De nombreux médias et responsables politiques diffusent et répètent des nouvelles environnementales affligeantes et créent une ambiance anxiogène, surtout auprès des jeunes.
Parmi ces
nouvelles négatives, les cris d’alarme concernant les changements
climatiques occupent une place importante, voire la première place. Un terme est
apparu pour décrire le sentiment des jeunes par rapport à cela :
l’éco-anxiété.
Les jeunes jugent l'avenir effrayant
L'étude intitulée "Dans la tête des éco-anxieux" réalisée en 2022 par l'Institut Jean Jaurès, met en évidence l'ampleur du phénomène et le mal-être et ses conséquences chez les jeunes. Voici trois points clés de l'étude :
Colère des jeunes
L'éco-colère chez les jeunes reflète une frustration intense
et bien informée vis-à-vis des réponses actuelles aux changements
climatiques. Cette colère ne se limite pas à un mécontentement
superficiel. Chez certains, elle est ancrée dans une compréhension critique des
politiques environnementales et de leur mise en œuvre. De nombreux jeunes
manifestent un désir ardent de voir des actions concrètes et immédiates
de la part des gouvernements et des entreprises. Ils réclament des
politiques plus robustes et des initiatives plus audacieuses pour lutter
efficacement contre le changement climatique, traduisant ainsi une
exigence de responsabilité et d'action à tous les niveaux de décision. Paradoxalement, ils sont aussi nombreux à prendre l'avion pour des city-trip, ce qui révèle une certaine dissonance cognitive, pour ne pas dire une incohérence.
Mélange d'anxiété mais aussi d'espoir
La dualité anxiété-espoir dans le contexte du changement climatique,
telle qu'elle est vécue par les jeunes, est complexe.
- D'un côté,
l'anxiété environnementale est forte, alimentée par la prise de
conscience des défis immenses et des conséquences potentiellement graves
des changements climatiques. Cette anxiété se manifeste par des sentiments
d'inquiétude, de peur et parfois de désespoir face à l'avenir de la
planète.
- D'un autre côté, il existe un sentiment d'espoir, soutenu
par la participation active à des mouvements collectifs et des
initiatives environnementales. Les jeunes trouvent de l'espoir dans
l'action collective, la solidarité et la capacité à apporter des
changements positifs, même à petite échelle. Cet espoir est renforcé par
la croyance en l'efficacité des actions concrètes, qu'elles soient
individuelles ou collectives, pour lutter contre les changements
climatiques et construire un avenir plus durable.
Cette dualité
crée une dynamique où l'anxiété et l'espoir se nourrissent mutuellement,
motivant les jeunes à rester engagés et actifs dans les questions
environnementales.
Autre conséquence : la baisse de la natalité
La réflexion sur la maternité et la paternité chez les jeunes est
fortement influencée par leurs préoccupations écologiques. Beaucoup
d'entre eux considèrent l'impact environnemental de l'augmentation de la
population et les défis futurs que leurs enfants pourraient affronter
en raison du changement climatique.
Comment aider les jeunes à mieux se sentir face au climat ?
Quelques façons différentes de voir la question peut rendre cela bien moins anxiogène.
Prendre du recul sur ce qui est hors de notre portée
Dans la gestion des défis climatiques, reconnaître
l'importance de prendre du recul sur les éléments qui échappent à notre
contrôle est important. Se concentrer exclusivement sur les aspects que nous ne
pouvons pas changer peut conduire à un sentiment d'impuissance et
d'anxiété.
En acceptant l'existence de facteurs hors de notre portée,
nous pouvons mieux canaliser notre énergie et notre attention sur les
actions concrètes et réalisables. Cela nous permet de rester engagés et
efficaces, tout en maintenant notre bien-être mental et notre motivation
à long terme.
Faire des gestes quotidien pour se sentir cohérent avec la situation
Voici quelques suggestions de gestes quotidiens qui peuvent nous
aider à sentir que nous agissons de façon cohérente avec la situation
climatique :
- Adopter une alimentation plus végétale et locale
pour réduire l'empreinte carbone de notre assiette. Vous pouvez
commencer par un repas végétarien par semaine, puis augmenter
progressivement.
