Publié le 01 novembre 2022Mis à jour le 03 novembre 2022
Nourrir toute l'Europe sans engrais chimiques, est-ce possible?
Un scénario envisageable d'ici 2050
Il y a plus d'un demi-siècle, une révolution a changé le monde agricole. Auparavant, il fallait augmenter le nombre d'hectares cultivés et au fur et à mesure que la population croissait. Or, depuis les années 1960, ce n'est plus nécessaire. La société grandissante est nourrie sans avoir besoin de plus de fermes. Cela s'explique par la création de l'ammoniac et des engrais de synthèse.
Tout d'abord, rappelons le cycle de l'azote essentiel aux plantes. En effet, nous savons que les végétaux ont besoin d'eau, de lumière et de nutriments. Un des plus importants dans la croissance est le nitrogène. Celui-ci se crée aisément en milieu naturel. Les espèces vivantes meurent ou défèquent sur le sol. Des composés entrent sous la terre et deviennent du nitrate qui nourrit la flore. Quant aux plants de légumineuses, ce sont les seuls capables de prendre l'azote dans l'air et le transférer dans le sol. Ainsi, les fermes d'autrefois cultivaient des légumineuses pour alimenter les animaux qui offraient de l'azote au sol avec leurs excréments. Sauf que les engrais ont permis de ne plus avoir cette double activité.
Désormais, il suffit d'asperger des champs de fertilisant afin que les céréales et légumes poussent. Sauf que ces derniers ne peuvent pas absorber tout. Une grosse partie se retrouve dans les eaux, les milieux aquatiques et les airs. Cela cause donc une pollution qui a mené à certains incidents en France au cours des dernières décennies.
L'agriculture biologique ne s'en sert pas et elle ne représente que 8% de l'exploitation européenne. Les solutions s'y trouvent avec l'agroforesterie, la culture en association (une céréale et une légumineuse poussant de pair), la rotation des pousses et aussi la présence d'animaux d'élevage.
Certes, les rendements sont un peu moindre que la méthode traditionnelle mais beaucoup moins polluants. De plus, la culture en association ne diminuerait la productivité que de 9%. Ce qui fait dire au biogéochimiste Gilles Billen que l'Europe pourrait totalement continuer à se nourrir et retirer les engrais chimiques d'ici 2050 en adoptant ces approches. La population devra, pour aider, réduire sa consommation de produits animaliers.
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