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Publié le 02 juillet 2024 Mis à jour le 03 juillet 2024

L'effet de la zoothérapie sur la communication non verbale des patients atteints d'Alzheimer

Peut-on limiter les troubles du langage grâce à une thérapie assistée par animal?

Des animaux médecins ? Impensable n’est-ce pas mais pourtant vrai. S’ils sont connus pour être des compagnons de l’homme, il semble que partager le quotidien avec ces êtres améliore la santé des personnes souffrant de déficience mentale. Dans les années 1950, le psychiatre Levinson et bien d’autres ont expérimenté la zoothérapie. Malgré les résultats positifs, en l’absence d’écrits étayant certaines expériences, il est difficile d’attester avec certitude que ces thérapies étaient assistées par animal.

De ce constant, Julia Boude, à partir de la méthode «Single case experimental design», propose d’analyser l’effet de la présence du chien sur la communication non verbale de patients atteints de démence de type Alzheimer dans le cadre d’un atelier conversationnel dirigé, en vue de l'obtention d'un certificat de capacité d'orthophoniste. 

1. Fixer la problématique et les réponses préalables

Dans son travail, Julia Boude pose la problématique suivante : la seule présence du chien au cours d’une activité thérapeutique, suffit-elle à induire un effet sur la communication non verbale des patients âgés atteints de démence de type Alzheimer ?

À cette question principale, elle affecte les hypothèses qui suivent : en présence du chien dans le cadre d’un atelier conversationnel dirigé,

  • La fréquence des actes non verbaux pendant le tour de parole augmente ;
  • La fréquence des actes non verbaux hors tour de parole augmente ;
  • Le temps de parole pendant le tour de parole augmente.

2. De la détermination du terrain d’enquête au choix des outils d’analyse

L’auteur du travail opte pour un échantillon assez réduit, comprenant quatre (04) participantes A, B, C et D, partageant certains paramètres : être âgé de plus de soixante-quinze (75) ans, une homogénéité au niveau des troubles cognitifs, l’attrait pour le chien, entre autres.

Dans la salle de bibliothèque du Centre Long Séjour, sur une période quatre mois, la chercheuse, assistée d’un orthophoniste, recueille des informations relatives à son objectif de recherche. À l’aide de plusieurs équipements dont les principaux sont deux caméras, des questions ouvertes et semi-ouvertes, une Grille d’évaluation des capacités de communication (GECCO) – laquelle grille donne des informations sur les capacités acquises et celles préservées, facilitant la prise en charge du patient-, Julia Boude évalue l’effet de l’introduction ou du retrait du chien sur la communication avec pour unité de mesure les actes non verbaux et le temps de parole. 

3. Généralité sur la thérapie assistée par animal auprès des patients atteints de démence de type Alzheimer

La nécessité des animaux dans la vie de l’homme a pour point de départ leur domestication en Égypte ancienne. Ceux-ci ne remplissaient qu’une fonction utilitaire. Il faudra attendre le IXe siècle pour qu’ils intègrent le milieu hospitalier à Gheel en Belgique, vu les multiples bienfaits psychologiques dont bénéficie l’homme au contact des animaux. En Occident par exemple, ces êtres semblent être doués pour combler un besoin affectif non satisfait, compte tenu de leur caractère non jugeant et rétroactif envers l’action de l’homme.

Si les hommes sont les seuls êtres dotés de la parole, cela n’exclut pas le fait que les animaux communiquent eux aussi. De ce point de vue, un échange entre les deux catégories d’êtres vivants est possible. Sur ce, il se présente sous deux formes : verbales et non verbales, ayant pour effet d’apaiser, d’instaurer un climat de confiance. Cette relation de sécurité qui se crée entre les hommes et les animaux est le filon que vont exploiter les zoothérapeutes. 

Soigner des patients assisté d’un animal c’est bien beau, mais il n’y a que les animaux domestiques qui sont adaptés pour ce type d’exercice à l’instar du chien, comme dans le présent travail. L’animal thérapeute, il faut le dire, reçoit une éducation et des soins particuliers pour mieux venir en aide aux patients atteints d’Alzheimer. Son intervention au sein de la thérapie consiste à lui donner une tâche au sein du groupe de discussion favorisant une interaction inter-espèce, devant déclencher une augmentation des gestes non verbaux et du temps de parole chez les patients qui connaissent un trouble du langage. Dans cette étude, Noisette, le chien était chargé de distribuer le panier contenant les questions auxquelles les patients étaient censés répondre.

À titre indicatif, l’Alzheimer est une maladie causée par une trop grande présence des protéines Tau et des pesticides état-amyloïdes dans l’organisme, ce qui engendre des lésions au niveau du cerveau, créant un dysfonctionnement neuronal, lequel entraine des troubles de mémoire, d’orientation spatio-temporelle, du langage et même une sévère perte d’autonomie, ceci suivant le stade de l’évolution de la maladie. 

Une littérature abondante existe au sujet des interactions homme-animal pour limiter les troubles occasionnés par l’Alzheimer, mais elle porte majoritairement sur les enfants. Toutefois des travaux ayant pour objet d’étude les adultes nécessite attention. En guise d’exemple, l’on remarque l’étude menée par Wesenberg et al., qui ont constaté une nette amélioration du temps de parole des patients en présence du chien. Qu’en est-il de cette étude ?

Résultats de la recherche et conclusion

Parvenu au terme de son analyse, la chercheuse constate que :

  • En présence du chien, on note une augmentation de la fréquence des gestes non verbaux pendant le tour de parole chez les patients A et D, ce qui n’est pas le cas chez les deux autres. Par conséquent l’hypothèse susmentionnée est partiellement validée ;
  • La présence du chien ne modifie pas les échanges verbaux hors de tour et pendant la parole ;
  • La présence du chien n’a pas d’effet sur le taux d’occupation du tour de parole.

Ces résultats ne remettent pas en cause les bienfaits que peuvent avoir les animaux domestiques sur la santé de l’humain sinon les bars à chats n’auraient aucune valeur. Ce concept venu du Japon, offre la possibilité aux clients du lieu, d’interagir avec les félins en profitant d’un thé par exemple. Laquelle interaction diminue significativement les symptômes dépressifs selon Souter et Miller (2007). Il s’agit donc d’un bon tuyau à expérimenter en plein été.  Une ronronthérapie ça vous dit ?

Références 

Boude Julia, 2018, Impact de la présence du chien sur la communication non verbale des patients atteints de démence de type Alzheimer dans le cadre d’un atelier conversationnel dirigé : une étude en single case experimental design, Université de Strasbourg, en ligne
https://psychaanalyse.com/pdf/IMPACT%20DE%20LA%20PRESENCE%20DU%20CHIEN%20SUR%20LA%20COMMUNICATION%20NON%20VERBALE%20DE%20PATIENTS%20AGES%20MEMOiRE%20(85%20Pages%20-%201,6%20Mo).pdf

Hediger Karin, Beetz Andrea, « Le rôle des interactions entre humains et animaux dans l’éducation », dans «Une seule santé» édition Quae, pp 113-128, en ligne https://books.openedition.org/quae/35995?lang=fr

https://www.decitre.fr/livres/one-health-une-seule-sante-9782759230969.html (gratuit).

L’instant chat : le bar à chats unique du Var, en ligne - https://www.youtube.com/watch?v=R5xYmvxY8d4


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