Depuis le mouvement « Me too », beaucoup ont l’impression que s’est alors amorcée une réflexion sur la posture des hommes et leur domination. Ce qui a mené à la déconstruction de certains et, en réactance, à des courants masculinistes voulant écraser les femmes. Or, les premiers n’ont pas attendu le mouvement de dénonciation des violences sexistes et sexuelles pour se libérer des carcans.
Une chercheuse suisse est allée, quelques années avant « Me too » à la rencontre d’une trentaine d’hommes vivant dans la région de San Francisco, un lieu très progressiste qui a été à la proue des avancées féministes, LGBTQIA+ et du développement personnel. Ces hommes, âgés généralement de 30 et 40 ans, ont discuté avec elle de ce qui a mené à cette déconstruction du rôle masculin destructeur.
Souvent, l’étincelle de révélation a été être témoin d’une violence, forte ou subtile, envers une femme de leur entourage. Que ce soit de la violence intrafamiliale ou des blagues presque déshumanisantes sur une collègue de travail, ils ont réalisé qu’ils ne voulaient pas reproduire ce schéma dans leur propre vie.
Ils se sont alors intéressés aux préjudices et discriminations des femmes de leur milieu. Leur mère, leur sœur, leur conjointe ou leurs amies ont été de précieux conseils et ont pu, étant donné leur ouverture sur le sujet, montrer toute la structure de domination encore présente dans une société comme celle des États-Unis, dans ce cas-ci. Ceux-ci n’ont jamais été attirés par le modèle à la Andrew Tate très injurieux, violent et méprisant envers les femmes. Ils ont, au contraire, ressenti plus de libération et de bien-être en arrêtant de se soumettre aux carcans masculins, en se permettant d’être sensibles, d’être proches de leurs enfants.
Certains ont même choisi la vie de père au foyer. Une situation qui, ironiquement, a mené des fois à des tensions dans leur couple où la femme se sentait presque jalouse ou coupable de manquer des éléments de la vie de leurs petits en étant au travail. Montrant bien comment les cadres pèsent et culpabilisent les individus.
Durée : 26min36
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Image : Pexels de Pixabay
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