Favoriser la gratuité des transports en commun
Comment marier écologie et progrès social? La gratuité des transports en commun serait une façon d'enlever un poste de dépense important des familles défavorisées... et une économie globale au final.
Publié le 01 novembre 2023 Mis à jour le 15 janvier 2026
Si l’existence des routes est la preuve certaine du désenclavement des zones, gage d’un développement, elle est tout aussi porteuse d’un ensemble de maux et de nuisances de toutes sortes, allant des accidents de circulation jusqu'aux problèmes de santé.
Ces maux d’ailleurs serait vécus différemment suivant l’appartenance à une classe sociale, selon les conclusions découlant de la revue de la littérature consultée par la chercheuse. Ainsi, des individus issus des couches défavorisées en seraient les principales victimes.
Associant le trafic routier aux inégalités sociales, Sarah Mahdjoub-Assaad rédige une thèse de doctorat décapante : «Les nuisances liées au trafic routier (bruit, pollution de l’air et insécurité) : de la gêne à la perception du risque sanitaire sous l’angle des inégalités sociales». Cette recherche a deux objectifs :
Afin d’atteindre ces objectifs, la chercheuse organise sa réflexion en trois parties : l’état des connaissances, l’enquête et discussion générale. Dans l’optique de rendre compte de ce travail, elle s’emploie à présenter l’état des connaissances, les outils de collecte données et l’échantillonnage, et enfin les résultats de la recherche.
Dans cette partie, Sarah reconnaît que les nuisances liées au trafic routier ne datent pas d’aujourd’hui. Déjà les Romains s’en plaignaient. Ces nuisances gênantes constituent en France des fléaux de société et de santé qui intéressent de nombreuses institutions telle que BruitParif (Observatoire du bruit en Île-de-France). La chercheuse classe les nuisances en trois catégories qu’elle présente succinctement avec les risques encourus pour les humains à savoir le bruit, la pollution et l’insécurité. Par la suite, elle analyse les nuisances routières sous l’angle des inégalités sociales.
Que ce soit les inégalités sociales en liaison avec le bruit, la pollution ou l’insécurité routière, la littérature à ce sujet ne dévoile guère des conclusions unanimes. Ceci étant dû à la variation des conceptions et la méthodologie de chacune des études, sans oublier le manque de données dans certains pays européens. Consciente de cet obstacle, Sarah inclut d’autres facteurs d’analyse qu’elle introduit dans ses objectifs à savoir : les déterminants sociodémographiques, socioéconomiques et de mobilité.
Après avoir présenté l’état des connaissances au sujet des variables de sa recherche, la chercheuse procède à la délimitation du terrain d’étude.
La chercheuse a mené deux recherches transversales en « population générale » dans le département du Rhône, respectivement en 2013 et 2014. La première enquête portait sur la gêne, et 720 enquêtés y ont participé. La deuxième enquête centrée sur la perception du risque sanitaire et du ressenti de ses effets a connu la participation de 277 sujets, correspondant aux volontaires de la première étude ayant accepté de poursuivre l’enquête. Le principal outil de collecte a été le questionnaire. Par dépouillement des données, Sarah est parvenue à des conclusion.
À la question de savoir quels sont les déterminants d’une gêne ressentie vis-à-vis du bruit, de la pollution de l’air et des accidents de la route, la chercheuse émet l’hypothèse selon laquelle les personnes les plus gênées étaient les plus défavorisées.
Référence
Mahdjoub-Assaad Sarah, 2018, Les nuisances liées au trafic routier (bruit, pollution de l’air et insécurité) : de la gêne à la perception du risque sanitaire sous l’angle des inégalités sociales -Université de Lyon - en ligne
https://theses.hal.science/tel-02062646