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Publié le 13 mai 2026 Mis à jour le 13 mai 2026

L’autonomie comme compétence professionnelle : fiction normative ou réalité observable ?

Derrière l’injonction à l’autonomie, une compétence floue...

Autonomie: fiction normative ou réalité observable

Autonomie en contexte

L’autonomie s’impose aujourd’hui comme une évidence dans les discours relatifs à la formation professionnelle. Elle traverse les référentiels de compétences, structure les attendus pédagogiques et constitue, bien souvent, un critère implicite d’évaluation des apprenants comme des professionnels en exercice.

Être autonome, c’est être capable d’agir sans supervision constante, de prendre des décisions ajustées, de s’organiser efficacement et de répondre de ses actes. Dans les métiers de la santé notamment, cette autonomie est élevée au rang de qualité cardinale, indissociable de la responsabilité et de la sécurité des prises en charge. Elle apparaît ainsi comme un marqueur de maturité professionnelle, un seuil à atteindre, sinon une norme à incarner.

Pourtant, à mesure que l’on s’en approche, la notion se dérobe. Car si l’autonomie est omniprésente, elle demeure rarement définie avec précision. De quelle autonomie parle-t-on exactement ?

  • S’agit-il d’une autonomie décisionnelle, renvoyant à la capacité de trancher en situation complexe ?
  • D’une autonomie organisationnelle, liée à la gestion du temps et des priorités ?
  • D’une autonomie cognitive, impliquant la capacité à analyser, comprendre et mobiliser des savoirs sans assistance ?
  • Ou encore d’une autonomie relationnelle, fondée sur l’aptitude à interagir de manière ajustée dans des environnements professionnels contraints ?

Cette pluralité d’acceptions, rarement explicitée, contribue à entretenir un flou conceptuel qui fragilise sa portée opératoire.

Ce flou n’est pas sans conséquence. Il autorise, en creux, une forme de normativité implicite. L’autonomie devient alors moins une compétence objectivable qu’un attendu diffus, un horizon vers lequel tendre sans que ses contours soient stabilisés. Elle distingue, sans toujours le dire, le professionnel jugé « compétent » de celui qui ne le serait pas encore, le stagiaire « prêt » de celui qui nécessiterait davantage d’encadrement. En ce sens, l’autonomie fonctionne comme un opérateur de régulation des comportements, voire comme un instrument de tri, davantage que comme une compétence clairement identifiée, enseignée et évaluée.

Cette ambiguïté se retrouve dans les dispositifs de formation eux-mêmes. Comment former à l’autonomie si celle-ci n’est ni précisément définie, ni décomposable en composantes observables ? Comment accompagner un apprenant vers un objectif dont les critères restent implicites ?

L’injonction à l’autonomie peut alors prendre la forme d’un paradoxe pédagogique : il s’agirait d’être autonome… sans que les conditions de possibilité de cette autonomie soient explicitement construites. Dans certains cas, cette injonction peut même masquer des attentes institutionnelles implicites, voire des contraintes organisationnelles fortes, plaçant l’apprenant dans une position d’ajustement permanent.

Plus autonome avec l'I.A. ?

À cette complexité s’ajoute aujourd’hui la transformation profonde des environnements d’apprentissage et de travail, marquée par l’essor des technologies numériques et, plus récemment, des intelligences artificielles génératives. Ces outils promettent d’accroître les capacités d’action des individus : accès facilité à l’information, aide à la décision, structuration des raisonnements, automatisation de certaines tâches. Ils participent, en apparence, à une forme d’« autonomie augmentée ».

Mais dans le même mouvement, ils introduisent de nouvelles formes de dépendance, plus diffuses, parfois invisibles, où la délégation cognitive peut progressivement se substituer à l’effort de compréhension. Dès lors, être autonome consiste-t-il encore à agir seul, ou à savoir mobiliser efficacement des ressources externes, humaines et technologiques ?

La question de l’autonomie ne peut ainsi être dissociée des conditions concrètes dans lesquelles elle s’exerce. Elle ne relève ni d’une disposition purement individuelle, ni d’une qualité intrinsèque du sujet, mais d’un rapport situé entre un individu, un environnement et des outils. En ce sens, parler d’autonomie comme d’une compétence stable et transférable apparaît réducteur. Il conviendrait plutôt de l’envisager comme une capacité dynamique, évolutive, dépendante des contextes et des ressources disponibles.

