Articles

Publié le 08 novembre 2023 Mis à jour le 08 novembre 2023

Prendre un risque ou appréhender un risque

Méthodes pour sortir du doute

Risque, saut dans le vide

Devant des défis collectifs majeurs, comme les changements climatiques par exemple, beaucoup, font ce que l’on appelle communément les autruches. Ils se voilent la face ou se cachent la tête dans le sable pour ne rien voir.

Et, plus les rapports sont criants et plus ils restent sourds et aveugles dans une passivité qui paraît hallucinante pour les activistes. Quel est donc ce phénomène ?

Une mère ou un père de famille, s'ils voient leur enfant traverser la route devant un gros camion qui arrive à vive allure, vont prendre le risque d’aller sauver leur petit, au delà de leur propre vie, sans même douter. Déjà, ils sont responsables de cette vie et ils ont conscience que s'ils ne font rien alors, il y aura un drame qui les affectera toute leur vie. 

Pourquoi font-ils tout le contraire avec ce fameux climat ? En fait, tous les ingrédients sont dans cette petite histoire...

Pour se sentir responsable, il faut ...

... avoir conscience du problème

“La prise de conscience est, avant tout, un réveil. Cela signifie ouvrir les yeux de l’intérieur pour rendre conscient l’inconscient et ainsi pouvoir faire le premier pas puis commencer toute une révolution personnelle qui était nécessaire. Ce n’est qu’à ce moment que nous serons capables de nous soigner, de nous défaire de ce qui fait mal et, tout simplement, d’avancer vers ce que nous méritons.
Nombreux-ses sont les philosophes et sociologues qui définissent la société actuelle comme une entité endormie…
…Nous sommes peut-être une société de type “Matrix”, toujours soumis-es à un état d’apathie indéfinissable. Une atmosphère intérieure dans laquelle nous comblons des vides émotionnels à travers la nourriture, dans laquelle nous soulageons notre solitude avec des relations éphémères et où nous nous limitons à fuir l’ennui à travers la catharsis momentanée de nos jeux sur portable ou ordinateur.”

Source : La prise de conscience est le premier pas pour guérir ou changer - Nos pensées - 2017
https://nospensees.fr/prise-de-conscience-premier-guerir-changer/

Si on ne voit pas un problème, ou qu'on ne veut pas le voir, le résultat sera le même et il n'y aura pas d'action.

... se sentir responsable du sujet

“Une fois les risques identifiés et classés par niveau de criticité (évaluation chiffré du risque), c’est au Management de définir la stratégie qu’il souhaite adopter vis-à-vis d’un risque, ce qui le confronte aux notions de responsabilisation et d’engagement face à un danger qu’il n’ignore plus. Dès lors, la réponse apportée est hélas trop souvent la même : il faut à tout prix adresser les risques et s’améliorer.
Pourtant, la Direction a aussi la possibilité d’accepter un risque, ce qui ne signifie pas ne rien faire, bien au contraire. Il est plutôt question de conserver le niveau de criticité du risque à son degré actuel. Cela veut donc dire que le Management s’engage à maintenir les dispositifs de maîtrise mis en place, ainsi que les investissements liés. Il est donc indispensable d’avoir au préalable bien identifié ces dispositifs et d’avoir mesuré leur efficacité”.

Source : Pourquoi accepter un risque est une option particulièrement intéressante ? - 2022 -  Amanda Wanderley
https://pyx4.com/blog/quoi-accepter-risque-revient-a-commencer-a-gerer/

Voir un problème, un danger, c'est accepter son existence et donc prendre la responsabilité de faire quelque chose ou pas. C'est plus compliqué que de l'ignorer ou de ne pas le voir. 

... savoir accepter le risque

Accepter un risque, c’est aussi le regarder en face. Et c’est un sujet pas toujours facile, surtout lorsque l’on parle de choses inacceptables comme la disparition des espèces animales par exemple. 

“Accepter l'inacceptable est la plus grande source de grâce en ce monde”.

Citation d’Eckhart Tolle

La grâce n’est pas dans l'inacceptable lui-même, mais, la vertu de l’acceptation est dans le fait d’accepter, c’est la prise en compte d’un problème et d'accepter de retrouver la vue et l’audition. Sortir de l'apathie à la Matrix et de celle de l'autruche. C’est changer les champs du possible et peut-être écrire une histoire différente de celle annoncée. 

Dans nos sociétés actuelles, lorsque l’on dit que l’on accepte un risque, en fait, cela induit la notion de statistiques. J’accepte le risque non pas pour lutter contre car mon assurance m’autorise 10% de pertes ou d’accidents ou…

On trouve ici le problème de la gestion de la délégation du risque. Pour accepter un problème, il faut se sentir responsable. Ici l’assurance devient responsable, alors que dans nos actes de vie citoyenne, nous sommes responsables de nos actes, mais tout ce qui dépasse le cadre du travail et du domestique est délégué dans la plupart du temps à des politiques établies pour gérer ces responsabilités selon leurs échelons d’intervention. 

Notre structure politique, de façon générale, nous met dans une position d'être hiérarchiquement des enfants qui se laissent guider et ne nous permet pas d’être dans une position d’être parent de notre vie citoyenne et donc ne nous permet pas d’être dans une position d’action.

... ressentir que l’on a le pouvoir de faire quelque chose.

Pour agir, nous devons nous sentir légitime dans la situation mais aussi comprendre ou visualiser le pouvoir que nous pouvons avoir sur les choses. Prenez l’exemple de la fonte des glaces qui fait monter l’eau des océans. Est-ce qu’un individu dans son coin peut y faire quelque chose ?

