Qu’est-ce qu’une émotion ?
“L'émotion est une expérience psychophysiologique complexe et intense (avec un début brutal et une durée relativement brève) de l'état d'esprit d'un individu animal liée à un objet repérable lorsqu'il réagit aux influences biochimiques (internes) et environnementales (externes). Chez les humains, l'émotion inclut fondamentalement « un comportement physiologique, des comportements expressifs et une conscience ». L'émotion est associée à l'humeur, au tempérament, à la personnalité et à la disposition, ainsi qu'à la motivation…
Les émotions ont été classées selon deux catégories : simple ou complexe. Une émotion est dite simple lorsqu'elle entraîne un changement facial ou une gestuelle universelle. Selon Paul Ekman (1984) les émotions simples seraient la peur, la joie, la tristesse, la colère, la surprise et le dégoût. Les émotions complexes sont une combinaison d'émotions simples.
En neuroanatomie chaque structure différente de l'encéphale s'occuperait de l'expression et de la conscience émotionnelle. En effet, selon la zone qui va être utilisée, différentes émotions vont être suscitées. On peut citer par exemple l'amygdale qui est la région de la peur. Il y a plusieurs cas qui montrent que les émotions sont en lien avec l'encéphale comme le cas de Phineas Gage.
Les émotions influent sur notre quotidien et possèdent un impact sur notre environnement social ainsi que sur nous-mêmes. Effectivement, les émotions modifient et régulent notre comportement avec autrui…”
Source : Wikipedia - Emotions - https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89motion
Les émotions sont une partie de notre humanité mais elles doivent être gérées de façon normée afin d’évoluer en société. Et, si une partie n’est pas contrôlée, celles-ci peuvent créer un enchaînement d’événements ou une série d’enchaînement d’événements avec des conséquences qui peuvent ,dans les cas extrêmes, devenir dramatiques.
En Suisse, nous avons pour des groupes d’enfants et d’adolescents des cours ou des activités proposées par les ergothérapeutes. Ce sont des programmes pour les enfants "différents" comme les Hauts Potentiels, les hyperactifs, les enfants qui sont harcelés en classe afin de leur donner les clefs pour avoir un meilleur vécu collectif ou pour rentrer dans les normes sociales.
Cela fait partie de la formation de nos ergothérapeutes.
“Les ergothérapeutes aident les enfants ou les adultes limités dans leurs capacités d'agir à cause d'une maladie, d'un accident, de troubles du développement ou du vieillissement à conquérir, retrouver ou maintenir leur autonomie dans les activités quotidiennes, sociales, professionnelles ou de loisirs. Cet objectif peut être atteint grâce essentiellement à des conseils et des activités ajustés à chaque personne, complétés par l'adaptation du matériel et des moyens auxiliaires, ainsi que par l'aménagement de l'environnement des patients (locaux, personnes ressources).”
Source : Ergothérapeute HES - https://www.orientation.ch/dyn/show/1900?id=924
Tout en sachant, que l’absence d’émotions ou d’empathie est aussi une sorte d’émotion qui peut créer d’autres sortes de perturbations, c’est pourquoi, il faut aussi y inclure ces profils dans le cadre de la norme sociale.
“Les émotions des autres sont inconfortables
L’empathie a trois typologies dont la dimension affective. Elle renvoie à notre capacité à détecter, connecter et comprendre les émotions des autres. Or, dans le trouble du déficit de l’empathie, il y a un malaise évident par rapport aux sentiments et aux émotions des autres. Ils sont bouleversants, dérangeants et, pire encore, mal interprétés.
Si mon partenaire est triste, je peux penser “il veut juste attirer l’attention”. Si mon collègue semble contrarié ou en colère, je peux me dire “laissez-le faire, ses problèmes ne concernent que lui”.
Source : Les symptômes du trouble déficitaire de l'empathie (TDE)
https://nospensees.fr/les-symptomes-du-trouble-deficitaire-de-lempathie-tde/
Quel est le vrai fond des problèmes que peuvent générer les émotions ?