C’est à partir de ce constat que se déploie la réflexion proposée dans cet article. 

Au-delà d’une simple clarification conceptuelle, l’enjeu est de taille. Car si l’autonomie demeure une injonction floue, elle risque de produire des effets paradoxaux : responsabiliser sans outiller, évaluer sans expliciter, voire fragiliser les individus en les renvoyant à une exigence qu’ils ne peuvent pleinement saisir.

À l’inverse, en la replaçant dans ses conditions concrètes d’émergence, il devient possible de la transformer en un véritable objet de formation, et non plus en une simple évidence supposée partagée.

Une compétence omniprésente mais indéterminée

Une notion centrale dans les référentiels professionnels

L’autonomie occupe une place singulière dans les référentiels de compétences, en particulier dans les formations professionnalisantes et, de manière emblématique, dans les métiers de la santé. Elle y apparaît à la fois comme une finalité et comme un indicateur transversal de professionnalité.

Rarement isolée en tant que compétence spécifique, elle irrigue l’ensemble des attendus : être capable d’agir de manière pertinente, de s’adapter à des situations complexes, de prendre des décisions éclairées, d’assumer ses responsabilités. L’autonomie se trouve ainsi convoquée à chaque niveau du développement professionnel, depuis les premiers apprentissages jusqu’à l’exercice confirmé.

Cette omniprésence n’est pas fortuite. Elle traduit une évolution des attentes à l’égard des professionnels, désormais appelés à intervenir dans des environnements incertains, marqués par la complexité des situations, la variabilité des contextes et la nécessité d’arbitrages rapides.

Dans ce cadre, la simple application de protocoles ne suffit plus : il est attendu des professionnels qu’ils fassent preuve de discernement, d’initiative et de capacité d’adaptation. L’autonomie devient alors le signe d’une compétence incorporée, capable de se manifester au-delà des prescriptions explicites.

Toutefois, cette centralité s’accompagne d’une forme de dilution. Parce qu’elle est partout, l’autonomie est rarement circonscrite.  Elle est à la fois ce qui est visé, ce qui est observé et ce qui est attendu, sans que ces trois dimensions soient clairement distinguées. Cette ubiquité contribue paradoxalement à en affaiblir la portée opératoire.

Une définition rarement stabilisée

L’un des traits les plus saillants de la notion d’autonomie réside dans l’absence de définition consensuelle et stabilisée. Selon les contextes, les discours et les acteurs, elle renvoie à des réalités hétérogènes, parfois complémentaires, parfois contradictoires.

  • Elle peut désigner la capacité à prendre des décisions sans recours systématique à une autorité supérieure, mais aussi l’aptitude à organiser son travail, à anticiper, à hiérarchiser les priorités.
  • Elle peut encore renvoyer à une dimension cognitive, impliquant la capacité à analyser une situation, à mobiliser des connaissances et à produire un raisonnement pertinent.
  • Dans d’autres cas, elle est associée à une dimension relationnelle, impliquant une posture ajustée vis-à-vis des pairs, des usagers ou des institutions.

Cette pluralité d’acceptions n’est pas problématique en soi. Elle reflète la richesse d’une notion qui touche à des dimensions multiples de l’activité professionnelle. Ce qui pose davantage question, en revanche, est l’absence d’explicitation de ces différentes dimensions dans les référentiels et les dispositifs de formation. En l’absence de clarification, l’autonomie tend à être appréhendée comme une évidence partagée, supposée comprise de tous, alors même qu’elle recouvre des réalités distinctes.

Ce flou définitionnel a des effets concrets. Il rend difficile la construction de situations d’apprentissage ciblées, puisqu’il n’est pas clairement établi ce qui doit être développé. Il complique également l’évaluation, faute de critères explicites permettant d’objectiver les attendus. Enfin, il ouvre la voie à des interprétations variables selon les formateurs, les tuteurs ou les institutions, générant potentiellement des inégalités de traitement et des incompréhensions chez les apprenants.

Ainsi, loin d’être une compétence stabilisée, l’autonomie apparaît comme une notion polymorphe, dont les contours fluctuent en fonction des contextes et des usages. Cette instabilité conceptuelle interroge directement sa pertinence en tant qu’objet d’enseignement et d’évaluation.