- Optimiser ses déplacements en favorisant la
marche, le vélo ou les transports en commun. Le télétravail et le
covoiturage sont aussi de bonnes approches.
- Composter ses déchets organiques si on a accès à un jardin/balcon. Outre
la réduction des ordures ménagères, le compost produit est un excellent
engrais naturel pour les plantes et contribue à capturer du carbone
atmosphérique. De nombreuses municipalités proposent désormais des
composteurs à prix réduit. Sinon un simple tas ou silo fait aussi bien
l'affaire ! En compostant la fraction organique de nos poubelles
(épluchures, marc de café, restes de repas...), nous pouvons facilement
réduire le volume de nos déchets d'un tiers.
- Réduire sa
consommation énergétique à la maison par des éco-gestes simples :
baisser le chauffage, débrancher les appareils inutilisés, installer des
ampoules LED... Chaque petit geste compte.
- Consommer de façon
plus responsable en limitant les achats impulsifs, en choisissant des
produits durables, en louant ou en achetant d'occasion quand c'est
possible.
En
adoptant ces réflexes au quotidien, à notre rythme et selon nos moyens, nous pouvons ressentir une plus grande cohérence entre nos convictions
et notre mode de vie. Chaque geste est important !
Pourquoi ces gestes permettront-ils d'être moins éco-anxieux ?
Adopter des gestes éco-responsables au quotidien peut effectivement
aider à réduire l'éco-anxiété ou l'angoisse liée aux changements
climatiques. Plusieurs raisons à cela :
- Cela donne un
sentiment de contrôle. En passant à l'action nous-même, vous retrouvons une forme d'emprise sur la situation et cela
diminue le sentiment d'impuissance.
- Cela aide à la cohérence
cognitive. En alignant davantage nos actes sur nos idées ou valeurs
environnementales profondes, nous réduisons la dissonance interne source
de tensions.
- Cela crée de la résilience psychologique. En
adoptant un mode de vie plus durable, nous nous préparons aussi
mentalement aux changements systémiques à venir.
- Cela génère de
l'optimisme. Constater que des gestes simples peuvent avoir un impact
positif renforce la conviction que le combat climatique n'est pas vain.
- Cela donne un sentiment d'appartenance. L'implication personnelle relie à un mouvement collectif plus vaste pour le climat.
- Cela
libère de la culpabilité. En vivant de manière plus alignée avec nos
valeurs profondes, nous nous libérons d'un poids de culpabilité.
Bref, passer à l'acte apaise l'esprit!
Être optimiste et avoir foi en l'humanité
De tout temps, l'être humain a trouvé des solutions, soyons positifs. Si la recherche prend le problème à bras le corps, des solutions vont apparaître :
- Dans
le domaine des énergies renouvelables par exemple, des innovations
comme l’éolien offshore flottant ou le solaire à concentration permettent d’envisager une production propre et abordable.
- La capture et séquestration du carbone à
partir des émissions industrielles recèle un fort potentiel pour
réduire les concentrations atmosphériques. Mais sa viabilité
technico-économique n’est pas encore prouvée.
- Des
avancées sont réalisées pour la résilience des cultures, la protection
des zones côtières ou la prévision météorologique. Cependant les
solutions doivent souvent être spécifiquement adaptées à chaque région
et requièrent des investissements conséquents.
Faire face
Les médias ou des personnalités politiques partagent abondement des prévisions climatiques futures qui peuvent soulever des inquiétudes
légitimes. Ne cédons pas à la panique mais préparons-nous à faire face et agir à notre niveau. Il est probable que l'humanité saura faire preuve d'ingéniosité et
de solidarité pour s'adapter aux défis à venir.
Notre espèce
possède en effet une remarquable capacité d'innovation et de résilience.
Tout au long de l'histoire, nous avons démontré que par la
collaboration, la science et la technique, nous pouvions surmonter même
les situations apparemment insurmontables. Le combat contre le
changement climatique ne fera pas exception.
Certes, l'ampleur de
la tâche peut sembler intimidant. Mais plutôt que de céder à la panique
ou au fatalisme, nous devons cultiver l'optimisme.
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