Droits humains, droits des femmes, environnement et plus généralement respect d’autrui sont contestés dès qu’ils remettent en question les positions dominantes ou privilégiées qui les rendent d’actualité..
Racisme, colonialisme, domination d’un groupe sur un autre, se traduisent dans un certain nombre de pratiques qui au final s’inscrivent dans les structures et les mentalités. Elles laissent des traces difficiles à ignorer. Ce que pourtant de nombreux groupes réussissent à faire; le phénomène à été justement appelé «Ignorance active»
Active ?
Il s’agit d’une volonté d’effacement de la mémoire et des traces, de minimisation des conséquences, de déformation des faits reconnus, de discrédit des individus, quand ce n’est pas tout simplement la fabrication de fausses histoires pour masquer les incohérences du récit et éviter d’assumer une responsabilité dans une situation dont on a hérité et dont on profite encore.
En plus de l’ignorance active on peut aussi ajouter un peu de paresse intellectuelle, qui rend acceptable les arguments les plus boiteux. Quand on veut ignorer un problème, on a vraiment peu de chances de le corriger.
À l’école
L’article de Gilles Beauchamp et Sivane Hirsch dans la revue Formation et profession, aborde le sujet directement et à partir de cas réels.
«L’ignorance active comporte plusieurs dimensions. Elle comprend l’absence d’information, mais aussi les fausses croyances, l’absence de concepts ou la présence de concepts inadéquats, des scripts sociaux oppressants, des stéréotypes et préjugés identitaires, des mécanismes (structuraux ou psychologiques) de résistances qui la rendent active, etc. En somme, l’ignorance active est un biais sociocognitif qui s’autoprotège et qui se manifeste par une insensibilité aux identités sociales…»
«… lorsque le curriculum scolaire n’aborde pas l’histoire coloniale d’une nation ou s’il le fait en euphémisant les injustices et la violence ou, pire, en les justifiant afin d’absoudre les colons et leurs descendant-es de toute faute morale, il est difficile de pouvoir avoir un dialogue qui mène à la compréhension et la reconnaissance, par exemple, des savoirs et des revendications autochtones.»
«L’ignorance active peut nuire au dialogue inclusif de plusieurs façons et le personnel enseignant doit y remédier afin de déconstruire les mécanismes d’exclusion et de discrimination qui opèrent dans le contexte scolaire.»
Quatre pages fort édifiantes pour en arriver au dialogue.
Beauchamp, G. et Hirsch, S. (2025). L’ignorance active en classe : un obstacle à l’inclusion [Chronique].
Formation et profession, 33(2), 1-4. https://dx.doi.org/10.18162/fp.2025.a347
https://formation-profession.org/fr/pages/article/33/44/a347
Illustration : ShutterStock - 2312268095
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