Une notion à forte charge normative

Au-delà de son flou définitionnel, l’autonomie se distingue par sa forte dimension normative. Elle ne se contente pas de décrire une capacité ; elle prescrit un comportement attendu. Être autonome, dans de nombreux contextes professionnels, ne relève pas seulement d’une compétence parmi d’autres, mais d’une exigence implicite, parfois non négociable. Elle devient un critère de jugement, souvent mobilisé pour qualifier la progression d’un apprenant ou la qualité d’un professionnel.

Cette dimension normative s’exprime de manière particulièrement marquée dans les situations d’évaluation. L’apprenant est jugé « autonome » ou « pas encore autonome », sans que les critères de cette appréciation soient toujours explicités. L’autonomie fonctionne alors comme un indicateur global, synthétique, qui condense une série d’observations sans nécessairement en expliciter les fondements. Elle permet de formuler un jugement rapide, mais au prix d’une certaine opacité.

Ce caractère implicite confère à l’autonomie une fonction régulatrice. Elle contribue à orienter les comportements attendus, à signaler ce qui est valorisé dans un milieu professionnel donné. Elle participe à la construction d’une norme, parfois intériorisée par les apprenants eux-mêmes, qui cherchent à se conformer à ce qu’ils perçoivent comme les attentes du milieu. Dans cette perspective, l’autonomie ne se contente pas d’être une compétence à acquérir ; elle devient un idéal professionnel, voire un marqueur d’appartenance.

Cependant, cette normativité n’est pas sans risque. En l’absence de critères explicites, elle peut conduire à des évaluations subjectives, dépendantes des représentations individuelles des formateurs ou des tuteurs. Elle peut également générer des injonctions paradoxales, notamment lorsque l’autonomie est attendue dans des environnements fortement contraints, où les marges de manœuvre réelles sont limitées. L’apprenant peut alors se trouver sommé d’être autonome sans disposer des conditions nécessaires pour l’être effectivement.

Dès lors, l’autonomie apparaît moins comme une compétence objectivable que comme une construction sociale et institutionnelle, investie de significations multiples et porteuse d’attentes implicites. Cette constatation invite à interroger les conditions dans lesquelles elle peut être effectivement développée dans les dispositifs de formation, ce qui conduit à examiner plus précisément la manière dont l’autonomie est, ou non, enseignée.

Peut-on enseigner l’autonomie ? Une aporie pédagogique

L’autonomie comme injonction paradoxale

[Aporie : problème insoluble tel que posé] - Former à l’autonomie suppose, en première intention, qu’elle puisse être identifiée comme un objet d’apprentissage à part entière, décomposable en savoirs, savoir-faire et savoir-être. Or l’autonomie échappe précisément à cette stabilisation. Elle se situe à l’intersection de plusieurs dimensions de l’activité, sans jamais se laisser réduire à une composante unique. Dès lors, l’injonction à l’autonomie tend à prendre la forme d’un paradoxe pédagogique : il est demandé à l’apprenant d’être autonome, sans que les conditions de possibilité de cette autonomie soient pleinement explicitées ni progressivement construites.

Cette injonction repose souvent sur une forme d’implicite. Être autonome signifierait, en creux, ne pas dépendre excessivement du formateur, savoir se débrouiller, anticiper les attentes, prendre des initiatives pertinentes. Autrement dit, adopter les comportements attendus d’un professionnel déjà socialisé au milieu.

L’autonomie devient alors moins un objectif à atteindre qu’un critère permettant d’évaluer la distance entre l’apprenant et la norme professionnelle. Dans ce cadre, l’apprentissage de l’autonomie ne fait pas l’objet d’une ingénierie explicite ; il est supposé émerger de l’exposition aux situations, de l’expérience accumulée et de la confrontation aux attentes du terrain.

Cette approche présente toutefois des limites importantes. Elle tend à naturaliser l’autonomie, comme si certains individus en étaient spontanément dotés, tandis que d’autres peineraient à l’acquérir. Elle invisibilise les processus qui permettent de la construire, notamment les mécanismes d’étayage, de guidance progressive et de retrait graduel du soutien. Elle expose enfin les apprenants à une forme d’incertitude, voire d’insécurité, lorsqu’ils ne parviennent pas à identifier ce qui est réellement attendu d’eux.

