Offrir un cadre adéquat à l’apprentissage, est d’une importance capitale pour quiconque, mais il s’avère encore plus primordial pour des jeunes écoliers qui font leurs premiers pas à l’école, compte tenu à leur incapacité à contenir leurs émotions en cas de contrariété de toutes sortes, pouvant affecter négativement leur séjour à l’école et même leur capacité d’apprentissage. Si la gestion des émotions n’est pas toujours associée au processus de scolarisation, elle semble pourtant importante afin d’améliorer le climat de la classe.
C’est dans cette perspective de Sophie Driol propose un sujet de recherche qui a pour point focal le développement des compétences socio-émotionnelles de ses élèves dans un mémoire de master, dont le titre est : Apprendre aux élèves à reconnaître et gérer leurs émotions pour améliorer le climat de classe à l’école maternelle (2018).
Afin de rendre compte de son étude, on procèdera par la présentation de la revue de la littérature, ensuite des questions de recherche et hypothèses, en passant par le cadre méthodologique et enfin les résultats de recherche.
Revue de la littérature
Dans cette rubrique, Sophie Driol développe deux axes majeurs à propos de l’importance de la gestion des émotions à l’école. Tout d’abord, elle se base sur l’apport de la neuroscience à cette question, et enfin elle met en exergue les avancées faites dans les programmes scolaires, en vue d’améliorer le climat de la classe.
Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, je vous propose un petit détour définitionnel, de la notion d’émotion. Sophie Driol dans son mémoire convoque Catherine Gueguen qui définit l’émotion comme la réaction immédiate du corps, reflétant ce que l’on ressent. Elle diffère du sentiment qui s’avère plus durable. Si les émotions sont ressenties par un individu, celles-ci affectent tout de même son environnement. Il n’est pourtant pas l’unique donnée sur laquelle elle exerce une influence.
Selon les neurosciences cognitives affectives et sociales (NSA), les émotions influent sur le développement cognitif et le comportement de l’enfant. Cela fonctionne de telle sorte que les émotions négatives comme le stress constituent une entrave aux apprentissages. En effet, exposé au stress, les lobes frontaux responsables de la gestion des émotions et des processus cognitifs connaissent un dysfonctionnement. Ce qui empêche l’enfant d’émettre un raisonnement objectif. De ce fait, les performances scolaires en prennent un coup et s’ensuivent le manque de concentration, l’absentéisme entre autres.
Et pourtant, lorsque que l’enfant évolue dans un environnement paisible, il se déclenche la sécrétion de l’ocytocine, développant de l’empathie et une disposition à apprendre de nouvelles choses (J.A. Durlak, 2011). Il importe de ce fait, pour les pédagogues, de créer un environnement favorable à l’apprentissage de l’enfant qui fait ses premiers pas dans un tel univers afin de susciter chez lui le goût d’apprendre. L’enseignant détient donc le rôle majeur dans cette entreprise : créer un climat de classe au service du bien-être revient à être bienveillant (Brown, 2015), à inhiber son agressivité (Gueguen, 2018) et favoriser les relations sécurisantes élèves-élèves, et élèves-enseignant.
Après avoir présenté l’importance des émotions pour la facilitation de l’apprentissage, la chercheuse met en exergue quelques outils pouvant agir sur le climat de la classe. Ces outils reposent principalement sur le développement des compétences socio-émotionnelles. Celles-ci passent par l’enseignement aux enfants à reconnaître leurs émotions, les nommer, comprendre leur cause et les réguler (Catherine Gueguen, 2018), dans le but ultime de cultiver la communication non violente (Marshall B. Rosenberg, 2016). Notons que la maîtrise de la compétence socio-émotionnelle est le reflet de l’environnement sur le tout petit, vu qu’il évolue en imitant son entourage.
S’il est vrai que les neurosciences ont apporté énormément de réponses à la nécessite de gérer les émotions à l’école, l’État français s’y est tout aussi intéressé. On l’observe à travers la refondation de l’école de 2013 et de 2015. La première refondation accorde une importance capitale à l’aménagement d’un environnement serein favorisant le bien-être de l’enfant. Étape d’ailleurs déterminante pour la suite de sa scolarisation.
Pour ce qui est de la deuxième refondation, il ressort que le programme de l’école maternelle accorde une grande importance aux notions de bien-être et de développement des compétences socio-émotionnelles. On l’aperçoit via l’usage des contes, des saynètes qui jouent le rôle d’identification et de distanciation, sans compter les activités artistiques et sportives. On le voit, les neurosciences et l’éducation nationale reconnaissent l’importance de la gestion des émotions, en vue de créer un environnement propice à l’apprentissage. Une fois le décor planté, il importe de présenter la question de recherche et les hypothèses.
Question de recherche et hypothèses
Après avoir conjugué les recherches des neurosciences, les recommandations ministérielles, la particularité de sa classe avec sa sensibilité professionnelle, Sophie Driol pose la question de recherche suivante :
- En quoi un projet interdisciplinaire autour des émotions peut-il permettre aux élèves de contrôler leurs ressentis pour favoriser un climat de classe propice aux apprentissages ?
- À cette question, la chercheuse affecte des hypothèses à savoir :
- Le travail autour des émotions permettrait d’identifier ses ressentis et de trouver des réponses autonomes et adaptées aux règles de vie de la classe.
- Le travail autour des émotions permettrait de mettre à distance des émotions de frustrations pour être disponible pour les apprentissages.
Méthode
La population de la recherche est constituée de 21 élèves de maternelle en moyenne et grande section, âgés de 4 à 6 ans. La chercheuse opte pour les méthodes quantitative et qualitative.
La première mesure l’évolution de la communication et de la relation entre les élèves, et la deuxième, consiste à mesurer la capacité des élèves à réguler leurs émotions. Pour y parvenir Sophie Driol élabore des ateliers suivant ces axes, en utilisant du matériel didactique pour faire connaitre les émotions aux enfants, et un atelier débat philosophique pour les aider à réguler leurs émotions. Elle organise sa collecte en deux périodes. Compte tenu du temps qui lui a été imparti pour la recherche, elle ne parvient à interroger qu’un élève mentionné RN, présentant des troubles émotionnels afin de répondre à la deuxième hypothèse. Elle arrive donc à des conclusions.
Résultats
L’analyse des données collectées a permis de parvenir à ces résultats :
- Un travail autour des émotions permet d’améliorer le climat de classe par une baisse du nombre de conflits ;
- La seconde hypothèse est invalidée. Car, l’élève RN ne parvient pas à dépasser ses émotions négatives
Illustration : gpointstudio - Depositphotos
Référence
Sophie Driol, 2018, Apprendre aux élèves à reconnaître et gérer leurs émotions pour améliorer le climat de classe à l’école maternelle, Education, en ligne https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02115906/document
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