Publié le 11 octobre 2023Mis à jour le 11 octobre 2023
Sortir de l'isolement et réussir avec Diplôme avant médaille (D.A.M.)
Qui ne réussit pas avec de l'aide ?
Béatrice Turcotte Ouellet a toujours aimé les sports d'équipe. À 18 ans elle était coach d'équipes de basketball et ambitionnait d'étudier en service social à l'université.
Comment voulez-vous votre équipe ?
Alors qu'elle assemblait les membres des équipes de l’école secondaire où elle entraînait, une ligue inter école, pas du tout «élite», elle constatait que les âges des jeunes qui voulaient faire partie des équipes n'était pas corrélé à leur niveau académique. Cette école, située dans un quartier populaire, comptait des étudiants issus de pas moins de 30 nationalités. Non seulement le taux de décrochage était l'un des plus élevés de la province, mais la barrière de la langue constituait un frein aux progrès scolaires de plusieurs.
Quand elle leur a demandé s'ils voulaient former des équipes selon leur niveau scolaire (ce qui est plus pratique pour programmer les entrainements) ou selon le niveau où ils devraient être, 50 % des élèves ont indiqué «selon le niveau où ils devraient être»... 50 % ! La donnée méritait d'être considérée. Une majorité de jeunes était en situation de retard scolaire et ce pour 1000 raisons, dans autant d'histoires individuelles.
La super carotte, il faut y gouter
Quand on est en situation d'échec, il est plus difficile de croire en ses capacités et d'y investir. Encore moins quand on ne connaît pas de gens qui pourraient y faire quelque chose, quand on a peu de moyens ou qu'on ne sait même pas que de telles personnes ou services existent. Pourquoi perdre son temps ? On reste isolé.
Éclair de génie, en partie inspiré par le film «Coach Carter», Béatrice
s'est dite que la participation à l'équipe ne dépendrait pas des
résultats scolaires mais plutôt des efforts de participation aux
activités de support scolaire.
Comme la plupart des étudiants n'avaient jamais utilisé de tels services ou n'y croyaient tout simplement pas (erk!, du temps supplémentaire à l'école), il fallait mettre la pression de ce coté. On ne connaît pas beaucoup de cas qui ne progressent pas avec de l'aide; il fallait qu'ils y mettent du leur. Chercher de l'aide, accepter l'aide, il n'y a pas de gêne à le faire; pour beaucoup, c’était une idée à changer. « On est pas tout seul. »
Restait à recruter quelques bénévoles
compétents pour assurer ce support, qu'elle voulait avant tout humain et
rapproché, des personnes qui croient que chacun puisse réussir. Ce qui fut fait.
Des résultats
Devant les résultats évidents, l'école a reconduit le programme l'année suivante et a commencé à y investir plus directement. D.A.M. - Diplôme avant médaille - naissait. Des commanditaires s'y sont ajouté et aujourd'hui, après 11 ans d'opération, ce sont maintenant plus de 150 entraineurs et près de 700 tuteur-trices bénévoles qui aident plus de 1100 jeunes dans 5 écoles.
98% des élèves-athlètes ayant été soutenu·es par DAM obtiennent leur diplôme d’études secondaires ou poursuivent leurs études en vue de l’obtenir. Qui dit mieux ? Les témoignages des étudiants sont clairs : quand on y met des efforts, on y arrive.
Ce vidéo montre très bien la philosophie et le mode d'opération de D.A.M.
Ça ne tombe pas du ciel
Béatrice Turcotte Ouellette, la fondatrice de Diplôme avant la médaille, incarne elle-même sa philosophie. Si le service social l'attirait, elle savait très bien que ce n'était pas suffisant pour opérer un projet à l'échelle qu'elle entrevoyait. Durant ses études universitaires, elle a pris l'option «Entrepreneuriat» pour acquérir les bases nécessaires. Elle sait aussi très bien où et quand demander de l'aide.
Aujourd'hui elle dirige une entreprise d'économie sociale florissante qui embauche près de 20 permanents et est appuyée par un conseil d'administration de qualité. Surtout, elle fait ce qu'elle aime le plus : aider.
La stratégie pédagogique de la ludification recourt aux dynamiques des jeux pour aider les enseignants à planifier et à scénariser leurs activités d’apprentissage. La ludification donne du sens aux apprentissages et permet d’enrichir culturellement un cours.
Il s'agit probablement d'une phrase que nous avons tous entendue une fois dans notre vie : "Quand on veut, on peut." Or, que se cache-t-il derrière cette phrase?
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