En réalité, ce n’est pas l’émotion ou le manque d’émotions par eux-mêmes les problèmes.
- Les émotions deviennent un problème lorsqu'elles induisent des surréactions ou des sous-réactions par rapport à la norme sociale.
- L’expression de l’un ou l’autre peut générer des actes non réfléchis. Ceci fait référence à des émotions non cognitives, des émotions qui ne passent pas par la case du savoir mais plus de l’autodéfense du corps que l’on pourrait aussi appeler émotions instinctives gérées par la partie du cerveau appelée Amygdale qui est aussi liée aux fameuses Amygdales que l’on enlève aux enfants en cas d’infections régulières.
“Plusieurs taxonomies des émotions ont été proposées. Certaines de ces catégorisations incluent :
- émotions « cognitives » par opposition aux émotions « non cognitives » ;
- émotions « instinctives » (de l'amygdale), par opposition aux émotions « cognitives » (du cortex préfrontal) ;
- émotions « simples » (existant dans plusieurs espèces animales : rage, vigilance, extase, adoration, terreur, stupéfaction, chagrin et dégoût) par opposition aux émotions « complexe » (états construits à partir des émotions simples et d'une multiplicité de représentations additionnelles : représentations de situation, de soi, d'objet, d'autrui, de cause).”
Source : Wikipedia - Emotions - https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89motion
“L'amygdale ou complexe amygdalien est un noyau pair situé dans la région antéro-interne du lobe temporal au sein de l'uncus, en avant de l'hippocampe et sous le cortex péri-amygdalien.
Elle fait partie du système limbique et est impliquée dans la reconnaissance et l'évaluation de la valence émotionnelle des stimuli sensoriels, dans l'apprentissage associatif et dans les réponses comportementales et végétatives associées en particulier dans la peur et l'anxiété. L'amygdale fonctionnerait comme un système d'alerte et serait également impliquée dans la détection du plaisir.”
Source : Wikipedia - Amygdale - https://fr.wikipedia.org/wiki/Amygdale_(cerveau)
“On pensait que l'amygdale réagissait de la même façon peu importe le stimulus. De nouveaux travaux montrent que cette zone du cerveau sait distinguer le plaisir du danger.
Vous entrez chez vous, une main sur la poignée de porte. Soudain, les lumières s'allument et plusieurs personnes surgissent de derrière le canapé. Faut-il fuir face à des cambrioleurs ? Soulagement, ce sont des amis venus faire une surprise pour votre anniversaire. Durant ces quelques secondes de surprise, votre amygdale fonctionne à plein régime. Cette petite zone en forme de noix au centre de notre cerveau joue un rôle crucial dans nos émotions afin de pouvoir orienter et dicter des réactions comportementales.
L'amygdale joue un rôle de centralisateur à toutes les sensations qui nous parviennent. Une caresse sur la main, le goût d'une pizza qui sort du four, un animal sauvage aperçu dans les bois : le signal part de nos organes et arrive d'abord dans l'amygdale. Elle transmet ensuite l'information à d'autres régions du cerveau, grâce auxquelles nous réagirons ensuite à ces stimuli. On pensait jusque-là que l’amygdale ne pouvait pas faire la différence entre les stimuli agréables et les stimuli désagréables. Qu’elle réagissait de la même façon face à un cadeau à ouvrir que face à une mauvaise odeur. Pourtant, de nouveaux travaux publiés dans la revue Nature laissent penser que l'amygdale est bien capable de faire la différence lorsque nous avons une récompense ou une menace face à nous.
Plusieurs stimuli, plusieurs réactions
Dans le laboratoire de Cold Spring Harbor aux Etats-Unis, le neuroscientifique Bo Li vient de faire une série de découvertes sur la façon dont cette toute petite zone cérébrale fonctionne. Parmi les différents neurones présents dans l'amygdale, son équipe s'est intéressée en particulier aux neurones qui expriment la somatostatine (un neuropeptide largement exprimé dans le système nerveux central) présents dans l'amygdale centrale et dont on sait qu'ils contrôlent la régulation émotionnelle face à la douleur.
