Les mécanismes de la cognition sociale
Les relations sociales sont très importantes pour notre cerveau. En effet, aller à la rencontre de l’autre signifie plus que simplement sortir de la solitude. Cela met tout notre encéphale en activité.
Publié le 04 juin 2025 Mis à jour le 04 juin 2025
Les réseaux sociaux ont un effet important dans le monde actuel. Il est difficile aujourd'hui de trouver une personne équipée d'un smartphone sans avoir au moins un compte dans un réseau social. C'est devenu comme une sorte de chambre où les individus s'enferment et réagissent à tout bout de champ. Que faut-il faire pour soulager cette pression qui pousse à vouloir toujours réagir ?
Dans la sphère des réseaux sociaux, les clashs [les disputes] en Afrique et plus précisément au Cameroun retiennent toutes les attentions. Bien que certains les créent volontairement pour diverses raisons, d'autres, par contre, se livrent véritablement à des échanges véhéments avec pour origine une première attaque plus ou moins volontaire de l'un des protagonistes. Ceci entraine généralement des prises de position et la formation des camps.
À un second niveau, les followers sont entraînés dans cette bataille à travers les commentaires. Chacun prend position en faveur de l'un ou l'autre camp à travers des propos parfois déplacés. En réponse à un commentaire, plusieurs autres sont publiés. Le conflit ainsi déclenché se propage au point de cristalliser l'attention générale sur un réseau social.
À titre d'illustration, Maalhox et Kocee, deux artistes camerounais, se livrent depuis presque un mois à un clash. Même s'il faut reconnaitre que la confrontation a pris une dimension plus personnelle, les deux s'affrontent principalement sur la capacité à faire du rap. Pour amplifier ce clash, plusieurs médias sociaux l'ont relayé.
C'est une bataille psychologique et personne ne veut se laisser faire. C'est précisément parce qu'ils sont comme emprisonnés dans une bulle des réseaux sociaux : il faut à tout prix réagir pour préserver son image. Ils sont contraints par le «qu'en dira-t-on si je ne parle pas». De fait, l'une des raisons de la réaction n'est par toujours liée à un désir de riposter face à l'attaque, mais plutôt : si je ne réagis pas, qu'est-ce qu'on va penser ?
Dans cet ordre d'idées, en rison de ce désir de vouloir toujours se prononcer, beaucoup réagissent de façon précipitée. Ils ne prennent pas le temps de bien réfléchir et de considérer tous les contours d'une affaire les concernant directement ou indirectement. Quelques heures après, ils sont encore les premiers à s'excuser en supprimant leurs précédentes publications. On le voit couramment avec les internautes célèbres (ils sont suivis par des milliers, voire des centaines de milliers de followers) qui scrutent leurs faits et gestes.
Tout comme dans le clash, cette situation se propage à travers les commentaires, un peu comme une pandémie. Chacun reçoit sa dose de contamination et se laisse emporter par ses effets. Quand bien même l'auteur vient s'excuser de sa sortie, le mal a déjà été fait. Et c'est reparti pour un tour avec des échanges véhéments au niveau des commentaires, chacun dans ses émotions.
Chaque individu sur terre a des déclencheurs émotionnels. Ils sont très souvent à l'origine des réactions, quel que soit le contexte. Les connaitre permet déjà de mieux comprendre la situation à laquelle nous faisons face. Chez certains, ce sont l'hypocrisie, le mensonge, la manipulation ; chez d'autres, l'arrogance, la vanité ou encore la colère. La liste est loin d'être exhaustive.
D'après Joti Samra et Mary Ann Baynton, une fois que chacun a identifié ses déclencheurs émotionnels et exploré les pensées ou souvenirs associés à ces déclencheurs, il sera plus facile de réagir convenablement, de telle sorte que les déclencheurs ne puissent plus dicter le comportement et les paroles. S'entrainer à identifier ce qui influence une réaction émotionnellement affectée est dès lors un bon moyen de contrôler ses publications et ses réactions sur les réseaux sociaux.
Ce n'est plus un phénomène marginal, le contexte est marquée par une forte influence du numérique. Toutefois, on oublie très souvent la puissance de la nature et de son caractère réparateur. En raison de l'attachement aux réseaux sociaux, il est moins évident de maintenir un certain équilibre avec la nature.
Que l'on choisisse de se promener dans une forêt ou encore au bord de la mer, leurs bienfaits permettent justement de retrouver son calme. La pratique du concept japonais de «Shinrin Yoku» (bain de forêt), abaisse le taux de cortisol (qui augmente le stress) pour les personnes se promenant dans la forêt, comparativement à ceux se promenant en zone urbaine. En d'autres termes, ils sont plus apaisés. Dans la même perspective, selon une étude publiée en 2015, Caroline Madeleine Hägerhäll démontre que : " les propriétés fractales de la nature, c'est-à-dire le fait que la nature soit composée de formes géométriques se reproduisant à différentes échelles, favorisent la relaxation."
Un esprit apaisé est la preuve d'une meilleure gestion des émotions. Aussi, la nature a un rôle réparateur, surtout dans un monde ultra-connecté où beaucoup sont enfermés dans le virtuel et plus spécifiquement dans les réseaux sociaux.
Illustration : image générée par Meta
Sources :
Maalhox vs Kocee ça rigole pas partie 1
https://www.youtube.com/watch?v=PHhbwEyTtgg
Déclencheurs émotionnels – Stratégies en milieu de travail sur la santé mentale
https://www.strategiesdesantementale.com/resources/declencheurs-emotionnels
Comment la nature affecte le bien-être.
ttps://youmatter.world/fr/categorie-environnement/bienfaits-nature-bien-etre-etude-scientifique/
Origine du clash entre Maalhox et Kocee
https://www.culturebene.com/87403-origine-du-clash-entre-maahlox-et-kocee.html
Musique - Cameroun : Kocee Vs Maalhox, le clash reprend âprement !
https://lesrencarts.com/musique-cameroun-kocee-vs-maahlox-le-clash-reprend-aprement/
Excuses :
https://www.facebook.com/share/p/19K6yy2rpV/
https://www.facebook.com/share/p/1643Siuhpz/
https://www.facebook.com/share/p/1FbYD3a89Z/