Communication en universités : la question des archives ouvertes***
Préserver l’identité de l’établissement dans un environnement complexe
Publié le 12 février 2024 Mis à jour le 18 février 2024
L'Afrique abrite une jeunesse avide de contenu stimulant et éducatif. Malgré des progrès notables, la presse jeunesse en Afrique reste sous-représentée, avec un accès inégal aux ressources et des défis financiers.
Toutefois, des initiatives émergent, propulsant des magazines et des publications numériques dédiés aux jeunes vers le devant de la scène. Avec une population jeune en croissance constante, le marché de la presse écrite pour enfants offre un potentiel inexploité. Les éditeurs et autres entrepreneurs culturels peuvent capitaliser sur cette opportunité pour proposer des contenus attrayants et éducatifs.
Selon l'UNESCO, la majorité des 440 millions d'enfants africains ne bénéficient pas d'une éducation de qualité. L'Afrique subsaharienne (ASS) affiche les taux d'exclusion de l'éducation les plus élevés au monde.Dans un pareil contexte, la diversification des approches pédagogiques et contenus éducatifs, à l’endroit des enfants, est crucial. La presse jeunesse, dans cette optique, a une contribution importante à apporter en matière de développement d’une culture de la lecture plaisir auprès des enfants et jeunes africains. Secteur éditorial très organisé en Amérique et en Europe, sa situation en Afrique est assez trouble et mérite de l’attention.
La situation n’est pas très reluisante. En Afrique, les magazines pour enfants que nous avons pu documenter sont :
Planète J'aime lire : édité depuis 2017 par le groupe Bayard Afrique, qui propose aux enfants de 5-10 ans, des contenus éducatifs, ludiques, beaux et joyeux, contribuant à la valorisation du continent et des talents africains tout en offrant une large ouverture à la diversité du monde.
Mes premiers Planète J’aime Lire: Toujours édité par Bayard Afrique depuis 2021, se différencie par sa cible, les enfants de 1 – 5 ans.
Bulles : Ce magazine jeunesse a été lancé en 2016 en Côte d’Ivoire par Adja Mariam Mahre Sanogoh qui propose aux enfants de 8 à 11 ans un mensuel qui valorise la culture et l'histoire du continent africain.
Muna Kalati Mag: édité par Ngnaoussi Elongué de l’Association Muna Kalati depuis 2018, il contient l’actualité sur la filière du livre jeunesse en Afrique, avec des interviews, revues de livres pour enfants, annonces et analyses pour les professionnels de l’édition jeunesse. Le nom de ce magazine a été récemment changé pour « African Children Book News » ou magazine d’actualité sur le livre jeunesse africain.
À côté de ces magazines édités, il existe aussi d’autres magazines et périodiques qui sont rattachés à des salons littéraires. Nous avons par exemple, le SALAFEY Mag, SILA Mag. Dans certains pays, certains magazines et publications jeunesse existent :
À Madagascar, nous avons Mon Karné d’exploration, un magazine bilingue français/malgache, ayant déjà 7 numéros parus, qui sensibilise et éduque les tout-petits sur la culture malgache, y compris la cuisine.
Au Burkina Faso, nous avons Kid YZ Mag (pour les 7-12 ans) et Min YZ (4 – 8 ans) édités par Teminiyis sous la houlette de Moudjibath Daouda-Koudjo qui a longtemps travaillé chez Bayard sur les 2 premiers magazines suscités.
Au Bénin, l’éditrice Emmanuelle Berny Laleye des éditions Spirupresse, propose deux magazines pour enfants : Moringa pour les 5-8 ans et Spiruline pour les 8-12ans
Enfin, il existe des créateurs de contenus, qui ne sont pas nécessairement dans la presse écrite mais proposent des contenus éducatifs pour enfants en Afrique :
En mettant en lumière des modèles de réussite, des histoires inspirantes et des expériences enrichissantes, ces magazines et programmes jeunesse incitent les jeunes à explorer de nouvelles idées, à développer leur pensée critique et à envisager des perspectives différentes. Cependant, un problème persiste…
Disposer de 6 à 7 magazines jeunesse pour un continent comptant 1,2 milliard d’habitants dont plus de 60% ont moins de 25 ans, indique clairement un déficit dans l’offre, surtout pour les tout-petits, qui se retrouvent parfois contraint à suivre des contenus éducatifs étrangers sur YouTube Kids etc.
À ce jour, la majorité des programmes jeunesse sont majoritairement orienté vers les formats vidéo et numérique (cinéma, réseaux sociaux), et il existe très peu de presse écrite pour enfants. Par exemple, sur YouTube, la majorité des contenus éducatifs pour enfants sont créés hors d’Afrique pour une audience majoritairement de race blanche. Ubongo Kids, cité plus haut, est l’un des rares créateurs de contenus éducatifs pour enfants africains sur YouTube.
Les attentes et la demande des enfants et jeunes adolescents africains sont jusque-là peu compris et satisfaits par les créateurs de contenus actuels et je pense qu’il y’a encore beaucoup d’initiatives qui peuvent être crées pour non seulement diversifier l’offre de contenus éducatifs pour enfants, mais l’enrichir. Cela aboutira à la naissance de nouvelles entreprises créatives ou culturelles (ECC) et partant à la création de millions d’emplois pour les jeunes.
Une autre raison expliquant l’inadéquation entre l’offre et la demande est le cout élevé des impressions en Afrique. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle de nombreux éditeurs africains préfèrent éditer hors d’Afrique, en Inde ou en Chine. Mais cela nécessite d’avoir un nombre élevé d’exemplaires (dans les milliers) afin d’être économiquement rentable. Ravaka Tahirimihamina, auteure jeunesse et co-fondatrice du magazine Karmé d’exploration, nous partage son expérience :
« On ne s’en rend pas forcément compte, mais pour une PME auto-financée, imprimer des centaines d’exemplaires tous les 3 mois est un énorme challenge. Le contexte de l’inflation ne cesse de faire grimper ces prix et de le répercuter sur le coût de nos magazines.»
La presse écrite pour enfants en Afrique ne se limite plus à l'apprentissage. Elle dispose d’un potentiel symbolique et économique énorme, capable de créer beaucoup d’emplois si l’écosystème est développé pour attirer les investisseurs. En capitalisant sur les nouvelles technologies, en créant du contenu local pertinent et en adoptant des modèles économiques adaptés, la presse jeunesse peut jouer un rôle essentiel dans l'autonomisation et l'épanouissement des jeunes Africains.
Référence
[i] Abdeljalil Akkari, “Early Childhood Education in Africa: Between Overambitious Global Objectives, the Need to Reflect Local Interests, and Educational Choices,” PROSPECTS 52, no. 1 (September 1, 2022): 7–19,
https://doi.org/10.1007/s11125-022-09608-7