« Je pense que nous, dans notre famille, n'avons pas besoin de bombes et d'armes à feu, de détruire pour ramener la paix - il suffit de se réunir, de s'aimer, d'apporter cette paix, cette joie, cette force de présence mutuelle à la maison. Et nous pourrons vaincre tout le mal qui est dans le monde. »
Mère Teresa Religieuse (1910 - 1997)
De l’acte de présence à la présence rayonnante
Selon l’angle choisi, la présence dispose d’une influence sur les situations vécues ensemble relativement à l’apprentissage. Être attentif à ce que l’on apprend, donc être présent à la situation est un gage de capter les informations pertinentes que d’autres partagent. À l’inverse d’un corps posé sans attention dans un décors qui ne lui parle pas. Ainsi, « faire acte de présence » c’est la demande des enseignants en difficulté pédagogique, pour canaliser des élèves qui sont invités à se mettre au fond et ne pas déranger les autres. Leur corps sont matériellement posés dans la classe quand bien même leur esprit vagabonderait. Les corps sont bien là mais rien ne rayonne, ne pénètre ou ne sort.
Les « générations Z » et les Millenials ont fait du vagabondage en ligne une préférence. Ainsi ils considéreraient plus importantes leurs relations en ligne que les échanges en présence « 60% de la génération Z, née dans les années 1990-2000, et 62% des millennials, ou génération Y, née dans les années 1980-1990, affirment que la manière de se présenter en ligne est plus décisive que la manière d'apparaître en personne ». Soit ils négligent les relations en proximité, soit ils se projettent par avance dans un monde toujours plus médiatisé. Ils sont prêts aux métaverses que les grandes firmes commerciales américaines d’internet nous proposent.
Être présent « ici et maintenant » est une demande des praticiens de la Gestalt pour créer des relations saines au sein d’un groupe. L’ici et maintenant de la Gestalt veut dire que là, maintenant, dans le moment présent, je suis quelque part.
Cette demande « hic et nunc » conditionne la puissance de ce qui peut se produire par l’apport mutuel des membres d’un groupe à une question commune ou individuelle. La formation à distance est-elle l’opposé de la formation en présence ? Peut-être que l’interaction est bien plus que deux corps qui s’accordent et que les esprits aussi se frottent ?
Développer la présence pour apprendre de façon authentique
Les techniques théâtrales s’efforcent de nous apprendre à obtenir l’attention de tout un auditoire. Il s’agit pour l’acteur d’être présent, de capter la lumière, de transcender l’espace pour exprimer tout son potentiel. Il existe de nombreux exercices de théâtre pour s’initier à cet art. Mais, n’est-ce pas là un rôle, un jeu d’acteur que l’on endosse, d'apprendre à respirer, à se poser, à bouger sur une scène? Ce rôle que l’on pose au porte manteau une fois le spectacle terminé est-il profond ?
La présence véritable est l’union de soi au milieu pas une peau que l’on enfile et qui nous masque. Certains se laissent abuser, mais à force de contempler le spectacle télévisuel où des acteurs de théâtre, des hommes/femmes politiques nous servent des éléments de langage corporel tous les jours, nous finissons à l’expérience à déceler que ces jeux sont des pantomimes, que le maquillage de mots et de crèmes dissimulent de plus en plus mal.
Une présence véritable, c’est quelque chose qui émane de soi en imbrication avec le monde. Il y a une grâce naturelle de la présence qui se contente d’être là sans chercher à être autre chose que ce qu’elle est. Chercher des pratiques d’une présence intérieure nous conduit à explorer des mondes sociaux qui explorent par la danse, le corps, les arts martiaux. Ces approches disciplinent les corps et leur donnent des inflexions apprises parfois à l’encontre de l’inclinaison naturelle de soi.
Le Social Presencing Theater, a été créé et dynamisé par Arawana Hayashi. Il cherche à rendre visible l’invisible par des gestes ou des mouvements véritables. « Un « vrai mouvement » est une action qui naît de l’ouverture – un espace dans lequel notre corps, notre esprit et notre environnement sont synchronisés et ne sont pas en guerre les uns contre les autres. », ce vrai mouvement exprime notre essence et fait rayonner notre présence.
De nombreuses approches issues du Social Presencing Theater nous familiarisent avec un refus de gestes préprogrammés et l’accueil de gestes émergents. La grammaire de ces gestes présiderait à des relations sincères. Des groupes (Génération Présence) consacreraient de l’énergie et du temps à maîtriser les nuances subtiles de ce que le corps exprime d’invisible et de non-dits. Créer spontanément une chorégraphie par la mise en présence des corps est une expérience étonnante à qui s’y essaye.
La présence pour la facilitation
Les managers ont aussi observé que la coprésence de contributeurs engage des jeux sociaux et pousse chacun à se distinguer et à contribuer à une tâche commune. C’est l’idée de l’émulation qui conduit un groupe à réaliser des performances. Pour un facilitateur, la pleine présence à soi est indissociable des ancrages qu’il a établi avec son milieu.
L’ancrage est une attitude de lien entre ciel et terre, une attitude qui passe par l’amour de son corps, l’acceptation de ce que l’on est et qui évite de dériver (vers des sujets sans importance, des tâches inutiles, des choix superflus). Cet ancrage s’allie souvent au centrage qui est un équilibre des énergies de réchauffement et de refroidissement qui circulent dans notre corps et avec le milieu, un peu à la façon des notions de Yin et de Yang chinois.
La présence serait comme partie intégrante du milieu faite d’ancrage et de centrage. La présence est lien au monde qui se donne à voir, par des attitudes, des initiatives, des niveaux d’énergies, des postures corporelles. Pour un facilitateur c’est une ressource incroyable, le travail d’une vie. Ce travail de lien se perçoit par les membres du groupe. C’est potentiellement une passerelle vers des manières d’interagir et d’être ensemble.
Par mimétisme, par une intention placée dans l’attention, le facilitateur véhicule ses ancrages au monde et les valeurs qu’il prétend défendre. Par les interactions qu’il accueille, parfois qu’il guide, le facilitateur donne à voir un lien au monde et au groupe, qui libère des envies et des ressources des membres du groupe. En cela la facilitation passe par une présence aux autres soutenue. Cette présence incite à la présence de chacun et la libération du meilleur du potentiel collectif.
Sources
Social presencing theater https://www.presencing.org/programs/marketplace/social-presencing-theater
Génération Présence https://www.facebook.com/groups/542062885871267/
Exercices de présence sur scène https://www.famille.pyrat.net/Exercices-de-presence-sur-scene.html
Slate. Génération Z et millenials : leur vie sur écran plus importante que le monde réel http://www.slate.fr/story/211852/generation-z-millennials-vie-sur-ecrans-plus-importante-que-monde-reel
Gestalt thérapie https://www.gestalt.fr/gestalt-therapie/
Soyezchefpasmanager.com. Facilitation ou paresse sociale : les effets des autres sur votre performance www.soyezchefpasmanager.com/influence-et-performance-les-effets-des-autres-sur-vos-realisations/
Techniques de méditation Ancrage https://www.techniquesdemeditation.com/ancrage-centrage-2-exercices-bien-etre/
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