Le rôle ambivalent des dispositifs pédagogiques

Les dispositifs de formation jouent un rôle déterminant dans la construction, ou la limitation, de l’autonomie. Leur conception traduit des choix implicites quant au degré de liberté accordé aux apprenants, au niveau de structuration des parcours et à la nature des interactions pédagogiques. Or, ces choix sont traversés par une tension constante entre deux exigences difficilement conciliables : sécuriser les apprentissages et favoriser l’initiative.

Les dispositifs fortement structurés, caractérisés par une progression linéaire, des consignes précises et un encadrement étroit, offrent un cadre sécurisant, particulièrement adapté aux phases initiales de formation. Ils permettent de réduire l’incertitude, de clarifier les attendus et de garantir un certain niveau d’acquisition des compétences fondamentales. Toutefois, en limitant les marges de manœuvre des apprenants, ils peuvent freiner le développement de l’autonomie, en habituant ces derniers à fonctionner dans un environnement où les décisions sont largement préfigurées.

À l’inverse, les dispositifs ouverts, qui laissent une place importante à l’initiative, à l’exploration et à la prise de décision, sont souvent présentés comme plus favorables à l’autonomie. Ils invitent les apprenants à s’engager activement dans leur parcours, à construire leurs propres stratégies d’apprentissage et à assumer les conséquences de leurs choix. Néanmoins, cette ouverture peut se révéler déstabilisante, en particulier pour les apprenants les moins familiarisés avec les codes implicites de la formation ou disposant de ressources limitées en matière d’auto-régulation. Le risque est alors de voir se creuser les écarts entre ceux qui parviennent à tirer parti de cette liberté et ceux qui s’y trouvent en difficulté.

Ainsi, aucun dispositif ne garantit en soi le développement de l’autonomie. Celle-ci ne résulte ni d’un encadrement maximal, ni d’une liberté totale, mais d’un équilibre dynamique entre guidance et responsabilisation. Cet équilibre suppose une ingénierie fine, capable d’ajuster le niveau de soutien en fonction des besoins des apprenants, et d’organiser un retrait progressif de ce soutien à mesure que les compétences se développent.

L’apport ambivalent des TICE et de l’intelligence artificielle : l'autonomie outillée

L’essor des technologies numériques éducatives, et plus récemment des intelligences artificielles génératives, reconfigure profondément les conditions d’apprentissage et, par conséquent, les modalités de construction de l’autonomie. Ces outils offrent des potentialités inédites en matière d’individualisation des parcours, de rétroaction immédiate et d’accès à des ressources diversifiées. Ils permettent aux apprenants de progresser à leur rythme, de solliciter de l’aide à tout moment et de bénéficier d’un accompagnement potentiellement continu.

Dans cette perspective, les TICE et l’IA apparaissent comme des leviers puissants d’autonomisation. Elles réduisent la dépendance directe à l’égard du formateur, élargissent les possibilités d’action et favorisent une forme d’auto-direction des apprentissages. L’apprenant peut, en théorie, piloter son parcours, identifier ses besoins et mobiliser les ressources appropriées pour y répondre.

Cependant, cette promesse d’autonomie doit être interrogée à l’aune des usages réels. Car ces mêmes outils peuvent également induire des formes de dépendance nouvelles, plus diffuses et moins visibles.

  • L’accès permanent à une aide automatisée peut réduire l’effort de recherche, de structuration et de mise en relation des connaissances.
  • La production assistée de contenus peut court-circuiter certains processus cognitifs essentiels à l’apprentissage. L’apprenant peut alors s’inscrire dans une logique de consommation de réponses plutôt que dans une démarche de construction de savoirs.

Ce phénomène, que l’on pourrait qualifier de délégation cognitive, interroge directement la nature de l’autonomie développée. Être autonome dans un environnement fortement outillé signifie-t-il être capable de se passer de l’outil, ou au contraire savoir l’utiliser de manière pertinente ? L’autonomie ne réside plus uniquement dans la capacité à agir seul, mais dans la capacité à orchestrer des ressources externes, humaines et technologiques, sans en devenir dépendant.

