L'essor des réseaux sociaux a amplifié le phénomène des " influenceurs". Par leurs sorties, ils veulent obtenir une présence numérique toujours plus accentuée afin d'impacter les jeunes. Des jeunes qui à leur tour veulent à tout prix suivre la voie de l'influence car ils veulent «réussir» et se faire un nom. Qu'est-ce qu'on peut en dire ?
Essor des réseaux sociaux et influence
Ces 10 dernières années, on a noté une flambée de la fréquentation des réseaux sociaux dans le monde en général et en Afrique en particulier. Si Facebook, YouTube, X (l'ancien Twitter) et Instagram ont progressivement pris de l'ampleur, le nouveau réseau social TikTok a donné une autre dimension à cette tendance. Le nombre d'utilisateurs de ces réseaux est passé de 25% en 2021 à 35% de la population africaine en 2024. Dans la même veine, au Cameroun, on est passé de 2,9 Millions d'utilisateurs en 2018 à 5,05 en 2024. Les créateurs de contenu, notamment les influenceurs, ont surfé sur cette croissance pour se positionner.
Quand on parle d'influenceurs, on fait souvent référence à des personnes opérant dans un secteur d'activité. Au regard de leur notoriété, ils sont sollicités par diverses plateformes pour attirer des clients à travers leur image qui est associée aux produits et services. Ces dernières années, des artistes camerounais associent de plus en plus leur image à des contenus publicitaires pour influencer les choix de leurs followers. Ces influenceurs ont inspiré des jeunes qui à leur tour s'engagent dans une voie pas toujours maitrisée, car le plus important est de se faire un nom et de générer des revenus quel que soit le moyen utilisé. Un raccourci pour réussir dans la vie alors qu'en réalité, ils manquent parfois de recul critique face aux contenus partagés. À leur tour, ils se lancent dans l'influence via le «buzz»...
Le «buzz» : de la récupération des faits divers
D'entrée de jeu, il est nécessaire de savoir qu'à travers leurs comptes YouTube, TikTok ou encore Facebook, les jeunes veulent générer le maximum de vues pour attirer les marques. Pour cela, ils procèdent à la récupération des faits divers. Par la suite, ils les repartagent sur leurs plateformes en donnant un avis prononcé et occasionnellement véhément pour susciter la réaction de leurs abonnés.
À la base, ils ne sont aucunement des créateurs de contenus professionnels. Étant donné qu'ils sont suivis par des jeunes sur les réseaux sociaux, ils parviennent à atteindre leur objectif vu que les sociétés naissantes, ayant besoin de visibilité et n'ayant pas de fortunes à investir dans les formes de publicité conventionnelle, ont généralement recours à ces personnes pour du moins communiquer sur leurs œuvres.
À côté de la réappropriation des contenus publiés, apparaît une sorte de surcommunication sur les questions ayant fait le buzz. De fait, les jeunes exposés aux réseaux sociaux ont une réelle tendance à plus réagir à ce type de contenus comparativement à d'autres plus éducatifs proposant par exemple d'aller lire des articles informatifs, de suivre une formation ou de participer à une conférence. En réalité, c'est un contexte dans lequel règne le «buzz», un contexte dans lequel les jeunes se penchent davantage sur les contenus légers et divertissants. Par conséquent, ils se lancent dans le partage des informations faisant bouger la toile. Ils s'inscrivent dans une dynamique d'influence d'autres jeunes.
Réussir selon les règles de l'art
Le célèbre cardiologue et auteur camerounais Jean Bahebeck dans son livre «Le hamburger c'est quoi ? Tome 1: sept prérequis pour un jeune qui veut réussir sa vie» pense que réussir sa vie, c'est «atteindre, au plus tard au soir de sa vie, au moins la moitié des objectifs essentiels qu'on se serait soi-même fixés à la maturité en fonction de ses atouts raisonnablement appréciés.» Des atouts qu'il faudrait développer au quotidien en s'imposant une discipline de fer pour atteindre ses objectifs, car rien n'est gagné d'avance.
Réussir sa vie demanderait donc un peu plus d'implication et de perspectives dans un monde en plein essor et en pleine transformation. Cela implique un investissement personnel et régulier, un travail acharné et une formation en continu. Dans cette logique, ce même auteur s'adressant aux jeunes, trace la trajectoire pour réussir en ces termes :
" ce qui est attendu de nous est la bonne volonté et les efforts de réduire le volume, la fréquence et l'intensité des légèretés d'une part ; et, d'autre part, d'accroître le volume, la fréquence et la force des vertus". p 35.
Dans cette logique, un jeune qui réussit pourra aussi influencer ses contemporains, car son parcours parlera pour lui.
Illustration : image générée par Meta AI
Sources :
Les influenceurs : un modèle toxique pour la jeunesse ?
https://hashtag-infos.fr/2021/09/13/les-influenceurs-un-modele-toxique-pour-la-jeunesse/
Influenceurs et influenceuses web : pas toujours une bonne influence !
https://pausetonecran.com/influenceurs-et-influenceuses-web-pas-toujours-une-bonne-influence/
L'usage des réseaux sociaux en Afrique
https://www.visibrain.com/fr/blog/l-usage-des-reseaux-sociaux-en-afrique
Chiffres des réseaux sociaux au Cameroun de 2018 à 2024
https://histoiresdecm.com/2024/02/07/chiffres-reseaux-sociaux-cameroun-2018-a-2024/
Cameroun : les stars, les marques et la pub
https://www.camer.be/amp/42639/11:1/cameroun-les-stars-les-marques-et-la-pub-cameroon.html
Cameroun-Tribune: quand les potins font le buzz sur les réseaux sociaux.
https://www.capnews.cm/?p=3159
Jean, Bahebeck, (2024), le hamburger c'est quoi ? Tome 1 : sept prérequis pour un jeune qui veut réussir sa vie, Éclosion,
Franco déclaré le GRAND BARACK et NYANGONO des influenceurs camerounais.
https://www.youtube.com/watch?v=7zTqkRiT9Qo
https://www.facebook.com/profile.php?id=100082997427422&mibextid=ZbWKwL
Les influenceurs camerounais, à qui vendent-ils le rêve ?
https://www.wutsi.com/read/66978/les-influenceurs-camerounais-a-qui-vendent-ils-le-reve?
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