La température monte, inéluctablement. Graduellement des environnements se modifient. On aimerait voir une évolution parallèle
des mentalités mais on constate plutôt que les gestes significatifs ne
suivent pas les intentions dès qu’il est question de modifier non pas
nos habitudes, ce qui est relativement facile, mais plutôt un modèle
économique à la source de ces problèmes, ce qui est autrement plus
compliqué. Partout le «pouvoir d’achat» demeure le critère politique le plus explosif et on comprend la retenue des autorités. Le problème se résume en deux mots : «consommation» contre
«environnement». Pourtant, il n’est plus question d’évitement des
changements mais bien d’adaptation.
Les possibilités
d’adaptation sont nombreuses. Ce n’est pas la première fois que
l’humanité fait face à des défis et elle est mieux équipée que jamais
pour y répondre. Ressources, outils et connaissances sont au
rendez-vous, il ne manque que la responsabilité. Les enseignants font
leur travail d’éducation, leurs étudiants seront à l’oeuvre dans
quelques années...
Les Grecs de l’antiquité ont construit des
citernes qui sont encore utilisées de nos jours sur leurs îles arides.
Les humains ont aménagé leur milieu depuis des millénaires au point de
transformer des territoires parfois hostiles en jardins… mais ce n’était
pas dans une logique industrielle. À force d’ingéniosité et de travail,
des peuples ont vécu paisiblement dans des environnements qui n’avaient
rien d’accueillant au départ. Nous n’en sommes pas moins capables. Les
réponses seront différentes dans chaque milieu, mais ce qui est sur est
que «consommation» doit diminuer dans l’équation car son niveau est
objectivement insoutenable. Le profit financier est appelé à être équilibré par une notion plus large de
bénéfice pour l’ensemble du vivant.
À la différence d’autrefois, nous
sommes directement connectés au reste du monde et nos notions de partage et de
solidarité s’étendent à tous ceux à qui nous sommes connectés. Les pays
moins affectés voudront-ils accueillir des millions de réfugiés ? Sinon
voudra t’on leur donner les moyens de rendre leur chez eux mieux adapté
aux nouvelles conditions ?
À un problème collectif, mondial et
diversifié, les solutions viables concernent l’ensemble et non
seulement quelques oasis protégés. Avec les changements à venir nous
verrons bien si nous sommes capables de faire valoir nos principes.
Denys Lamontagne - [email protected]
Illustration : Ivankmit - DepositPhotos