Dès lors, l’enjeu pédagogique se déplace. Il ne s’agit plus seulement de favoriser l’autonomie, mais de former à une autonomie outillée, capable d’intégrer de manière critique les apports des technologies. Cela suppose de développer des compétences spécifiques : évaluer la pertinence d’une réponse, identifier les limites d’un outil, décider du moment opportun pour y recourir ou s’en affranchir. Autrement dit, apprendre à être autonome dans un monde où l’on ne l’est jamais complètement.

Si l’autonomie apparaît ainsi difficile à enseigner, oscillant entre injonction paradoxale, effets de dispositif et dépendances technologiques, sa mise en évaluation soulève des enjeux tout aussi complexes, tant elle échappe à une objectivation simple.

Évaluer l’autonomie : entre subjectivité et approximation

Une compétence difficilement saisissable dans l’action

L’évaluation de l’autonomie confronte immédiatement le formateur à une difficulté majeure : celle de son caractère insaisissable en tant qu’objet direct d’observation. Contrairement à des compétences techniques ou procédurales, qui peuvent être décrites, décomposées et mesurées à partir d’indicateurs relativement stabilisés, l’autonomie ne se donne jamais à voir de manière isolée. Elle se manifeste dans l’action, à travers une constellation de comportements, de prises de décision, d’ajustements contextuels et de raisonnements implicites.

Cette inscription dans la complexité des situations rend toute tentative d’objectivation délicate. Un même comportement pourra être interprété différemment selon le contexte dans lequel il s’inscrit. Une initiative pourra être valorisée dans une situation et perçue comme inappropriée dans une autre. De même, le recours à de l’aide pourra être considéré comme un signe de dépendance excessive ou, au contraire, comme une marque de lucidité et de responsabilité. L’autonomie ne réside donc pas dans des actes en eux-mêmes, mais dans leur pertinence située, c’est-à-dire dans leur adéquation aux contraintes et aux enjeux du contexte.

Dès lors, l’évaluation de l’autonomie ne peut se réduire à la vérification d’une série de critères préétablis. Elle implique nécessairement une part d’interprétation, fondée sur une lecture globale de la situation et du positionnement de l’apprenant. Cette dimension interprétative, inhérente à l’évaluation, n’est pas problématique en soi, mais elle exige d’être reconnue et encadrée, afin d’éviter qu’elle ne bascule dans l’arbitraire.

Des critères implicites et des jugements situés

Dans les pratiques d’évaluation, l’autonomie est fréquemment mobilisée comme un critère synthétique, permettant de porter un jugement global sur le niveau de professionnalité d’un apprenant. Elle est alors convoquée à travers des formulations telles que « manque d’autonomie », « autonomie en cours d’acquisition » ou « bonne autonomie », sans que les éléments précis ayant conduit à cette appréciation soient systématiquement explicités.

Cette économie de la précision repose sur des référentiels implicites, souvent partagés au sein d’une équipe pédagogique ou d’un collectif professionnel, mais rarement formalisés. Elle s’appuie sur des représentations du « bon professionnel », construites au fil des expériences et des interactions, qui servent de point de comparaison pour évaluer les apprenants. L’autonomie devient ainsi un indicateur de proximité à cette norme, davantage qu’une compétence définie en termes de composantes observables.

Une telle approche présente plusieurs risques. Elle peut d’abord générer une hétérogénéité des évaluations, chaque évaluateur mobilisant ses propres repères, parfois divergents. Elle peut ensuite produire une opacité pour les apprenants, qui peinent à comprendre ce qui leur est réellement reproché ou attendu. Enfin, elle peut renforcer des biais d’évaluation, liés notamment aux affinités, aux styles relationnels ou aux attentes implicites vis-à-vis de certains profils.

Dans ce contexte, l’autonomie tend à fonctionner comme un jugement global, condensant une pluralité d’éléments sans les expliciter. Elle permet de dire beaucoup en peu de mots, mais au prix d’une perte de précision et de transparence. Or, dans des dispositifs de formation exigeants, cette opacité peut constituer un frein à l’apprentissage, en privant l’apprenant de repères clairs pour progresser.

Le risque d’une évaluation normative et ses effets

Au-delà des difficultés d’objectivation, l’évaluation de l’autonomie est traversée par une dimension normative qui en influence profondément les modalités. Évaluer l’autonomie, c’est en effet évaluer la capacité d’un individu à se conformer à un certain modèle de comportement professionnel, souvent implicite. Ce modèle valorise des qualités telles que l’initiative, l’anticipation, la prise de décision ou la capacité à agir sans supervision constante. Mais il s’inscrit également dans un cadre organisationnel et culturel spécifique, qui en détermine les contours.

