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Publié le 13 février 2024 Mis à jour le 15 février 2024

Pourquoi la robotisation ne tue-t-elle pas les emplois industriels?

La robotisation transforme les emplois

Un robot humanoïde dans une usine

Depuis 1760, année du début de la révolution industrielle, les ouvriers ont vu leurs emplois artisanaux migrer vers les usines. À partir de cet instant, une idée générale s’est emparée du monde : les robots pourraient remplacer l’homme ou pire, le contrôler.

Le cinéma s’est saisi de cette idée folle, quoique fondée, au vu des différentes avancées technologiques que l’on a connu au fur et à mesure les siècles s’écoulaient. Ainsi, on a pu savourer au cinéma quelques films de science-fiction à l’exemple de Mechanical Man d’André Deed, qui présente un robot possédant une force et une vitesse surhumaine ou encore Terminator (1984), réalisé par James Cameron, mettant en scène des robots exterminateur d’humains.

De tout évidence, le cinéma semble prédire la fin du contrôle de l’homme sur sa société et aussi l’extinction de certains emplois comme l’avaient prédit certains observateur aguerris. Alors dans les prochaines années certains métiers tireront-ils réellement leur révérence ? Il serait difficile de répondre par l’affirmative car, en réalité, il semblerait que certains métiers ne soient pas en danger avec la robotisation du secteur de l’emploi. J’expliquerai amplement cette prise de position dans la suite de l’analyse.

Pourquoi les robots ne tuent-ils pas l’emploi industriel ?


En réalité, les robots ont été conçus par les humains en vue de réaliser les tâches rudes et difficiles. Pour les entreprises, il s’agit là d’un moyen de faire du profit nécessaire pour leur croissance puisqu’ils augmentent la productivité. Lorsqu’une entreprise y investit, son but principal est d’augmenter son profit ou sa compétitivité. Ainsi, en substituant les robots pour accomplir les tâches destinées aux humains, non seulement les gains de productivité croissent, mais aussi ils intègrent le circuit économique sous différentes formes, pouvant servir à augmenter les capacités de production de l’entreprise débouchant sur une baisse des prix ou une hausse des salaires affectant le pouvoir d’achat des consommateurs.

Par la suite, le surplus de consommation favorise la dynamisation de l’économie globale. Et par conséquent, afin de répondre à cette forte demande, les entreprises se voient contraints d’embaucher davantage d’employés qualifiés. C’est dans cette perspective que les pays les plus robotisés au monde comptent une quantité importante d’emplois industriels. Pour preuve, les pays possédant des industries robotisées connaissent une baisse considérable du chômage et un augmentation de leur compétitivité.

À ce sujet, Serge Nadreau, président du groupe robotique au Symop (syndicat des machines et technologies de production) et directeur d'activité robotique d'ABB France déclare :

Avoir une industrie compétitive, c'est avoir une industrie automatisée dont les taux d'automatisation sont équivalents à ceux de nos voisins allemands. Le taux de robotique allemand est bien supérieur au nôtre, or, leur taux de chômage, bien inférieur. Il vaut mieux avoir une entreprise présente en France compétitive et équipée de robots que pas d'entreprise du tout. Il est important que l'on préserve des usines sur notre sol et même que l'on en recrée.

En effet, cette affirmation fait suite à une autre dans laquelle Serge Nadreau relève que l’absence de robotisation signifie tout simplement la diminution des industries. De ce fait, pour lui, il serait avantageux pour la France de robotiser davantage ses industries en vue de réduire considérablement le chômage, tout en augmentant sa compétitivité.

Allant dans le même sillage, l'IFR (International Federation of Robotics) reconnaît que Les pays les plus robotisés, à savoir la Corée du Sud, le Japon et l'Allemagne comptent respectivement 478, 314 et 292 robots pour 10 000 employés. Et ce sont aussi ceux qui affichent les plus faibles taux de chômage dans le monde. De ce fait, la robotisation contribue à créer de nouveaux emplois au lieu d’en faire disparaitre globalement.

On le voit, les robots, loin de menacer les emplois industriels, génèrent des profits encore plus grands influençant le pouvoir d’achat des consommateurs, que les entreprises se trouveront dans l’obligation de satisfaire en employant la main d’œuvre qualifiée. Subséquemment, l’emploi ne disparaît pas, mais il se transforme dans les industries à travers la création d’un nouveau type d’employés industriels.

Les nouveaux d’employés de l'industrie


Le travail à la chaîne qui a prévalu bien avant la robotisation des industries imposait aux employés d’effectuer les mêmes tâches à plusieurs reprises de façon automatique faisant d’eux des semi-robots. Ce qui rendait totalement impossible la prise d’une quelconque initiative ou le besoin d’acquérir de nouvelles compétences. Mais puisque les robots gagnent de plus en plus du terrain dans les industries, un nouveau type d’employés industriels voit le jour, lesquels misent sur la polyvalence, l’acquisition de nouvelles compétences afin de ne pas tomber en désuétude, comme l’a si bien relevé Henri Steele Commager.

De ce fait, dans les industries robotisées, les machines sont sous le contrôle attentif des humains qui doivent être à mesure de donner des instructions à la machine. Cela suppose une maîtrise de certaines bases technologiques dont les employés des siècles antérieurs n’avaient pas besoin. En plus, en cas de panne, ils sont parfois amenés à jouer le rôle de mécaniciens pour les plus doués.

En somme, les nouveaux employés industriels sont tenus d’être polyvalents afin de préserver de façon pérenne leur place au sein de l’entreprise.

Toutefois, on reconnaît que si la robotisation des industries transforme l’emploi sans pour autant faire disparaître, certains d’entre eux passent à la trappe, des pertes d’emploi sont enregistrés particulièrement aux niveaux les moins qualifiés, signale l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) : l’intelligence artificielle représente une menace directe pour 14% des emplois des 35 États membres de l’organisation. La robotisation causerait quant à elle la disparition de 66 millions d’emplois au cours de la prochaine décennie.

Illustration: BiancoBlue sur DepositPhotos

Références

Clubic, “Les robots peuvent créer des emplois », en ligne
https://www.clubic.com/pro/emploi-informatique/article-804992-1-paradoxe-taux-robotisation-chomage.html

Chokogue Juvénal, 2018, « Intelligence artificielle : les robots vont-ils détruire nos emplois ? », en ligne
https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-intelligence-artificielle-les-robots-vont-ils-detruire-nos-emplois-70713.html

Lecausin Nicolas, « plus de robots, c’est plus d’emplois »
https://www.contrepoints.org/2018/09/15/325158-plus-de-robots-cest-plus-demplois#:~:text=Plus%20de%20robots,Nicolas%20Lecaussin

Atlas magazine, 2018, « Robotisation et emploi : les robots remplaceront-ils les humains ? », en ligne
https://www.atlas-mag.net/article/marche-de-l-emploi-les-robots-remplaceront-ils-les-etres-humains

Pourquoi le robot ne tue-t-il pas l'emploi ? - La fabrique de l'industrie - You Tube
https://www.youtube.com/watch?v=RTLKHYnEr_s


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