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Publié le 05 avril 2023 Mis à jour le 05 avril 2023

Stratégies pour les 100 ans à venir

Une vision sage pour faire face aux défis de notre monde

Fleur rouge sur fond vert et jaune

Il y a quelques mois, je cherchais des fonds avec mon organisation selon des systèmes traditionnels et rapidement, il s’est avéré que nous devions faire faire des contorsions importantes à nos projets pour les faire correspondre aux 17 ODDs (Objectifs de développement durable) des Nations Unies.

“17 objectifs pour sauver le monde

Les objectifs de développement durable nous donnent la marche à suivre pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous. Ils répondent aux défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés, notamment ceux liés à la pauvreté, aux inégalités, au climat, à la dégradation de l’environnement, à la prospérité, à la paix et à la justice. Les objectifs sont interconnectés et, pour ne laisser personne de côté, il est important d’atteindre chacun d’entre eux, et chacune de leurs cibles, d’ici à 2030”. 

Source : https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/

Le monde des ONGs et les États aujourd’hui structurent leurs aides humanitaires et certaines de leurs décisions sur le modèle des ODDs. Les ODDs avaient au départ été créés selon une certaine logique avec plus de 100 objectifs qui ont ensuite été passés au crible des négociations internationales qui les ont reformaté.

Ces objectifs sont un excellent outil pédagogique pour sensibiliser les personnes qui ne connaissent rien aux sujets abordés mais, comme il est utilisé comme outil politique et outil de répartition de fonds, il s’avère que ces glissements génèrent des effets dont le principal est qu’ils sont souvent gérés selon des calendriers politiques de 5 ans, de 10 ans… le même problème auquel font face les ONGs avec les grands programmes internationaux.

Jusqu'à la prochaine élection

Ces programmes sont volontiers initiés mais sur des durées courtes souvent alignées sur les calendriers électoraux. Pourquoi ? En fait, un politique travaille aussi pour sa réélection. Ce n’est pas un problème propre aux ODDs, cette systématique touche aussi les marchés publics par exemple.

Prenons l’exemple du marché public du bâtiment. Sur une période électorale de 5 ans, après un changement politique suite à une nouvelle élection, il faut un an pour relancer la machine car avant chaque nouvelle élection, les offres de marchés publics s’arrêtent. Dans les faits, les marchés publics étatiques ou régionaux ne fonctionnent réellement que 3 ans sur les 5 ans d’un mandat.

Le problème pour les entreprises du bâtiment et pour toutes celles qui dépendent des marchés publics comme les ONGs et organisations internationales est qu'elles ne peuvent se projeter que sur des laps de temps calés sur des périodes définies. Et, face à cela nous avons des défis impossibles à résoudre sur 5 ans, sur 10 ans. C’est complètement improductif quand une alternance politique s'insère au milieu et que tout doit être repris quasi de zéro.

Les défis auxquels nous faisons face ont besoin de 20 ans, 50 ans, 100 ans pour être surmontés. Le problème est ici une limitation structurelle issue des systèmes de gouvernance et en particulier de nature démocratique. Une refonte globale serait nécessaire pour être efficace et assainir certains autres dysfonctionnements.

Ainsi, dans la situation présente, si nous voulons lever des fonds pour nos organisations humanitaires, nous devons présenter des objectifs de courte durée et rentrer nos organisations et projets, ronds de nature, dans des cases carrées. Ce n’est pas impossible, mais compliqué car cela nécessite de se conformer à des logiques différentes des nôtres, lesquelles sont plus axées sur l’autonomisation des sociétés civiles que sur la gestion et les critères de fonctionnement des grandes organisations.

Prévenir et s'organiser au lieu de réagir

Comment est-ce que l’on en est arrivés là avec notre organisation ? En fait, on a eu beaucoup de crises internes à gérer face à des réactions de personnes très pauvres qui voulaient se servir dans les projets pour se faire une place au soleil et qui ont utilisé de multiples procédés pour prendre le contrôle des projets pour leur usage personnel.

En tant que fondatrice de l’écosystème à un moment donné, j’ai dit «stop» et nous avons tout recréé sur une base volontaire à 100% bénévole d’un réseau réparateur de la confiance sociale. Ce réseau s’appelle Angels avec les représentants des sociétés civile des communautés qui ont demandé notre aide.