Le risque est alors de confondre autonomie et conformité à une norme locale. Un apprenant pourra être jugé autonome s’il adopte les codes et les pratiques valorisés dans un service donné, et moins autonome s’il s’en écarte, même si ses choix sont pertinents au regard de la situation. L’évaluation de l’autonomie devient ainsi un vecteur de socialisation professionnelle, orientant les comportements vers une certaine manière de faire, au détriment parfois de la diversité des approches.

Cette dimension normative peut également générer des injonctions paradoxales. Dans des environnements fortement contraints, où les marges de manœuvre sont limitées par des protocoles, des hiérarchies ou des exigences de traçabilité, l’autonomie est simultanément attendue et restreinte. L’apprenant est alors sommé de faire preuve d’initiative, tout en respectant strictement des cadres prédéfinis. Cette tension peut produire des situations d’inconfort, voire d’incompréhension, quant à ce qui est réellement attendu.

Enfin, l’évaluation normative de l’autonomie peut avoir des effets sur le rapport à soi des apprenants. Être qualifié de « peu autonome » peut être perçu comme une remise en cause globale de ses capacités, au-delà des situations spécifiques concernées. À l’inverse, être reconnu comme autonome peut renforcer un sentiment de compétence, mais aussi masquer certaines fragilités. Dans les deux cas, l’absence de critères explicites limite la possibilité d’un retour constructif et ciblé.

Ces constats invitent à repenser les modalités d’évaluation de l’autonomie, en reconnaissant sa dimension située, interprétative et normative. Plutôt que de chercher à l’objectiver de manière illusoire, il s’agirait de la rendre explicitable, en identifiant les composantes mobilisées dans les situations et en les reliant à des critères partagés. Une telle évolution suppose de déplacer le regard, en considérant l’autonomie non plus comme un état à mesurer, mais comme un processus à comprendre.

Ces limites, à la fois conceptuelles et opérationnelles, invitent à dépasser une conception individualisante de l’autonomie pour la penser autrement : non plus comme une propriété intrinsèque du sujet, mais comme une capacité située, construite dans et par les interactions avec un environnement donné.

Repenser l’autonomie comme capacité située et distribuée

Sortir du mythe de l’autonomie individuelle

Les difficultés rencontrées pour définir, enseigner et évaluer l’autonomie tiennent en grande partie à une représentation implicite qui la conçoit comme une propriété intrinsèque de l’individu. Être autonome reviendrait à pouvoir agir seul, sans dépendance, en mobilisant ses propres  de manière indépendante. Cette conception, profondément ancrée dans les imaginaires professionnels et éducatifs, repose sur une valorisation de l’indépendance comme forme accomplie de la compétence.

Or, cette vision apparaît largement illusoire dès lors que l’on considère les conditions concrètes de l’activité professionnelle. Aucun professionnel, même expérimenté, n’agit en totale indépendance. Les décisions s’inscrivent dans des cadres organisationnels, s’appuient sur des protocoles, mobilisent des ressources collectives et s’ajustent à des contraintes multiples. L’action professionnelle est fondamentalement située et relationnelle. Elle se déploie dans un tissu d’interdépendances qui conditionne à la fois ses possibilités et ses limites.

Dans cette perspective, l’autonomie ne peut être pensée comme l’absence de dépendance, mais comme la capacité à évoluer de manière pertinente au sein de ces dépendances. Elle ne consiste pas à se soustraire aux contraintes, mais à les comprendre, à les intégrer et, dans une certaine mesure, à les négocier. Elle suppose une capacité à identifier les ressources disponibles, à mobiliser les appuis nécessaires et à ajuster son action en fonction des marges de manœuvre réelles. Autrement dit, l’autonomie est indissociable d’une forme d’intelligence de la situation, qui dépasse largement la seule initiative individuelle.

Vers une autonomie instrumentée et distribuée

L’évolution des environnements professionnels et pédagogiques, marquée par une densification des outils numériques et des systèmes d’aide à la décision, renforce encore cette dimension distribuée de l’autonomie. Les technologies, loin de se substituer à l’action humaine, en deviennent des composantes à part entière. Elles participent à la structuration des raisonnements, à l’accès à l’information, à la coordination des acteurs et à la traçabilité des actions.

