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Publié le 17 avril 2024 Mis à jour le 17 avril 2024

L'évaluation à l'école élémentaire

Comment vérifier les acquis des élèves sans les stresser?

Élèves d'une école publique - Brésil

Perçue par la plupart des élèves comme une situation stressante et angoissante, l’idée de passer une évaluation peut tétaniser. Bien que cette activité, fasse partie intégrante du cursus scolaire ou académique, la crainte reste la même. Ceci s’explique par le fait qu’elle représente pour l’apprenant autre chose que ce qu’elle est réellement, c’est-à-dire un indice de progrès lui permettant de se situer dans son parcours d’apprentissage, et pour l’enseignant de remettre perpétuellement en question sa façon d’évaluer ses apprenants, plutôt qu’un outil permettant de classer les bons et les mauvais élèves.

Afin de clarifier la véritable raison d’être de l’évaluation en vue de rendre cet exercice moins stressant pour l’élève, Miotte Jérémy s’engage dans son mémoire de Master à répondre à la question suivante : Quelles sont les alternatives à l’évaluation sommative qui permettraient de réduire chez les élèves leur anxiété, dans le but d’assurer leur bien-être ? Il avance l’hypothèse selon laquelle il est possible de remplacer les évaluations sommatives par celles formatives qui seraient moins stressantes que les premières.

Pour répondre à cette question, le chercheur opte pour une réflexion à trois axes répartis comme il suit : cadre théorique, méthodologie et résultats.

  1. Cadre théorique

    Dans cette partie le chercheur définit la notion d’évaluation, questionne sa place à l’école, décline une typologie de l’évaluation et enfin met en exergue ses limites en proposant une alternative.

    Pour accéder au sens de  la notion « évaluation », Miotte Jérémy fait recours au verbe évaluer qui découle de l’ancien français « esvaluer » signifiant estimer la valeur de quelque chose, valoriser.

    Ainsi, l’estimation de la valeur des élèves répond à une régulation bien précise, centrée sur l’acquisition des compétences et des connaissances. Dans l’optique d’estimer la qualité des acquisitions, un système de notation sur 20 quoique contesté au détriment d’une appréciation globale lettrée et même d’une absence totale de notation, a été mis sur pied dans le système français.

    Pourquoi évaluer ? L’évaluation a plusieurs raisons d’être à savoir repérer les faiblesses et les forces de l’élève dans le but de le former et le guider, tester la validité des enseignements par le professeur, vérifier la maitrise des connaissances et des compétences de l’apprenant entre autres. De ce fait, on note trois types d’évaluation : celle diagnostique qui consiste à vérifier les acquis et les faiblesses des élèves, l’évaluation formative, qui apporte des informations sur les acquis en construction, et l’évaluation sommative, l’option française, facteur de stress pour l’élève puisque la note ici est vécue comme une sanction et donne accès ou non à une certification.

    Cette sanction signalons-le, est pourtant relative comme l’a relevé De Vicchi à travers la notion de docimologie, vu que plusieurs facteurs l’influencent : la position de la copie, sachant que le correcteur peut avoir tendance à surévaluer les premières et sous-évaluer les dernières, le sexe de l’élève, le degré de fatigue du correcteur et le stress, entre autres.

    Si le stress n’est pas vécu de la même manière par les élèves, il peut être la cause de l’échec de plus d’un. En effet, dans un système éducatif français concurrentiel qui donne la primauté à l’excellence, sachant que l’enseignant est guidé la « constante macabre » - elle oblige l’enseignant à attribuer un quota élevé de mauvaises notes aux élèves par peur d’être traité de laxiste-, il est plus facile pour l’élève de percevoir l’évaluation comme un élément stressant, ce qui affecte négativement le plaisir d’apprendre, l’estime de soi et la perception de l’erreur qui est considérée comme une fatalité.

    Or, l’erreur est une « réussite incomplète », une étape vers la réussite, qui prend tout son sens hors d’un système éducatif sélectif français qui minimise les efforts des élèves en mettant en exergue les erreurs qui couvrent de ridicule.

    Aux antipodes de cette tradition, André Antibi propose de créer un climat de confiance entre le professeur et les élèves, climat qui éradique la constante macabre en minimisant les conséquences de l’erreur et le stress et augmente le taux de réussite, sans toutefois faire la promotion d’un «système d’évaluation miracle», que le modèle finlandais reflète.

  2. Méthodologie

    Pour mener à bien son étude, le chercheur opte pour un échantillon de 13 professeurs de l’académie de Besançon ayant de l’expérience en cycle 2 et 3, à qui il soumet un questionnaire, afin de recueillir des informations quant à leur parcours professionnel, les méthodes d’évaluation tout au long de leur carrière, au stress chez les élèves, et enfin sur les alternatives à l’évaluation sommative.  Après la distribution du questionnaire, Miotte Jérémy est parvenu à des résultats.

  3. Résultats   

    - L’évaluation formative est une alternative à l’évaluation sommative, mais elle est chronophage ;

    - L’autoévaluation des élèves à l’aide de tablettes est une piste envisagée, ainsi que l’utilisation de plusieurs évaluations différentes (type QCM, évaluation avec possibilité d’utiliser la leçon) ;

    - L’évaluation continue, avec un carnet de réussites où sont répertoriées uniquement les compétences acquises peut tout aussi être une alternative à celle traditionnelle ;

    - L’utilisation d’un même système d’évaluation à toutes les classes selon les niveaux a été également évoquée ;

    - La mise en place d’un système éducatif comme celui proposé en Finlande. 


En conclusion, on retient que pour que l’élève donne la meilleure de lui-même lors d’une évaluation, il faudrait qu’il soit dans un environnement confiant, loin des sources de stress, mais ce n'est pas le cas avec l’évaluation sommative.

Illustration: Joasouza - DepositPhotos

Référence

Miotte Jérémy, 2021, L’évaluation à l’école élémentaire : Source d’anxiété auprès des élèves, Education, en ligne https://univ-fcomte.hal.science/hal-03449095


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