Pour cela, il s'est servi de souris de laboratoire, qu'il a entraînées à associer certains sons à une récompense (de l'eau, de l'eau sucrée, de la nourriture) et d'autres à une punition (un choc). Le cerveau des souris était surveillé tout au long de l'expérience afin d'observer la réaction des neurones sensibles à la somatostatine. Résultat étonnant : l'amygdale répondait de façon différente selon que la souris recevait une récompense ou une punition. Plus précisément, ce sont des neurones différents qui se sont activés selon le type de stimulus induit chez l'animal. Mieux encore, des sous-populations de neurones dans cette amygdale s'activaient différemment selon le type de récompense, selon que la souris recevait de l'eau ou de l'eau sucrée par exemple.
Finalement, l’amygdale est moins un "système d’alerte" face aux stimuli de toute nature qu’une aire presque sensorielle, dans la mesure où elle sait faire la fine distinction entre toutes sortes de sensations qui nous arrivent. "La nature du stimulus qui arrive est donc bien une donnée qui va jouer dans la réponse neuronale", confirme le Pr Li auprès de Sciences et Avenir”.
Source : Agréable ou dangereux ? Comment le cerveau réussit à faire la différence - Coralie Lemke - Avril 2023 - https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/agreable-ou-dangereux-comment-le-cerveau-reussit-a-faire-la-difference_170486
Donc l’émotion non cognitive qui nous intéresse ici est une émotion de nature sensorielle. Cela veut dire que cela ne va pas passer par le filtre raisonné de la conscience. Cela sert dans le cas extrême des dangers car l’amygdale active des réponses qui sont des commandes automatiques du corps pour se protéger.
Comme les amygdales qui partagent le même nom attribués dans le cadre des médecines occidentales anciennes qui travaillaient sur les humeurs du corps et des comportements. Les amygdales luttent contre les virus, les dangers microscopiques et l’amygdale lutte contre les autres dangers. Y-a-t-il un lien entre les deux ? Des hypothèses peu documentées ont été émises comme quoi les enfants à qui l’on a enlevé les amygdales ont des profils peu qualifiés pour se défendre face à des attaques sociales diverses. C’est peut-être un sujet de thèse à développer.
Les impacts des altérations de l’Amygdale sur nos comportements et autres fonctions du cerveau
“La maladie d’Alzheimer (MA) s’accompagne d’une atrophie précoce de l’amygdale dont les répercussions cognitivo-émotionnelles sont encore mal connues. Cet article de synthèse décrit les travaux de neuro-imagerie qui ont spécifiquement examiné les liens entre les atteintes anatomo-fonctionnelles de l’amygdale et le traitement de l’information émotionnelle dans la MA. Des perturbations de la mémoire émotionnelle (concernant le conditionnement de peur et l’effet de l’émotion sur la mémoire), de la cognition sociale (et en particulier de la reconnaissance des expressions faciales) et de l’attention émotionnelle ont pu être mises en lien avec les changements amygdaliens qui apparaissent dans ces populations.
Toutefois, notre synthèse souligne une faible reproductibilité de ces résultats. Nous présentons alors les nouveaux modèles interprétatifs des fonctions de l’amygdale et examinons leurs apports potentiels dans l’identification des troubles de traitement de l’information émotionnelle chez ces patients. Nous défendons en particulier l’idée selon laquelle l’étude des performances en attention émotionnelle dans ce nouveau cadre théorique constitue une approche pertinente, tant pour une amélioration du diagnostic différentiel que pour une meilleure caractérisation des troubles émotionnels en lien avec les altérations amygdaliennes dans la MA.”
Source : Altérations amygdaliennes dans la maladie d’Alzheimer : quelles répercussions ? - Jessica Bourgin, Laetitia Silvert, Pascal Hot - Revue de neuropsychologie 2023/1 (Volume 15), pages 17 à 24
https://www.cairn.info/revue-de-neuropsychologie-2023-1-page-17.htm
L’amygdale a donc une fonction régulatrice importante des humeurs,
Bonne humeur, mauvaise humeur, empathie, manque d’empathie… et selon les contextes, celle -ci va générer des comportements adaptés, sur-réactifs ou sous-réactifs pouvant entraîner des problèmes avec des impacts plus ou moins importants.