Dans ce contexte, être autonome ne signifie plus agir seul, mais savoir articuler efficacement une pluralité de ressources : humaines, organisationnelles et technologiques. L’autonomie devient une compétence d’orchestration, impliquant la capacité à choisir les appuis pertinents, à évaluer leur fiabilité et à en intégrer les apports dans une prise de décision cohérente. Cette autonomie instrumentée ne se réduit pas à la maîtrise technique des outils ; elle suppose une compréhension de leurs logiques, de leurs limites et des effets qu’ils produisent sur l’activité.

L’intelligence artificielle accentue encore cette transformation. En proposant des réponses, des synthèses ou des recommandations, elle modifie le rapport au savoir et à la décision. Elle peut soutenir l’autonomie en facilitant l’accès à des informations pertinentes, mais elle peut également induire une forme de dépendance si son usage n’est pas interrogé. L’enjeu n’est donc pas de choisir entre autonomie et assistance, mais de développer une capacité à coexister avec l’assistance, sans en perdre la maîtrise.

Cette perspective conduit à envisager l’autonomie comme une propriété émergente d’un système d’interactions, plutôt que comme une qualité individuelle isolée. Elle invite à déplacer le regard, en s’intéressant moins à ce que fait l’individu seul qu’à la manière dont il mobilise et coordonne les ressources à sa disposition.

Pistes pour une ingénierie pédagogique de l’autonomie

Repenser l’autonomie dans ces termes ouvre des perspectives pour sa prise en compte dans les dispositifs de formation. Il ne s’agit plus de viser une autonomie abstraite, supposée émerger d’elle-même, mais de créer les conditions de son développement progressif, en articulant explicitement les dimensions qui la composent.

  • La première exigence consiste à expliciter les attendus. L’autonomie ne peut être développée que si les apprenants disposent de repères clairs sur ce qui est attendu d’eux. Cela implique de décomposer la notion en dimensions observables, liées à des situations concrètes : capacité à identifier un problème, à mobiliser des ressources pertinentes, à prendre une décision argumentée, à évaluer les effets de son action. Cette explicitation permet de sortir d’une approche implicite et de rendre l’autonomie accessible en tant qu’objet d’apprentissage.

  • La seconde piste repose sur le développement de la réflexivité. L’autonomie ne se réduit pas à l’action ; elle suppose une capacité à prendre du recul sur ses propres pratiques, à analyser ses choix et à en comprendre les effets. Les dispositifs pédagogiques peuvent soutenir cette réflexivité en intégrant des temps d’analyse de pratiques, des retours argumentés et des espaces de discussion. Il s’agit de permettre à l’apprenant de construire une compréhension de son propre fonctionnement, condition essentielle d’une autonomie durable.

  • Une troisième orientation concerne la scénarisation de situations complexes. L’autonomie se développe dans la confrontation à des situations qui ne peuvent être résolues par l’application mécanique de règles. Proposer des situations ouvertes, nécessitant des arbitrages, des ajustements et des prises de décision, permet de travailler les dimensions constitutives de l’autonomie. Toutefois, ces situations doivent être accompagnées d’un étayage adapté, permettant d’éviter une mise en difficulté excessive.

  • Enfin, l’intégration des outils numériques et de l’intelligence artificielle doit être pensée de manière critique. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à les utiliser, mais de développer une littératie critique des outils, permettant d’en comprendre les apports et les limites. L’autonomie, dans ce contexte, suppose la capacité à décider quand recourir à un outil, comment interpréter ses productions et dans quelle mesure s’en affranchir.

Ces différentes pistes convergent vers une même idée : l’autonomie ne se décrète pas, elle se construit. Elle ne relève ni d’une disposition naturelle, ni d’un effet automatique des dispositifs, mais d’un processus d’apprentissage exigeant, qui suppose une ingénierie pédagogique consciente de ses enjeux.

Ainsi redéfinie comme capacité située, distribuée et construite, l’autonomie cesse d’apparaître comme une évidence pour devenir un objet central de réflexion pédagogique. Reste alors à en tirer les conséquences, en interrogeant la manière dont les institutions de formation peuvent dépasser l’injonction pour en faire un levier réel de professionnalisation.