À partir de là, l’absence de contraintes financières nous a permis de générer une structure naturelle qui répond à des besoins réels du terrain dans laquelle viennent se greffer les familles qui au départ étaient des victimes de guerre, puis du climat, puis de la crise économique mondiale et donc que nous avons mis en rapport avec des entreprises et des projets urbains afin de sortir du concept traditionnel d’écosystème dépendant, pour au contraire développer avec eux un écosystème autonome et positif. Nos objectifs aujourd’hui sortent complètement des ODDs et des systèmes de financement traditionnels.

Car, nous ne voulons pas gérer des crises comme le font les grosses organisations internationales, nous voulons prévenir les crises à venir et au pire aider les communautés à s’adapter aux réalités du terrain avec des procédures de régénération des situations actuelles. Nous ne faisons pas partie du groupe des autruches qui se voilent la face, ou qui regardent une partie d’un problème ou qui vivent sur le dos des problèmes. Notre objectif est de disparaître un jour car plus personne n'aura besoin de nous.

Ma spécialité c’est de créer des concepts inédits mais efficaces et des stratégies. Nos communautés bénéficiaires se comptent en millions de personnes même si nos frais d'ONG se montent à 500 dollars par mois. Cependant aujourd’hui nous devons planifier des gros projets, de très gros projets, en particulier des projets de délocalisation de quartier de ville en bord de mer et de lac. Mais, aucun fond international d’aide n’existe dans ce sens. Et dans 10 ans si nous ne faisons rien, ce seront des millions de personnes qui vivront les pieds dans l’eau.

L'eau ne monte pas vite, mais elle monte

Par exemple la capitale le la Mauritanie est implantée en dessous du niveau de la mer.

Dakar se plaint de l'inefficacité de son réseau d’assainissement lors des grandes pluies. Je crois que personne n'a réellement compris que l’assainissement va très bien et que le problème c’est la mer qui monte.

À Uvira en République Démocratique du Congo, depuis 3 ans, 100 000 personnes ont perdu leur logement dans l’indifférence internationale totale. Elles ne reçoivent qu’un peu d'aide alimentaire et elles vivent dans des tentes faites de bric et de  broc car elles ont tout perdu. Une inondation c’est pire qu’un incendie. Les eaux boueuses corrompent tout. Tout est perdu.

“Le phénomène n’aura certainement pas l’ampleur d’un tsunami, mais l’engloutissement par l’Atlantique de la plus grande partie de Nouakchott, la capitale mauritanienne, est programmé. Un tel scénario était considéré jusqu’ici comme seulement probable en raison de l’élévation du niveau des mers consécutive au réchauffement de la planète, qui, selon l’Union mondiale pour la nature (UICN), affecterait en Afrique atlantique des villes comme Abidjan (Côte d’Ivoire), Banjul (Gambie), Saint-Louis (Sénégal) et Windhoek (Namibie).

Mais la combinaison de l’élévation du niveau de la mer et des interventions humaines fait que l’inondation de plusieurs quartiers de la ville paraît être en tête des catastrophes les plus susceptibles de se produire dans un avenir qui n’est pas lointain. La mise en garde a été lancée par des responsables gouvernementaux et des scientifiques réunis dans la capitale mauritanienne du 5 au 15 décembre 2004, lors d’un séminaire de « découverte du littoral mauritanien » organisé conjointement par le ministère des Pêches et de l’Économie maritime, l’UICN, le Programme régional de conservation des aires côtières et marines (PRCM) ainsi que la coopération française.”

Source : janvier 2005 - Le jour où Nouakchott sera submergé par l’océan… -
https://www.jeuneafrique.com/57671/archives-thematique/le-jour-o-nouakchott-sera-submerg-par-l-oc-an/

Il y a deux ans, il y a eu une éruption volcanique à GOMA et toute la ville s’était auto évacuée toute seule car toutes les organisations publiques avaient fui. La lave est passée au milieu de la ville au-dessus mais aussi en dessous. GOMA est une ville avec des blocs gaziers dans le lac et la lave qui passe sous la ville s’approchait des blocs gaziers. Il y avait un risque imminent d’explosion qui pourrait potentiellement faire exploser une partie de la ville. Cette population s’est auto-évacuée toute seule avec ses enfants sous les bras car elle s’est souvenue du plan d’évacuation de la ville de l'éruption qui avait eu lieu 20 ans auparavant.