Voici quelques exemples.
- Vous venez de rompre, vous prenez votre voiture et vous avez un accident d’inattention car les émotions vous submergent.
- Vous êtes sous l’effet d’un stress intense comme avec la crise COVID qui a confiné des millions de personnes à la maison et d’un seul coup vous vous mettez à battre votre femme. Qu’est-ce qui se passe en réalité ? En fait, le stress à haute dose est une agression. Le cerveau va essayer de retrouver une zone de confort souvent issue de la petite enfance et va s’en servir comme modèle automatique afin de soulager la gestion du stress. Et si votre modèle de votre petite enfance, qui vous a construit est celui de votre père battant votre mère ou vice versa, alors sans même que cela passe par votre conscience du bien et du mal, vous allez battre votre femme.
- Toute votre enfance, votre famille vous a dit que vous n’êtes pas quelqu’un de valeur. C’est une douleur que vous devez accepter et que vous allez intérioriser. Certains vont finir par le croire mais d’autres non, cependant dans tous les cas c’est une blessure qui est chargée d’émotions refoulées ou pas. Vous allez boire un verre dans un bar et là quelqu’un vous dit que vous êtes nul. Pour quelqu'un construit différemment, celui-ci va laisser tomber. Mais pour vous qui avez cette blessure en vous, vous allez passer en mode défense et sur-réagir. Peut-être vous vous ferez casser la figure, ou peut-être vous allez blesser la personne en face, voire dans les cas extrêmes attenter à sa vie. Et, là, toute votre vie va basculer.
Importance de la gestion des émotions pour l'équilibre mental
"La gestion des émotions joue un rôle essentiel dans le maintien d’un équilibre mental. En apprenant à reconnaître, comprendre et réguler nos émotions, nous pouvons améliorer significativement notre santé mentale. Les émotions peuvent souvent être intenses et avoir un impact négatif sur notre bien-être si elles ne sont pas gérées efficacement.
Lorsque nous sommes capables de gérer nos émotions, nous avons plus de contrôle sur nos pensées et nos comportements, ce qui peut réduire le stress et l’anxiété. Cela favorise également une meilleure communication et une plus grande empathie dans nos relations avec les autres.
Une autre dimension importante de la gestion des émotions est son influence sur notre capacité à prendre des décisions rationnelles. Lorsque nous sommes submergés par des émotions négatives telles que la colère ou la tristesse, il est difficile d’avoir une vision claire et objective des situations. La gestion efficace des émotions nous aide à éviter les réactions impulsives ou irrationnelles qui pourraient nuire à notre bien-être global.
En outre, la gestion des émotions peut renforcer notre résilience face aux difficultés de la vie. Lorsque nous sommes confrontés à des défis ou à des événements traumatisants, savoir reconnaître et exprimer nos émotions de manière saine peut faciliter le processus de guérison. Cela nous aide également à adopter une perspective positive et optimiste, même lorsque nous sommes confrontés à des situations stressantes”.
Source : https://henrihelias.fr/ - Gestion des Émotions : Pourquoi est-ce Essentiel ?
https://henrihelias.fr/sante-mentale/prevention-et-bien-etre/gestion-des-emotions-sante-mentale
Les problèmes liés aux émotions peuvent être gérés par des psychologues dans le cas de problèmes mentaux, par des ergothérapeutes dans le cas de difficultés d’intégration sociale, mais aussi par l’école. Déjà, reconnaître ses émotions et les accueillir est un point très important. Est-ce que j’arrive dans la classe content, en colère, triste…? C’est un point important pour améliorer l’expérience élève et professeur.
L’intellectualisation de l’émotion comme dans l’expression “tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant de répondre” est aussi un apprentissage. Un apprentissage qui pourrait se faire aussi dans le cadre de l’école.
Source image - PDPics - Pixabay
Voir plus d'articles de cet auteur