Le Bitcoin : cette monnaie volatile
Les cryptomonnaies sont passées d’un phénomène de niche à quelque chose de plus en plus connu. Le plus éprouvé, le Bitcoin, est né en 2008 à la suite de la crise économique.
Publié le 01 avril 2025 Mis à jour le 02 avril 2025
On parle depuis longtemps d'un accès équitable à une éducation de qualité sur la scène internationale. Alimenté par l’intérêt porté à l’atteinte des objectifs du développement durable, il est clair que cet ODD 4 entretient de mon point de vue un lien majeur avec les seize autres car l’éducation est une donnée incontournable pour bâtir une société plus juste.
Mais pour les pays en voie de développement, il s’agit là d’un défi de plus à relever pour diminuer la non-scolarisation des jeunes et les pays n’ont aucun répit; ils doivent aussi se pencher sur défi financier, lequel entraine la vulnérabilité des jeunes aux idéologies extrémistes, à l’émigration clandestine, à la déscolarisation et au chômage.
Face à cette situation, il urge donc de mobiliser des financements pour améliorer un accès équitable à l’éducation. Dans ce rapport (.pdf), le CONFEMEN (Conférence des ministres de l'éducation des États et gouvernements de la francophonie) propose à ses États membres des pistes de sortie de crise. Quelles sont donc ces stratégies devant répondre à ce défi financier ?
L’Afrique est l’un des continents qui connait une forte expansion démographique. En tant que tel, le taux de scolarisation augmentera à coup sûr, ce qui implique un investissement massif dans ce secteur car, faute de financements, les enfants sont contraints à la non-scolarisation, au manque d’enseignants et d’infrastructure scolaire. Résultats des courses, on assiste à une faible efficacité interne des systèmes scolaires, en ceci qu’ils possèdent des programmes scolaires inadaptés au contexte local, fragilisant l’insertion effective des jeunes diplômés sur le marché de l’emploi.
Certains pays du CONFEMEN font de leur mieux pour financer le secteur de l’éducation en y injectant un pourcentage considérable de leur PIB, comme c’est le cas des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Il faut reconnaître que les ressources allouées pour l’éducation sont faibles, soit 3,98% et 3,4%. Pour le Cameroun, les ressources allouées à l’éducation dépendent fortement du poids des dépenses publiques totales, de la pression fiscale, des recettes extérieures reçues par l’état, du solde budgétaire global et du service de la dette extérieur et intérieur. Ce qui voudrait dire que tous ces paramètres influencent la qualité de la ressource financière allouée pour l’éducation.
Par contre, la croissance économique, l’amélioration du système fiscal, la mobilisation des ressources intérieures au moyen de l’impôt, la formalisation du secteur informel, la lutte contre les fraudes et l’évasion fiscale, ainsi que la réduction des dépenses fiscales favorise une augmentation significative des recettes fiscales, pouvant être injectées dans le budget alloué à l’instruction.
En effet, concernant les dépenses fiscales au Sénégal par exemple, elles peuvent couvrir l’entièreté des dépenses liées au secteur éducatif. La preuve, elles s’élèvent jusqu’à 500 milliards de franc CFA, contre 637 milliards de franc CFA de budget alloué au ministère de l’éducation en 2017. On réalise donc que ces pertes enregistrées par les gouvernements n’handicapent pas seulement le secteur de l’éducation, mais aussi l’attractivité des investissements étrangers. Car si les investisseurs privés recherchent de nouveaux marchés, il faudrait bien qu’ils puissent y trouver une main d’œuvre qualifiée et éduquée.
Outre les dépenses fiscales la dette extérieure constitue aussi un frein à la réalisation de l’ODD4. Plus elle est élevée, moins les dépenses publiques des pays membres du CONFEMEN pourront couvrir les secteurs comme ceux de l’éducation; surtout que pour dix-sept pays d’entre eux, cette dette a doublé entre 2008 et 2015. A l’île Maurice et au Cap vert, le ratio de la dette extérieure est passé respectivement de 11,3% à 49,6%, et de 93,1% à 108,7%. Dans ces conditions, on comprend mieux pourquoi le secteur éducatif est défaillant. Peut-on compter sur le secteur privé et l’aide u développement pour relever la pente ?
Quoique le secteur privé constitue une béquille pour l’éducation auprès de l’État, son apport ne peut réellement pas être quantifiable du fait du manque de données liées aux enquêtes spécifiques à ce sujet. Néanmoins, on peut se baser sur des enquêtes auprès des ménages dans le cadre des politiques de lutte contre la pauvreté effectuée par l’UNESCO en 2012 pour avoir une vue d’ensemble sur la réalité. Du coup, les ménages contribuent à hauteur de 4,2%, soit 1,4% du PIB, équivalent à un peu moins de la moitié des ressources publiques allouées à l’éducation (3,7% du PIB).
En régression continuelle depuis 2009, l’aide destinée à l’éducation dans les pays en voie de développement connait une baisse drastique du fait de la crise qui frappe depuis 2007 les économies développées. Bien que fort salutaire, le montant qui lui est destiné ne favorise réellement pas la réalisation de l’ODD4 surtout pour les pays à faible revenus pour qui, il faudrait 10, 6 milliards de dollar par an au lieu de 2,3 milliards selon l’UNESCO en 2015. N’est-il pas temps de penser à d’autres sources innovantes de financement ?
La défaillance des bailleurs de fonds traditionnels pousse à réfléchir sur des sources de financement innovantes. À la vérité, la gouvernance ne repose pas uniquement sur les relations interétatiques, mais aussi sur des organismes non étatiques à l’exemple des ONG, des entreprises multinationales, des collectivités locales etc. Ainsi, plusieurs sources de redressement du secteur éducatif peuvent être envisagées aussi bien sur le plan domestique qu’extérieur :
Pour tirer profit des potentielles sources innovantes de financement de l’éducation, il faudrait :
Face à la baisse des investissements de la part des bailleurs de fonds traditionnels, il est nécessaire que les ministères de l’éducation des pays du CONFEMEN mettent l’accent sur la gestion axée sur les résultats, afin de justifier auprès de l’opinion publique le bon usage des ressources allouées à l’éducation. Et enfin, l’établissement des comptes nationaux pour l’éducation en vue de développer la culture de la responsabilisation.
Illustration: Sabine Nuffer - Pixabay
Référence
Conférence des ministres de l’éducation des Etats et des gouvernements de la francophonie (CONFEMEN), 2017, financement durable de l’éducation : quelle stratégie faut-il envisager ? en ligne
https://www.confemen.org/wp-content/uploads/2022/07/Document-financement-Education.pdf