Autonomie située

L’autonomie, telle qu’elle est mobilisée dans les référentiels de compétences et les dispositifs de formation, apparaît à l’issue de cette analyse comme une notion à la fois centrale et profondément problématique. Centrale, parce qu’elle cristallise des attentes fortes en matière de professionnalité, de responsabilité et de capacité d’adaptation. Problématique, parce qu’elle demeure largement indéterminée, difficile à enseigner et délicate à évaluer, au point de fonctionner parfois davantage comme une évidence implicite que comme une compétence réellement construite.

Loin d’être une qualité intrinsèque de l’individu, l’autonomie se révèle être une construction située, dépendante des contextes, des ressources disponibles et des cadres dans lesquels l’action s’inscrit. Elle ne se confond ni avec l’indépendance, ni avec la simple prise d’initiative, mais renvoie à une capacité plus complexe : celle d’agir de manière pertinente dans un environnement donné, en mobilisant et en articulant des ressources multiples. En ce sens, elle relève moins d’un état que d’un processus, moins d’un attribut stable que d’un équilibre dynamique entre contraintes et marges de manœuvre.

Cette relecture invite à dépasser les approches incantatoires qui font de l’autonomie un objectif allant de soi, sans en interroger les conditions de possibilité. Elle conduit à reconnaître que l’injonction à l’autonomie, lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’une explicitation des attendus et d’une ingénierie pédagogique adaptée, peut produire des effets contre-productifs : opacité des évaluations, incompréhension des apprenants, voire fragilisation des parcours.

À l’inverse, considérer l’autonomie comme un objet d’apprentissage à part entière suppose d’en expliciter les composantes, de créer des situations propices à son développement et d’accompagner les apprenants dans l’appropriation progressive des responsabilités qui lui sont associées.

L’essor des technologies numériques et de l’intelligence artificielle accentue encore ces enjeux. En reconfigurant les modalités d’accès au savoir, de prise de décision et d’action, ces outils transforment les contours mêmes de l’autonomie. Ils offrent des leviers puissants d’augmentation des capacités individuelles, tout en introduisant des formes inédites de dépendance. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement de savoir si les individus sont autonomes, mais de comprendre de quoi et avec quoi ils le sont. L’autonomie devient alors indissociable d’une capacité à utiliser les outils de manière critique, à en maîtriser les apports sans en subir les effets.

Au terme de cette réflexion, une tension demeure, et elle est sans doute irréductible. L’autonomie est à la fois une exigence légitime et un idéal difficile à atteindre pleinement. Elle suppose une responsabilisation des individus, mais aussi des conditions organisationnelles et pédagogiques qui la rendent possible. Elle appelle à la fois à l’émancipation et à la reconnaissance des interdépendances qui structurent toute activité humaine.

Dès lors, peut-être convient-il de déplacer la question. Plutôt que de chercher à former des individus autonomes au sens d’une indépendance supposée, il s’agirait de former des professionnels capables de négocier leur autonomie, c’est-à-dire d’en comprendre les limites, d’en exploiter les potentialités et d’en assumer les responsabilités. Une autonomie lucide, en quelque sorte, consciente de ses appuis comme de ses contraintes.

Illustration:  Autonomie: fiction normative ou réalité observable
Générée par l'IA (Canva) - Flavien Albarras

Références

Élaboration du référentiel de compétences. (s. d.). Site de la mission APUI à Avignon Université. Consulté 1 mai 2026, à l’adresse https://apui.univ-avignon.fr/l-approche-par-competences/elaboration-du-referentiel-de-competences/

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Déclaration d’utilisation de l’IA — ChatGPT et Perplexity ont été utilisés comme outils d’assistance pour : (a) l’aide à la revue bibliographique (repérage/tri d’articles et structuration des pistes de lecture), (b) la reformulation de certains passages afin d’en améliorer la clarté et la fluidité, (c) la rédaction du résumé de cet article et (d) la correction orthographique. Canva a été utilisé pour générer l'image d'illustration de l'article. L’IA n’a pas produit d’arguments ni de données sans validation : toutes les références ont été vérifiées et aucune citation n’a été inventée. Le contenu, les analyses et les interprétations restent de ma seule responsabilité.


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