Ce récit m’a donné l’idée de créer des stratégies compréhensibles par tous, même par des personnes illettrées, avec de vrais objectifs responsables et raisonnables qui permettent à des individus, à des communautés d’avoir une vision commune et de savoir qu’ils ne sont pas seuls, que les efforts locaux ne sont pas vains et, comme l’a initié le défunt Pierre Rabhi, que chacun est comme un colibri avec sa goutte d’eau et que toutes les gouttes d’eau du monde finissent par créer un océan. Loin de moi l’objectif de l’océan, mais si chaque ville bénéficiaire de notre organisation arrive à diminuer son empreinte carbone et sa pollution locale alors ce sera déjà infiniment plus que des gouttes d’eau.

Pour donner une emprise efficace à notre action nous y ajoutons la création de Labels communautaires, qui peuvent être locaux dans le cadre d’une ville ou délocalisés dans le cadre de communautés de buts communs. Des labels sur la préservation de la qualité de l’eau par exemple, non pas pour servir l’humanité comme j’ai pu le lire récemment mais plutôt pour faire alliance entre l’homme et la nature. Ce qui est une dynamique complètement différente.

Le choix des mots que nous poseront pour les décennies suivantes formatera notre avenir. Si c’est un sujet primordial pour la création d’une intelligence artificielle, il faut savoir que c’est valable pour toutes les actions humaines non numériques aussi.

Un label est beaucoup plus efficace qu’une loi. Une loi est contraignante et limitative et une partie de la population essayera de la contourner et même quelquefois les gouvernements eux même contournent leurs propres lois. On le voit avec la création des super bassines en 2023 en France permettant à des agriculteurs de stocker de l’eau en surface pour irriguer leurs champs. C’est une solution d’urgence, mais est-elle sage ? Aux États Unis, ils déversent des balles flottantes par millions sur les bassins de rétention pour stopper l’évaporation des réserves d'eau. Je ne vais pas me mêler de politique mais c’est là que l’on voit les distorsions entre les intérêts pérennes et les intérêts économiques.

Pour faciliter notre travail, j'ai séparé nos activités en 8 sections à partir desquels nous déployons des sous-sections qui vont se présenter d’ici peu de temps sous forme de labels. 

Vous y retrouverez des sujets classiques comme les ressources, les communs, les villes, mais aussi d’autres thèmes comme la «vivance», la famille, mon monde, Meta la gouvernance. Je mettrais l’accent ici sur les deux derniers thèmes qui sont assez peu présents dans notre monde comme la sagesse, les niveaux de conscience et qui pour moi sont des domaines fondamentaux à développer auprès de nos étudiants. 

“01 – Ressources

Qu' elles soient naturelles, artificielles, intellectuelles ou financières, les ressources sont les énergies de ce monde.

02 – Vivance

La vivance touche à la qualité de la vie qui passe par ses normes, sa sécurisation, sa réparation par la résilience.

03 – Mon monde

Ma famille, moi et mon écosystème touche à tout ce qui fait la nature de notre vie humaine.

04 – Communs

Les communs s’intéressent à nos rapports avec le collectif et ses impacts.

05 – Villes

Qu’est-ce qui fait une ville ? Ses habitants, ses impacts, ses fournitures, ses services, sa structuration.

06 – Méta

C’est la gouvernance communautaire avec la vision, pour qui ? Comment ?

07 – Sagesse

Elle est nécessaire face aux l’illogismes de notre monde et passe par l’éducation, des projets justes pour des groupements communautaires.

08 – Consciences

L’éveil à différents niveaux de consciences est une clef fondamentale des stratégies sur les 100 prochaines années.”

Source : 100 stratégies de VLG world
https://100.vlg.world/ - https://100.vlg.world/fr/accueil/
https://100.vlg.world/es/hogar/ - https://100.vlg.world/pt/casa/

Aujourd’hui, vivre avec la nouvelle donne créée par les problèmes climatiques, les problèmes de pollutions, les crises diverses, implique d'arrêter de se lamenter sur notre paradis perdu. Il ne reviendra pas de sitôt et s' il revient, nous serons tous au paradis depuis longtemps.

L'éducation a un grand rôle à jouer dans cette nouvelle ère : former les consciences, former les professionnels, développer la pensée critique, le bon sens et créer des adultes pleins de sagesse et de bienveillance qui auront les capacités de gouverner avec une vision claire du futur de notre planète et de l’humanité. Tant qu’il y a la vie, rien n’est dramatique pour ceux qui anticipent.

Source image : Pixabay - Pascal-Laurent


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