“L’individu est-il devenu le moteur de la société ou son émancipation serait-elle la source d’un danger pour la collectivité ? Comment faire se rejoindre l’intérêt particulier et l’intérêt général ? Dépasser l’égoïsme au nom d’un intérêt éclairé, nommé justice sociale, identité collective, principe de solidarité…, un enjeu majeur pour les sociétés démocratiques.

La question de l’individu et de l’individualisme est la grande question de notre époque. Sur fond d’une interrogation toujours plus pressante concernant les conditions du “vivre ensemble” ou les vecteurs de la cohésion sociale, se trouve ainsi posé le problème du rapport entre les individus.

Concrètement, cela renvoie à des questions d’insécurité, d’incivilité, de solidarité, voire d’abstentionnisme politique. C’est comme si, à la phase "d’invention du social” dont Jacques Donzelot a su éclairer les dynamiques et les enjeux, devait aujourd’hui répondre une période de décomposition du social, scandée par les coups de butoir d’un individu uniquement “replié sur lui-même”, comme l’écrivait déjà Alexis de Tocqueville, au mitan du XIXe siècle. Ferons-nous, alors, encore longtemps “société” ? Dans un monde où surgissent diverses formes d’incertitude, nous pressentons que la question n’est pas simplement rhétorique”.

Source : Individu et société : les enjeux d'une controverse - Les vecteurs de la cohésion sociale
Patrick Savidan - Dans Informations sociales 2008/1 (n° 145), pages 6 à 15
https://www.cairn.info/revue-informations-sociales-2008-1-page-6.htm


En fait non cet individu seul ne peut pas sauver le monde, mais, il faut qu'il garde espoir. Demeure un phénomène climatique qui touche toute la planète.

“Te souviens-tu d’une fin de semaine où la météo prévoyait de la pluie, mais où il a fait un temps radieux ? Ou l’inverse ? Bien que la technologie fasse chaque jour des progrès fulgurants et que ton cellulaire soit plus puissant que l’ordinateur qui a envoyé les premiers hommes sur la Lune, nous sommes toujours incapables de prévoir la météo plus de deux ou trois jours en avance.
Pourquoi cela ? Le scientifique américain Edward Lorenz a mis le problème sur la table lors d’une conférence en 1972. Le titre de sa présentation est resté dans les mémoires : “Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?”
Quel rapport avec la météo ? Selon son analogie, on aura beau entrer dans une gigantesque équation tout un tas de paramètres mesurés aujourd’hui et qui pourraient influencer la météo dans quelques jours (force et direction du vent, ensoleillement, humidité…), il y aura toujours un détail infime, et surtout imprévisible (comme le battement d’aile d’un papillon, qui crée une perturbation locale, qui en crée une autre, qui s’amplifie…) auquel on ne pensera pas et qui pourra changer radicalement le résultat final. On appelle cela l’effet papillon : de petites causes peuvent parfois avoir de grandes conséquences sur le long terme. Il s’applique à plein d’autres phénomènes, comme la formation des embouteillages”.

Source : L’effet papillon : quand un détail fait tout basculer - 2021 - Québec Science
https://www.quebecscience.qc.ca/14-17-ans/encyclo/leffet-papillon-quand-un-detail-fait-tout-basculer/


Alors, nous ne pouvons pas sauver le monde mais, à l’exemple des Colibris de Pierre Rabhi, si chacun fait sa part et que celle-ci est coordonnée avec les autres alors il y a de l’espoir. 

Le dernier ingrédient pour entrer dans l’action qui est le premier en fait, c’est la motivation et donc le rapport émotionnel que l’on peut avoir avec un risque, un problème…

Des émotions aux motivations

Il existe deux types de motivations : les motivations extrinsèques, qui sont renforcées par des demandes venant de l’extérieur de notre esprit : faim soif, sexe, intégrité du corps…

Et il y a les motivations intrinsèques, d’ordre psychologique, comme la nouveauté, l’erreur de prédiction, l'exploration, la curiosité…

…On peut être tenté de confondre motivation et émotions qui sont pourtant fondamentalement différentes. Les émotions donnent une valeur aux choses, mais elles demeurent passives. Au contraire, les motivations nous poussent à l’action : elles nous font dire : « Je veux… Je ne veux pas » et non « J’aime » ou « J’aime pas »…

Source : Apprentissage, motivation, émotion : comment apprenons-nous ?
Le Monde - Rémi Sussan
https://www.lemonde.fr/blog/internetactu/2014/06/20/apprentissage-motivation-emotion-comment-apprenons-nous/


Avec tous les ingrédients précédents, quand tout est aligné, nous pouvons, vous pouvez passer à l’action mais il faut au préalable, avoir l'espoir, réfléchir et peser les choses qui vont nous faire entrer dans l’action. 

Pouvoir évaluer les effets de si on fait quelque chose ou de si on ne fait rien est un préalable. Certains sautent à l’eau sans passer par cette étape à leurs risques et périls, d’autres vont être tellement frileux qu’ils ne feront rien. C’est le domaine de la gestion des risques, que l’on étudie en entreprises mais qui pourrait être un fondamental de l’école aussi.

Image : Pixabay - Gert Haltman


Voir plus d'articles de cet auteur

Dossiers

  • Prise de risque


Le fil RSS de Thot Cursus - Besoin d'un lecteur RSS ? FeedBinFeedly , NewsBlur


Les messages de Thot sur BlueSky



Superprof : la plateforme pour trouver les meilleurs professeurs particuliers en France (mais aussi en Belgique et en Suisse)


Réviser le Code de la route



Recevez notre Dossier de la semaine par courriel

Restez informé sur l’apprentissage numérique sous toutes ses formes. Des idées et des ressources intéressantes. Profitez-en, c’est gratuit !