des effets positifs mais n’ont pas permis de réduire les écarts si on se réfère aux nombre d'établissements scolaires concernés. On est passé de 3 730 écoles et 503 collèges et lycées concernés en 1982 à 6 636 écoles et 1 092 collèges et lycées en 2022.
Ce bilan mitigé est en partie dû au fait que les principales causes des échecs sont souvent hors de l’école. Le déséquilibre scolaire puise ses origines dans d’autres déséquilibres.
« Les élèves vivant en famille monoparentale sont ainsi moins nombreux à parvenir en seconde générale et technologique quatre ans après leur entrée au collège : moins de la moitié des élèves vivant avec un seul de leurs deux parents est scolarisée en classe de seconde générale et technologique quatre ans après leur entrée en sixième, alors que les deux tiers des élèves vivant avec leurs deux parents le sont. Cette situation s'explique notamment par un risque de redoublement au collège plus élevé : lorsqu'ils vivent en famille monoparentale, 15 % des élèves ont connu au moins un redoublement durant les quatre premières années d'études secondaires contre seulement 8 % des collégiens élevés par leurs deux parents.”
Au demeurant, le déséquilibre observé en éducation est la conséquence directe de plusieurs déséquilibres qui entourent l’environnement immédiat de l'apprenant. Il n'est pas suffisant d'accompagner les élèves uniquement à l'école mais de trouver des solutions également hors du cadre scolaire.
Références:
Karien Guy, 2019 , «Le parent par défaut: Un équilibre unique à chaque famille »
http://mamanbooh.com/2019/09/le-parent-par-defaut-un-equilibre-unique-a-chaque-famille.html
Cretin Laurette, 2012, « Les familles monoparentales et l'école : un plus grand risque d'échec au collège ? », DEPP B1 - Bureau des études statistiques sur les élèves
https://archives-statistiques-depp.education.gouv.fr/default/digitalCollection/DigitalCollectionAttachmentDownloadHandler.ashx?parentDocumentId=48028&documentId=48029
Eduscol, (2022), « Éducation prioritaire - repères historiques », https://eduscol.education.fr/3568/education-prioritaire-reperes-historiques
Friant,Nathanaël et al (2008), « Les politiques d’éducation prioritaire en Belgique : deux modes de régulation des effets d’une logique de marché », https://books.openedition.org/enseditions/1927?lang=fr
MOUAFO DJONTU, Herrick (2013), “La notion de Zones d'Éducation Prioritaires (ZEP) au Cameroun : entre impensé, bricolage et informalité.”, https://www.irenees.net/bdf_fiche-analyse-1004_fr.html