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Publié le 08 novembre 2022 Mis à jour le 08 novembre 2022

Justice sociale, justice fiscale, ce qu'il faut comprendre derrière ces expressions

La justice étant une notion dépendant des valeurs, arriver à un consensus est bien compliqué.

justice

Justice, voilà un terme aux multiples usages auquel est souvent adjoint d'autres mots tels que justice sociale, justice fiscale, etc.

Qu’est-ce que la justice ?

Le site vie-publique.fr décrit la justice comme un idéal philosophique et moral. Les choses se compliquent avec ce type de définition. Ce qui est juste ou injuste peut être perçu différemment du point de vue de chacun.

Le site ajoute : « Elle est à la fois instinctive (le sentiment d’injustice ou de justice s’impose à nous) et complexe (il est impossible de définir abstraitement les critères du juste). »

La justice une question de valeurs ?

La justice est donc instinctive. Cela signifie que c’est un ressenti. On ressent les choses comme étant injuste si on ne peut y avoir accès alors que d’autres l’ont.

Dans certaines situations, il est donc probablement légitime de ressentir l’injustice : pensons à la politique de ségrégation qui a pu avoir cours en Afrique du Sud ou aux États-Unis. Quand  l’injustice vient de critères discriminatoires tels que l’origine, la religion, l’orientation sexuelle, le genre (le combat du féminisme montre à quel point il est important de lutter contre toute discrimination) , etc. il est évident que c’est inacceptable.

Dans d’autres situations, il s’agit de ne pas pouvoir se l’offrir;  quand cela vient des moyens financiers, c’est plus complexe.

La justice sociale

Bien que la notion de justice peut varier selon les points de vue, il semble logique de parler de la justice sous l’aspect de l'égalité des chances ou équité.

Il ne faut pas confondre justice et jalousie. Il est dans le caractère de l’être humain de vouloir posséder certaines choses et d’être tenté. C’est d’ailleurs grâce à cela que les approches marketing de nombreuses entreprises connaissent un tel succès. L’envie fait partie des sentiments que chacune ou chacun avons éprouvé à un moment ou un autre.

Ce qui peut grandir la personne est la façon de gérer l’envie.

  • D’un côté, elle peut se transformer en jalousie. Dans ce cas, la personne envieuse réclamera au nom de la justice avoir le droit de posséder, elle aussi, ce qui lui fait envie.

  • D’un autre côté, elle peut servir d’exemplarité et la personne mettra en œuvre son potentiel pour parvenir à acquérir ce qui lui fait envie.

Sans porter de jugement de valeur sur aucune des démarches, la première attitude semble moins productive que la seconde. De façon plus imagée, la question à se poser est la suivante :

Au nom de la justice sociale, doit-on, au travers de l’État, prendre une partie du fruit du travail passé et présent de certains pour le transférer à d’autres qui gagnent moins.

Certains vont considérer comme injuste de se voir ainsi déposséder. À contrario d’autres, vont avoir de revendication tant qu’il existera un écart de revenus.

L’outil que les économistes utilisent pour mesurer les inégalités de revenus est le coefficient de Gini.

Le site de l’institut wallon des statistiques le définit comme étant :

« Le coefficient de Gini est une mesure synthétique des inégalités de revenu au sein d’une population. Il varie de 0, quand l’égalité est totale (c’est-à-dire que tous les revenus sont égaux), à 1 quand l’inégalité est maximale (quand la totalité des revenus est perçue par un seul individu). Il peut aussi s’interpréter comme l’écart moyen de revenu (exprimé en fonction du revenu moyen) entre deux individus tirés au hasard. »

La mobilité sociale

D’un point de vue social, une valeur est donc que chacun puisse bénéficier d’une égalité des chances qui soit optimale. Cela signifie donc que quel que soit le milieu social de ses parents, chacune et chacun puisse aspirer à ne pas être confiné dans une classe sociale déterminée.

Selon cet article sur openedition.org,  

« A souvent été associée à la notion de mobilité sociale l’idée d’une société divisée en strates entre lesquelles les individus pourraient plus ou moins aisément se déplacer. Les différents groupes et catégories sociaux sont pensés en termes de continuum hiérarchique et les relations que ceux-ci entretiennent se résument à des «distances sociales» plus ou moins importantes »

L’étude montre trois éléments essentiels :

  1. « Concernant les destinées socioprofessionnelles, l’étude montre une tendance relative à l’immobilité sociale.
  2. Concernant les destinées scolaires, on remarque que le niveau d’éducation des individus est d’autant plus élevé que ceux-ci sont issus de catégories supérieures dans la hiérarchie sociale.
  3. En outre, nos analyses nous amènent à conclure à l’existence de “régimes” de mobilité différents pour les hommes et les femmes si l’on considère la mobilité sous l’angle du critère de propriété. »

Dans un région comme la Wallonie qui porte un héritage ouvrier important et une volonté de mobilité sociale, il apparait que la mobilité socio-professionnelle est faible.

Il en va de même pour l’enseignement où le niveau d’études des parents a un effet sur le niveau d’études des enfants. Voilà pourquoi, il est essentiel de repenser l'école et lutter contre le déterminisme à l'école.

Enfin, sur l’aspect du genre et pour le critère de la propriété, des disparités significatives subsistent.

On peut donc penser qu’entre des objectifs et une volonté de la population et la réalité, il peut subsister de grosses disparités. Donc même quand il y a un relatif consensus sur un objectif de justice à atteindre et une signification commune, il est compliqué de l’atteindre.

Le choix de société

Le choix de société que l’on souhaite collectivement est difficile définir et encore plus à atteindre.  Ce que certains considèrent comme juste ne l’est pas pour d’autres selon les valeurs de chacun.

Les plus nantis ont intérêt à garder la société relativement égalitaire dans le sens ou cela amène une paix sociale et une société apaisée.

Même avec un coefficient de Gini parmi les plus faible, des régions veulent, au travers de discours politiques, aller vers un égalitarisme complet au risque de mettre des équilibres en péril : émigration des contribuables les plus importants, refus de payer l’impôt en travaillant moins ou plus, etc.

La justice étant une notion dépendant des valeurs, arriver à un consensus est bien compliqué.


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